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Mamère : « Les écologistes sont condamnés à faire des scores difficiles »

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Thomas Leroy
Le 30.03.2012 à 11:50
Mamère : « Les écologistes sont condamnés à faire des scores difficiles »
© AFP
En visite sur le bassin d’Arcachon, la candidate écologiste Eva Joly s’est fendue mercredi d’un mea culpa. « J’ai été très mauvaise » a-t-elle admis. Depuis le début de la campagne présidentielle, les écologistes ne semblent pas en mesure d’imposer leurs idées.

Rien à faire, les sondages ne décollent pas. Créditée au mieux à 2,5%, Eva Joly a du faire acte de repentance mercredi sur le bassin d’Arcachon, affirmant qu’elle avait été « très mauvaise » pour promouvoir l’écologie dans cette campagne présidentielle. « Nous n’arrivons pas à faire passer nos idées, se lamente Michèle Rivasi, la porte parole d’Eva Joly. On est sur l’immédiateté, le court terme. Les sujets de préoccupation des Français concernent le pouvoir d’achat, la dette ou l’emploi. L’écologie, ce n’est pas de la monnaie trébuchante à court terme. »

Après la dynamique des élections européennes de 2009 où Europe Ecologie – Les Verts (EELV) avait recueilli plus de 16% des voix, on pouvait imaginer des sondages plus flatteurs pour les écologistes. Mais dans un scrutin intiment lié à la personnalité du candidat et aux idées qu’ils proposent pour relancer la France, les idées vertes peines à s’imposer. « Pour l’instant, les écologistes sont condamnés à faire des scores difficiles » à l’élection présidentielle, explique Noël Mamère, qui peut se targuer d’avoir obtenu le meilleur score des Verts lors de l’élection présidentielle de 2002 avec 5,25% des voix. La Présidentielle,« ce n’est pas une bonne élection pour nous », conclut Michèle Rivasi.

Eva Joly, la meilleure candidate ?

Au-delà de ce constat, n’y a-t-il pas eu une erreur de casting pour EELV ? Face au charisme de Nicolas Sarkozy ou de Jean-Luc Mélenchon, Eva Joly semble plus discrète. « Il y a de ça, confie Michèle Rivasi. Mais ce n’est pas un problème de personne car Eva Joly est très compétente sur le fond. » Reste que la forme pêche un peu. Lors du choix du candidat écologiste, elle devait faire face à Nicolas Hulot. « Il aurait été probablement plus vif, souligne Alain Lipietz, membre de l’équipe de campagne d’Eva Joly. Mais tellement apolitique qu’il y aurait eu  ‘’des accidents industriels’’. » Comme lorsqu’il avait déclaré envisager un « tandem » avec Jean-Louis Borloo.  Le choix se faisait donc entre le fond et la forme et c’est l’ancienne juge d’instruction qui a remporté facilement le duel.

Mais un nouveau candidat s’est accaparé les idées écologistes et son audience est bien plus importante. C’est Jean-Luc Mélenchon.  «Il est très charismatique, admet Michèle Rivasi. Avec lui, c’est un véritable show. »  Le risque pour EELV, c’est que le candidat du Front de gauche récupère les votants d’Eva Joly, grâce à la « planification écologique » de son programme qui tend à lier les sujets sociaux et environnementaux. Depuis quelques jours, les élus EELV ont changé d’ennemi. Plutôt que la droite, c’est le Parti de gauche qu’ils attaquent. « Nous sommes dur car il ne peut pas prétendre être le premier écologiste en France alors qu’il omet énormément de thématiques, » explique Yannick Jadot, député européen EELV.

Revenir aux fondamentaux

Pour l’instant, la vendetta ne fonctionne pas et un risque existe. C’est l’abandon de l’accord PS/Verts par François Hollande, au profit d’une alliance avec Jean-Luc Mélenchon et ses 13%. « L’accord sur les idées est déjà sérieusement remis en cause par François Hollande », note Alain Lipietz qui estime néanmoins que l’accord électoral entre les deux partis sera globalement respecté.
De son côté, Noël Mamère met en garde contre les « délices empoisonnés » de ceux qui voudraient « indexer l’accord sur les résultats de la Présidentielle. Ils s’y bruleront les doigts.»
Il reste donc trois semaines à Eva Joly pour tenter d’inverser la tendance. « La campagne était trop diversifiée jusqu’à présent, affirme Michèle Rivasi. Mais il nous reste du temps. Nous allons plus nous consacrer aux questions sociales à travers l’écologie. » Même constat pour Alain Lipietz : « Eva doit revenir aux fondamentaux, ce qui manque c’est le liant entre l’écologie et le social. »
Hier à Arcachon, Eva Joly a promis de garder le cap. « Le vote courageux et juste, c’est le vote écologique, a-t-elle déclaré ».