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Manuel Valls décline une politique ferme sur l'immigration

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AFP
Le 27.06.2012 à 17:26
Manuel Valls décline une politique ferme sur l'immigration
© AFP

Manuel Valls, en charge de la politique de l'immigration, a écarté tout laxisme du gouvernement sur ce sujet comme l'en soupçonnait la droite, excluant toute augmentation du nombre de régularisations par rapport à l'ère Sarkozy.

Le ministre, qui garde les attributions de l'immigration en vertu d'une réforme de Nicolas Sarkozy critiquée en son temps par le PS, a décliné sa ligne de conduite dans un entretien au Monde, pour la première fois depuis la nomination du gouvernement Ayrault.

Elle est inspirée de la ligne de fermeté adoptée par François Hollande à la fin de la campagne présidentielle quand la droite et l'extrême droite agitaient le risque de régularisations massives d'étrangers sans papiers, avec comme effet une aggravation du chômage.

Présenté comme le champion de l'aile droite du PS, M. Valls a exclu cette hypothèse, affirmant qu'il ne ferait pas plus que ses prédécesseurs qui ont régularisé environ 30.000 personnes par an.

« Etre de gauche, ce n'est pas régulariser tout le monde et se retrouver dans une impasse. Il faut mener une politique républicaine, conforme aux valeurs de la France, tenir compte de la situation économique et sociale de notre pays et poser, effectivement, des critères. La politique que j'applique n'est pas celle de Manuel Valls, c'est celle du président de la République et du Premier ministre », insiste-t-il dans Le Monde.

Le ministre a annoncé qu'une circulaire « pour préciser les critères » de régularisation « est en préparation ». Elle prendra en compte les années de présence en France, la situation par rapport au travail, les attaches familiales.

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem a exclu tout objectif chiffré qui, selon elle, est contradictoire avec la philosophie du « cas par cas ».

Plus de rétention des familles

Les régularisations se feront « sur des critères précis, objectifs, compréhensibles », a souligné M. Valls critiquant « l'arbitraire » du précédent gouvernement qui avait donné le pouvoir aux préfets.

Si France Terre d'Asile voit dans la position de Manuel Valls la « première pierre du changement tant attendu », elle est « la première grande faute politique du gouvernement », a dénoncé Olivier Besancenot du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), ironisant sur un ministre sarkozyste qui se serait « faufilé dans le gouvernement Ayrault ».

Se défendant d'être le « monsieur Sarkozy » du gouvernement de gauche, M. Valls a aussi affirmé qu'il y aura des reconduites à la frontière.

Alors que son prédécesseur Claude Guéant avait prévu 40.000 reconduites en 2012 après un record de 33.000 en 2011, M. Valls n'a pas avancé de chiffre.

Le ministre a annoncé deux autres circulaires: une pour mettre fin à la rétention des familles, promise par François Hollande, et une autre pour faciliter les naturalisations qui ont chuté de 40% entre 2010 et 2011.

« Lorsque le ministre décide de ne plus fixer d'objectifs chiffrés de reconduites à la frontière, lorsqu'il prépare une circulaire de régularisation des clandestins et limite le recours à la rétention, il envoie un signal de relâchement aux préfectures et aux forces de l'ordre », a critiqué le député UMP Guillaume Larrivé, ex-M. Immigration de Brice Hortefeux au ministère de l'Intérieur.

Sur le plan législatif, M. Valls a annoncé une loi pour créer un nouveau titre de séjour de trois ans et une autre, « le plus vite possible », interdisant le placement en garde à vue d'un étranger pour le seul motif du séjour irrégulier conformément à un avis de la Cour de cassation.

Sinon, « nous pourrions nous retrouver dans une situation où il n'y aurait plus de reconduites »,