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Mediator : Sarkozy veut « une refondation en profondeur de la politique du médicament »

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Laurent Berbon
Le 20.01.2011 à 16:07

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© Public Sénat
A l’occasion de ses vœux aux personnels de santé, le chef de l’Etat a évoqué les réformes de la dépendance et de la médecine de proximité. Revenant sur l’affaire du Mediator, Nicolas Sarkozy a prôné « une refondation en profondeur de notre politique du médicament ».

Il y avait comme un air de pré-campagne dans le discours de Nicolas Sarkozy lors des vœux adressés au monde de la santé jeudi. Dressant les louanges de la réforme des retraites, le Président a voulu rappeler que son mandat serait placé sous le signe de l’action jusqu’au bout. « J’ai été élu pour résoudre des problèmes pas pour les commenter », a-t-il indiqué. « Quel est mon devoir ? Repousser parce qu’il y a des élections ou prendre des décisions ? », a-t-il demandé pour justifier la réforme de la dépendance. Mais sur le sujet, le chef de l’Etat s’est gardé de toute nouvelle annonce.  Estimant qu’« il faut des moyens supplémentaires », aucune piste n’a été arrêtée par le Président. « Est-ce que ce sera de l’assurance, plus de travail ou des prélèvements ?(…). C’est notre devoir d’affronter ces questions », s’est-il contenté d’affirmer.

Si le chef de l’Etat a pris le soin de rappeler que « la France peut et doit être fière de son système de soins et de ses professionnels de santé », « je ne suis pas là pour passer sous silence les difficultés auxquelles est confronté notre système de santé », a-t-il toutefois tempéré.

« Ne pas laisser les dépenses de santé déraper »

Premier problème auquel Nicolas Sarkozy entend s’attaquer : le « dérapage » des dépenses de santé. « Chaque année, nous dépensons 160 milliards d’euros (…). Je veux donner ce chiffre qui n’est jamais cité », a déclaré le Président, toutefois prudent sur le sujet. « Nous avons choisi de refuser de couper dans les dépenses de santé (…). Je ne laisserai dire à personne que la France rationne ses dépenses de santé », a-t-il prévenu, évoquant dans le même temps « le problème des déficits ». « Je ne peux pas laisser les dépenses de santé déraper », a lancé le chef de l’Etat. Celui-ci entend donc « poursuivre la réforme de l’hôpital ». « Avoir les deux-tiers des hôpitaux en déficit n’est sain pour personne (…). Il faut faciliter la mutualisation des services (…), encourager la coopération entre établissements (…) et si les médicaments sont inefficaces, il faut les sortir du remboursement », a-t-il précisé.  

Autre « difficulté » devenue une « priorité » pour le chef de l’Etat : la médecine de proximité. « Sur les neuf années d’études, huit sont passées à l’hôpital. Il faut changer cela », a expliqué Nicolas Sarkozy qui souhaite inciter les jeunes à se tourner vers la médecine de proximité. Le Président entend par ailleurs « aider les professionnels à se regrouper » et désire « leur rendre du temps médical », notamment « en diminuant la paperasserie ». Le chef de l’Etat entend notamment « diversifier les modes de rémunération des médecins », se défendant néanmoins de vouloir remettre en cause la rémunération à l’acte. « Je veux compléter ce qui est insuffisant », a-t-il ajouté.

Sarkozy et le Mediator

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy n’a pas souhaité faire l’impasse sur l’affaire du Médiator, véritable épine dans le pied du gouvernement. « J’avais indiqué il y a quelques semaines que la transparence serait la règle sur le sujet du Médiator, c’est ce qu’a fait avec beaucoup de courage le ministre de la Santé Xavier Bertrand », a déclaré le chef de l’Etat. Considérant qu’ « il faut tirer toutes les leçons de ce dossier », Nicolas Sarkozy a annoncé que le gouvernement allait « engager une démarche de refondation en profondeur de la politique du médicament » en France, souhaitant « renforcer la transparence et l’efficacité dans les prises de décision » et des « procédures plus réactives ». « Xavier Bertrand et Nora Berra vont associer l’ensemble des acteurs du médicament à cette démarche dans un esprit de transparence », a ajouté le chef de l’Etat qui promet des « décisions prises au milieu de cette année ».

 
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