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Megaupload : les positions des candidats à la présidentielle

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Aladine Zaïane
Le 20.01.2012 à 18:20
Megaupload : les positions des candidats à la présidentielle

Grand émoi jeudi soir chez tous les geeks de la planète. Sur requête des Etats-Unis, les policiers néo-zélandais ont interpellé l’équipe dirigeante du site de téléchargement Megaupload*, après que ce dernier ait été fermé par le FBI. Une opération coup de poing digne d’une action d’envergure contre les réseaux internationaux de narcotrafics. La fermeture du site controversé a été prononcée le 5 janvier dernier par le grand jury du district est de la Virginie.

Après cette annonce, les réactions politiques se sont multipliées. Nicolas Sarkozy approuve la fermeture de cette plateforme web qui réalisait « des profits criminels ». Même son de cloche- c’est assez rare pour être souligné- au PS, où Aurélie Filippetti chargée des questions de téléchargements dans l’équipe de campagne de François Hollande estime « normale » la fermeture de « ce genre de sites totalement illégaux qui font de l'argent sur le dos des artistes ». EELV, le FN, Debout la République (DLR) et le Front de Gauche sont quant à eux en désaccord avec cette opération de force.   

L’alternative de la licence globale prédomine chez les candidats

Sensée assurer un équilibre entre le libre accès à la culture et la pérennité des auteurs, la loi Hadopi fait débat depuis son origine. « Liberticide » pour certains, inefficace ou encore « sans solution ni bénéfice pour les artistes » selon d’autres, plusieurs candidats à la présidentielle ont proposé l’abrogation de cette loi. En générale, c’est le choix pour la licence globale qui prédomine chez les principaux candidats.      

A EELV, on se veut sans complexe. Preuve en est, le 11 janvier dernier, la sénatrice écologiste Marie-Christine Blandin, présidente de la commission Culture a invité Emmanuel Gadaix directeur des opérations de Megaupload à participer à un débat au Sénat sur la liberté des créateurs et leur rémunération. « Ces gens existent, ça ne sert à rien de se cacher derrière son petit doigt » dit elle. Outre l’abrogation de l’Hadopi, EELV propose d’« installer une commission dans les six mois après l’élection afin de définir par quel moyen on pouvait rassembler des finances permettant de soutenir les créateurs sans être répressif », et toujours selon la sénatrice, le manque à gagner des artistes est aussi dû aux « nombreux intermédiaires comme les éditeurs et les majors qui estiment avoir des droits ».

« Nous sommes pour la rémunération des créateurs pour laquelle nous proposerons un système de rétribution de la création. Nous concrétiserons tout cela dans un projet formel qui arrivera en février » expliquait Eva Joly en affichant sa préférence pour l'idée de Richard Stallman le père du logiciel libre.Il propose de « faire payer aux internautes une somme forfaitaire mensuelle. Les internautes pourront alors attribuer jusqu'à un tiers de cette somme aux artistes et oeuvres de son choix. Le reste sera réparti selon un sondage de popularité qui prend en compte la racine cubique - par exemple, un artiste qui sera 1.000 fois plus populaire sera payé 10 fois plus »

« S’enprendre aux acteurs illégaux et au piratage sans s’en prendre aux internautes »

François Bayrou, le candidat du Modem n'a « jamais cru à Hadopi » lui aussi. Sa solution se rapproche de celle d’EELV. Pour rendre « légal » le téléchargement et que dans le même temps « les créateurs n'y perdent pas », prenant l’éxemple de Deezer, le béarnais est favorable à une « licence globale ». Idem, pour la candidate FN Marine le Pen, qui veut défendre « les échanges privés sur Internet » et Nicolas Dupont-Aignan (DLR) qui pense que la licence globale « permettrait la légalisation du téléchargement tout en protégeant les auteurs »

 « Nous ferons tout pour rouvrir le site»

Le PS, lui, suit un leitmotiv : « s’en prendre aux acteurs illégaux et au piratage sans s’en prendre aux internautes », comme l’explique Fleur Pellerin, chargée du pôle Société et économie numériques au sein de l'équipe de campagne de François Hollande. Les socialistes disent leur préférence sur Ecrans.fr pour une « taxation des fournisseurs d’accès à internet, des fabricants de matériel et éventuellement des utilisateurs » pour ensuite répartir ces sommes via les sociétés de droits comme la SACEM ou l’ARP. Le « fichage généralisé des utilisateurs » serait écarté pour une lutte contre « les plateformes qui font de l’argent illégalement ».

Le Front de gauche, souligne sur lemonde.fr, l’importance de réformer les sociétés des droits d’auteur qui prennent une marge trop importante selon Martine Billard co-présidente du Parti de gauche. Egalement, l’option d’un service de téléchargement public « où tous les auteurs pourraient mettre leurs œuvres gratuitement sur Internet » est privilégiée. « Ils ne seraient pas rémunérés directement mais cela leur permettrait de se faire connaître et d'attirer plus de monde à leur spectacle payant » explique t-elle.

Prochaine étape pour Nicolas Sarkozy, en Février prochain, avec la remise de propositions pour la répression des plateformes de streaming via le blocage des transactions financières de celles-ci.

Quelques heures après sa fermeture, le phénix pourrait renaître de ses cendres.Emmanuel Gadaix le directeur des opérations de Megaupload en fait la promesse : « Nous ferons tout pour rouvrir le site».

 

*MegaUpload est un site web basé à Hong Kong qui propose de visionner parmi d’autres services, des films gratuitement et qui souvent ne sont pas encore sortis en salle. Par ce biais les internautes peuvent aussi se partager des fichiers audio ou textes. Pour certains ce site est le symbole de l’atteinte aux droits d’auteurs, tandis que pour d’autres internet doit rester libre et gratuit.