Mister Hollande, François le Rose !

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Sandra Cerqueira
Le 01.03.2012 à 15:22

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© Public Sénat

Ses premiers mots à la descente de l’Eurostar sont : « C’est François Hollande qui arrive là »

Sous entendu, il n’y a pas deux candidats socialistes. Sa réponse à Nicolas Sarkozy qui l’a accusé d’être Thatcher à Londres et Mitterrand à Paris.

Il arrive à la gare sous les yeux interloqués des Anglais. « Who is this guy ? Do you know him ? » Pas vraiment connu Outre-manche….mais les militants sont là pour rappeler que c’est LE candidat socialiste français. ‘ On votera tous pour vous. C’est le futur président de la République » crie à tue tête une française vivant  à Londres.  Un petit mot, une poignée de main, François Hollande s’arrête pour parler à ceux qui le reconnaissent. «  N’oubliez pas le 22 avril ! » lance t-il à un groupe de jeunes installé dans la capitale britannique depuis un an. «  Il a bien raison de faire campagne ici, il y a beaucoup de français » répondent-ils.  Avec près de 300 000 Françaisinstallés  à Londres, c’est uneterre électorale à conquérir pour le PS.

 La caravane Hollande qui envahit la gare peine à avancer, banderoles et chants sont de sortie. « François Président ! Tous ensemble, tous ensemble, socialistes ! Allez Hollande, allez allez ». Une ambiance digne d’un meeting. Les services de l’ordre londoniens n’avaient pas prévu un tel tumulte. Certains se disent dépassés.

Direction, Westminster et les locaux du parti travailliste. Ed Miliband, c’est le chef du parti travailliste qui reçoit. Il félicite «François pour son énergie et son dynamisme». «La finance dérégulée est une menace. Nous avons une approche commune de cela mais les politiques des pays peuvent être différentes», lâche Miliband, premier opposant de David Cameron, chef du gouvernement. Autrement dit, taxer les riches pourquoi pas mais pas avec une tranche à 75% pour ceux qui gagnent plus d ‘un million d’euros par an. François Hollande veut croire que les travaillistes sont d’accord avec lui pour taxer les transactions financières à l’échelle européenne. Ed Miliband préférerait quand même une taxe mondiale.   D’un coté à l’autre de la Manche, on n’est pas de gauche de la même façon. Les travaillistes restent des libéraux.

Devant quelques intellectuels du King’s Collège, François Hollande dit vouloir mettre un terme à la finance folle.  Un journaliste anglais ironise : «  Ce qui est  vrai c’est que les investisseurs, les traders le prennent pour un fou à vouloir taxer toujours plus les riches. On sent qu’il est venu dire ‘ne vous inquiétez pas, je ne suis aussi extrême que vous pensez ! ‘» Rassurer donc. Mais de toute façon, il n’est pas venu pour flatter la City mais pour faire campagne. « Je considère qu’il y a des rémunérations extravagantes. Au-delà de 100 Smics, il y a un problème » insiste François Hollande en plein cœur du parc de l’Abbaye de Westminster.  Puis le ton se veut moins grave, il lance : « Change everywhere and now ».