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Marisol Touraine : « le trou de la Sécu aura disparu en 2017»

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Quentin Calmet
Le 23.09.2016 à 16:12
Marisol Touraine : « le trou de la Sécu aura disparu en 2017»

C’est une première depuis 2001 et l’exécutif entend le crier haut et fort : le « trou de la Sécu » devrait être comblé l’année prochaine. Un objectif atteint grâce aux économies et à la réforme des retraites de 2010. A sept mois de la présidentielle, l'exécutif compte profiter de cette annonce même si un nouvel effort est programmé pour la branche assurance maladie.

Plusieurs mesures expliquent l’embellie  des comptes sociaux : réforme hospitalière (regroupements d’hôpitaux et mutualisations), économies sur les remboursements de certains médicaments, utilisation des génériques, séjours à l’hôpital plus courts ou encore lutte contre la fraude.  Selon Marisol Touraine, cette amélioration des comptes du régime général (maladie, retraites, familles et accidents du travail) permet de n’être qu’à 400 millions d’euros de l’équilibre en 2017. « Pour un budget de 500 milliards, c’est l’épaisseur du trait » dit la ministre de la Santé ce matin Les Echos.


Marisol Touraine : "Réduire le déficit de la... par publicsenat

 Selon Claude Le Pen, économiste de la Santé,  « on va vers un retour à l'équilibre tout le monde est d'accord la dessus. La Cour des Comptes dans un rapport qui vient de paraitre la semaine dernière estimait ce retour vers 2019, 2020, la ministre veut gagner deux, trois ans, voilà. Mais le retour à l'équilibre, je pense, est acquis. Ce qui est un débat, c'est à quelle vitesse et à quel terme ce retour à l'équilibre sera effectif. »


Sécurité sociale : "Le retour à l'équilibre est... par publicsenat

Depuis 2012, ces efforts budgétaires ont été rappelés régulièrement par la ministre de la Santé, y compris au Parlement. L’année dernière, déjà, elle expliquait à la tribune du Sénat que « réduire le déficit de la sécurité sociale est une exigence. (…) C’est une exigence à l’égard de nos concitoyens, qui n’acceptent pas la perspective de laisser la dette pour seul héritage à leurs enfants. C’est une exigence à l’égard de toutes celles et tous ceux qui pâtiraient les premiers de la régression des droits qu’entraînerait l’austérité budgétaire. C’est une exigence, enfin, si nous voulons garantir à chacun qu’il continuera de pouvoir bénéficier de l’accès aux soins, en particulier aux traitements les plus coûteux, sans conditions, comme nous l’avons fait pour les personnes atteintes de l’hépatite C. Les traitements contre certains cancers qui arriveront demain sur le marché seront très coûteux. Nous devons nous doter des marges de manœuvre qui nous permettront de les financer.”

Financer de manière pérenne des dépenses de recherche, c’est justement un des apports au budget de la Sécurité sociale cette année. Un Fonds de financement de l’innovation pharmaceutique (FFIP) doit voir le jour, doté de 800 millions d’euros financés par la réforme des retraites de 2010 et, à terme, par un accord avec les laboratoires pharmaceutiques. 

Présenté aujourd’hui ce budget de la Sécurité sociale prévoit encore 4 milliards d’économies pour 2017 via de nouvelles économies d’échelle pour les hôpitaux ou encore par la baisse des tarifs de certains dispositifs médicaux, comme les fauteuils roulants. De plus, l’Etat compte mettre en place une nouvelle taxe sur le tabac à rouler qui devrait rapporter 130 millions d’euros.

L’exécutif entend profiter de cette annonce sur le « trou de la Sécu » pour valoriser son bilan et dénoncer le programme des candidats de la primaire de la droite : « tous les candidats à la primaire annoncent des déremboursements, des franchises et même des amendes pour les malades qui vont aux urgences, analyse Marisol Touraine. Ils jouent sur les peurs, en niant les résultats. (…) Désormais, on ne peut plus brandir l'argument du déficit pour justifier des politiques de régression sociale. »

Au Sénat, ces comptes seront examinés de très près, dès la semaine prochaine. Mercredi 28 Septembre, c’est Didier Migaud, le Premier président de  la Cour des comptes qui sera interrogé en Commission des affaires sociales sur ce sujet. Un tour de chauffe avant le début des débats à l’Assemblée nationale sur le projet de loi de Financement de la sécurité sociale, prévu en commission le 10 octobre prochain.