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Marie-Pierre de la Gontrie : «Il ne faut pas une parité de façade au PS»

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François Vignal
Le 12.09.2012 à 14:51
Marie-Pierre de la Gontrie : «Il ne faut pas une parité de façade au PS»
© AFP

Alors qu’Harlem Désir va devenir le prochain premier secrétaire du PS, Marie-Pierre de la Gontrie, proche de Martine Aubry, met en garde sur la composition de l’appareil. « Il faut veiller à ce que la direction du PS soit paritaire », selon la vice-présidente du conseil régional d’Ile-de-France et secrétaire nationale du PS à la justice et aux libertés publiques. « Il faut faire attention à ne pas remplacer une première secrétaire femme par trois secrétaires nationaux hommes », ajoute-t-elle. Entretien.

Vous avez écrit hier soir sur Twitter « Mess de service aux filles : laissez votre portable ouvert, y en a une qui va être appelée pour compléter le casting fissa #potiche ». Que vouliez-vous dire ?
Je revenais d’une réunion de section et je vois qu’il n’y a que des hommes pour les postes de numéro 1, 2 et 3. J’ai voulu dire qu’il fallait faire attention à ne pas remplacer une première secrétaire femme par trois secrétaires nationaux hommes. Dans le dispositif humain, comme on dit, il faut veiller à ce que la direction du PS soit paritaire. Mais Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault affirme dans leur communiqué le principe de la parité dans leur communiqué, me voila rassurée.

Mais selon Libération, Christophe Borgel reste chargé des élections, David Assouline de la communication et du porte-parolat jusqu’au congrès et Régis Juanico de la trésorerie…
Il faut que la parité soit dans tous les postes et pas seulement au secrétariat national. C’est un mauvais signal que les secteurs thématiques habituels soient confiés aux femmes et que les postes clés et opérationnels soient confiés à des hommes. Si c’est exact, cela pose problème, parce qu’on ne peut pas prôner la parité partout et ne pas le faire dans notre propre appareil. Il ne faut pas une parité de façade. Il ne faut pas simplement cantonner les femmes aux postes sectoriels et non fonctionnels.

Il est temps que ce processus de succession se termine ?
Il ne faut pas s’émouvoir. Un congrès, c’est un processus de renouvellement d’un appareil politique. On ne peut avoir un double discours, dire qu’on veut une vie dans l’appareil et reprocher cette vie là. Le débat qui a eu lieu a été réduit à un choix de personne, mais c’est trop simplificateur. Ça m’agace toujours un peu, il faut tolérer qu’il y ait une vie dans un parti.

On voit que les discussions entre les différentes chapelles n’ont pas été simples. Martine Aubry a-t-elle bien géré sa succession ?
Mais les courants, ce n’est pas une question de chapelles, c’est une réflexion politique, des stratégies. Il ne faut pas en avoir une vision anecdotique, ni caricaturale. Lorsque Martine Aubry, que j’ai soutenue à la primaire,  décide de passer la main, elle le fait en ayant réussi l’unité du parti. A la sortie du congrès de Reims, on était éparpillé. Les nouvelles règles viennent des résultats de ce congrès. Martine Aubry souhaite que ce travail qu’elle a fait avec grande conviction ne soit pas détricoté en deux jours. Elle souhaite une direction qui rassemble tout le monde, c’est le goût du travail bien fait. Elle a eu raison. Après, les discussions sont normales.

Après la réussite des primaires, n’a-t-il pas manqué un vrai débat démocratique en vue de ce congrès ? L’image du PS n’en sort-elle pas ternie ?
Le grand débat démocratique, on va l’avoir au moment du vote sur les motions et lors du congrès. Quand Pascal Durant est devenu secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, personne n’y a trouvé rien à redire. Le problème, c’est qu’on a eu deux candidats qui n’ont pas de divergences politiques majeures. D’habitude, il y a des Assemblée général de motion et on va dire aussi que ce n’est pas démocratique. Arriver à mettre tout le monde autour de la table, c’est compliqué. C’est le principe de l’édredon dans la valise.

Il y a plusieurs choses qui s’entrechoquent : les résultats du congrès de Reims et ceux des primaires. Il faut prendre en compte les deux. Car certains vont dire, « tu es gentil avec tes résultats de congrès mais je n’étais pas a Reims », comme Montebourg, qui était à la primaire. A l’inverse, Ségolène Royal a fait un excellent score à Reims mais s’effondre lors de la primaire. Puis il y a François Hollande qui est devenu président de la République. Il y a l’évaluation du poids de chacun. Et plusieurs paramètres se télescopent.