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Montebourg, Royal : quels reports de voix pour Hollande et Aubry ?
François Hollande a gagné la bataille des ralliements. Pour remporter le second tour de la primaire, c’est autre chose. Sur le papier, avec les soutiens de Valls, Baylet, Royal et le vote, à titre personnel, d’Arnaud Montebourg, le député de Corrèze semble en bonne position. Mais tout dépendra de l’attitude des électeurs. Là, l’équation se complique.
Selon un sondage Opinionway-Fiducial réalisé pour Le Figaro et LCI, 65% des électeurs de Royal se reporteraient sur Martine Aubry, contre 31% sur Hollande. 51% des électeurs de Montebourg se reporteraient sur la maire de Lille contre 37% pour le député de Corrèze. Pour Manuel Valls, c’est 35% Hollande, 34% Aubry. Selon le sondage, réalisé après le débat télé, Martine Aubry aurait été légèrement plus convaincante. Au final, l’écart se resserre pour le second tour selon l’étude, réalisée sur Internet auprès de 1.990 personnes représentatives des sympathisants de gauche.
Selon Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop, « un institut qui enquête entre les deux tours n’est pas prudent car la base de l’électorat est faible ». Il note juste que sur les sondages réalisés avant le premier tour, il y avait un « léger avantage Hollande chez les électeurs de Royal et un léger avantage Aubry chez ceux de Montebourg. Mais il faut beaucoup de prudence, car les consignes n’étaient pas connues et le résultat du premier tour non plus ».
« Difficile d’avoir un échantillon suffisamment fin »
Surprise, Harris Interacitve ne donne pas les mêmes chiffres qu’Opinionway concernant les électeurs de la présidente de Poitou-Charentes. « Ceux qui privilégient Royal ou premier tour sont plutôt un peu plus en faveur d’Hollande. Et ceux proche de Montebourg sont plus en faveur d’Aubry », explique Jean-Daniel Levy, directeur du département opinion, selon les résultats d’un sondage réalisé pour LCP-AN après le premier tour mais avant le débat de mercredi. « Ça n’a pas beaucoup changé après », ajoute-t-il. Il reconnaît néanmoins que « sur une population relativement faible, quelques centaines de milliers d’électeurs au niveau national, il est difficile d’avoir un échantillon suffisamment fin ». Autrement dit, assez représentatif. D’où la « prudence » à laquelle le sondeur appelle.
Chez CSA, pas d’enquête d’après débat, mais avant là aussi. Jérôme Sainte-Marie, le directeur du département opinion de l’institut, n’a pas d’éléments suffisants pour donner des chiffres. « On peut dire au moins que la participation s’annonce en hausse. L’objectif de 3 millions de votants parait raisonnable. Le phénomène possible de défection, avec des électeurs issus de l’extrême gauche qui ont voté Montebourg, sera plus que compensé par la popularisation de la primaire et la dramatisation du second tour. Il y a une montée de l’intention de participation. Les gens veulent en être, ça a marché ».
« La nouveauté de cette élection rend tout le monde fébrile »
Si le sondeur de CSA n’a pas d’études sur les deux derniers jours à soumettre, il livre son analyse : « En début de semaine on pouvait voir un rééquilibrage Aubry-Hollande, annonçant un résultat très serré. Mais est-ce que les ralliements et le débat n’ont pas redonné un avantage certain à Hollande ? On se pose la question. En même temps, si la logique de rassemblement face à Sarkozy joue en faveur de François Hollande, Aubry apparaît plus authentique, plus courageuse. Ça peut jouer ».
A-t-il reçu des appels d’aubrystes ou d’hollandais en recherche d’éléments ? « En ce moment, on parle a beaucoup de monde »… Il ajoute : « La nouveauté de cette élection rend tout le monde fébrile. Personne ne sait vraiment ce que ça donne. Tout le monde redoute un résultat trop serré ».

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