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« Mourir pour ses idées est relativement stupide et bête », estime Carcenac (PS)

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Tristan Quinault Maupoil
Le 28.10.2014 à 18:36

C’est en ces termes qu’a réagi le sénateur socialiste et président du Conseil général du Tarn à la mort du jeune militant écologiste Rémi Fraisse.

La mort du jeune militant écologiste Rémi Fraisse continue d’être très commentée par les responsables politiques. Le jeune homme de 21 ans se trouvait sur le site occupé du projet de barrage contesté de Sivens (Tarn) quand il a été tué dans la nuit de samedi à dimanche dans des conditions qui ne sont pas encore clairement établies.

Dès lundi, le président du Conseil général du Tarn, Thierry Carcenac, a réagi lors d’une conférence de presse à la mort du militant. « Mourir pour ses idées, c’est une chose mais c’est quand même relativement stupide et bête », a déclaré celui qui est également sénateur PS depuis septembre.

Une phrase qui n’est pas passée inaperçue. Sur France Info, l’ex-ministre EELV Cécile Duflot a dit avoir trouvé «ahurissant de dire qu'il est stupide et bête de mourir pour ses idées».

Interrogée par PublicSenat.fr, la sénatrice PS Samia Ghali reconnaît que la formulation « peut être choquante ». L’élue des Bouches-du-Rhône estime cependant que le sens qui a été donné à la déclaration de son collègue n’était peut être pas la bonne. L’élue marseillaise s’inquiète toutefois des manifestations de plus en plus violentes : « Il y en aura de plus en plus », dit-elle.

Sénatrice EELV du Val-de-Marne, Esther Benbassa est moins indulgente. « Il faudrait qu’il mesure ses propos. Il faut que Thierry Carcenac se calme, qu’il ne mette pas de l’huile sur le feu », commente l’élue. « Rémi Fraisse n’est pas mort, il a été tué. Ce n’est pas pareil. Bientôt on va tuer les gens parce qu’ils ne sont pas d’accord ? » s’interroge-t-elle. La déclaration du socialiste est de nature « à donner à notre jeunesse l’exemple le plus négatif. Sans les résistants qui sont morts pour leurs idées, la France serait encore occupée », insiste Esther Benbassa.

Très ému par la mort, en juin 2013, du militant anti-raciste Clément Méric par un groupe de skinheads, le sénateur UDI Yves Pozzo di Borgo juge que « les combats en France ne valent pas la mort ». « C’est excessif en France même si ça s’applique aujourd’hui à Kobané », ajoute le centriste. L’ex-ministre Jean-Marie Bockel (UDI) pense, lui, qu’on « peut mourir dans une guerre quand on sait que l’on prend un risque mais quand il s’agit d’être dans des débats démocratiques, il n’y a pas lieu de mourir ».

« C'est sûr que M. Carcenac lui ne risque plus de mourir pour ses idées : il les a renié depuis longtemps », préfère ironisé Alexis Corbière, le secrétaire national du Parti de gauche.

De son côté, la présidente du Mouvement des Jeunes socialistes, Laura Slimani, a tweeté son indignation : « Je ne sais pas ce qui me donne le plus envie de vomir : les propos de Carcenac ou l’indifférence des responsables politiques sur la mort de Remi Fraisse ».