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Municipales : les candidats à Paris passent leur grand oral…

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François Vignal
Le 13.02.2014 à 19:46

Cinq candidats devant un amphi plein. Nous sommes à Science Po, c’est un « Grand O ». Normal. Sauf que ce sont les candidats aux élections municipales à la mairie de Paris qui ont défilé ce jeudi après-midi devant les étudiants de l’école de la rue Saint Guillaume, qui ont pu les interroger, comme les lecteurs du Huffington Post. Un événement marqué par une manifestation devant l’école contre la participation du candidat FN. Tour d’horizon non exhaustif des déclarations des candidats, dans l’ordre de passage. Pas de jaloux.

ANNE HIDALGO (PS)

La candidate du Parti socialiste est la première à passer sur le gril. « Je reconnais que la dynamique est dans mon sens. Ce n’est pas le fruit du hasard », affirme la première adjointe de Bertrand Delanoë, maire sortant. Elle trouve que « la campagne (de NKM) se trompe de sujet. Le sujet de NKM, c’est la sanction contre François Hollande. Ce n’est pas quelle vie à Paris ? ». Anne Hidalgo y voit « une erreur stratégique ». Elle ajoute : « L’excès de marketing tue la politique ». Voilà pour NKM.

Rappelant qu’elle vient « de l’immigration espagnole », la candidate PS pense à tous les électeurs… ou les relais potentiels : « J’adresse un message de sympathie à toutes les concierges de Paris ». Au sujet des impôts, elle s’inscrit en faux contre le procès d’une fiscalité locale trop lourde, tout en reconnaissant avoir augmenté des impôts en 2009 et 2010.

On le sait maintenant, le Grand Paris intéresse Anne Hidalgo. « Si je suis maire de Paris, je pèserai de tout mon poids dans l’élaboration de cette métropole », a-t-elle rappelé. Message envoyé à Claude Bartolone, qui se verrait bien aussi à la tête de la future métropole.

Hidalgo est-elle une candidate bobo qui fait une politique pour les bobos ? « Je ne sais pas ce que c’est une ville de bobo. Peut-être qu’on est assez dans cette salle à faire partie de cette catégorie sociologique. Ne nous dénigrons pas nous-mêmes », répond la candidate.

VALLEYRAND DE SAINT JUST (FN)

Le candidat du Front national, par ailleurs conseiller régional de Picardie, entend réimplanter « dans la durée » le FN à Paris. Objectif : « Dépasser les 10% dans le plus grand nombre d’arrondissements ».

Interrogé sur le candidat FN dans le 4e arrondissement, Elie Hatem, royaliste et membre de L’Action française, mouvement d’extrême droite maurassien, il affirme ne pas y voir de problème. « Je ne vais pas le désinvestir sachant qu’il fait partie de l’Action française ».

Valleyrand de Saint-Just fixe un objectif de « baisse impôt de 20 % sur la mandature ». Il veut faire « un milliard d’euro d’économies » sur les dépenses de fonctionnement.

Cet avocat se justifie sur ses revenus annuels de « 100.000 euros net par an », suite à ses propos sur le sujet. « Ce n’est pas beaucoup comparé à mes amis qui sont devenus avocat. (…) Moi, je n’ai pas gagné beaucoup d’argent comparé à eux », affirme le candidat. Il ajoute : « Je ne dis pas que par principe ce n’est pas assez ».

Il s’est montré dur envers le PS et l’UMP : « C’est sûr que par rapport à l’UMP et PS, le FN n’est pas un parti comme les autres », « c’est une question de corruption et de pourriture. Le PS est un des mouvements les plus corrompus qui existent ».

Pour terminer, il pose une question au candidat suivant, comme sont invités à le faire tous les postulants. Elle s’adresse à Christophe Najdovski, candidat EELV, qui a refusé de lui serrer la main : « Est-ce que vous me considérez comme un être humain de catégorie inférieure ? Et mes électeurs aussi ? »

CHRISTOPHE NAJDOVSKI (EELV)

Réponse du candidat écologiste à la question de son concurrent FN : « Je retournerais la question : est ce que Monsieur Wallerand de Saint-Just considère que lorsque qu’on est de nationalité étrangère ou immigrée, on est une personne de catégorie inférieure ? » demande Christophe Najdovski, d’origine macédonienne.

Le candidat écologiste critique le projet d’Anne Hidalgo autour de l’avenue Foch, notamment la construction de logements sociaux au bord du périphérique, source de pollution. Autre critique du PS : « Je constate qu’il n’y a pas de maire écologiste aujourd’hui à Paris, car des mesures n’ont pas été prises » sur la circulation alternée lors du dernier épisode de forte pollution.

Il souhaite un tramway « le long de la Seine ». Le coût : 650 millions d’euros. Christophe Najdovski entend aussi « faire la chasse aux bureaux et logements vides ». Quant à l’automobile, il y va de sa formule : « On ne fait pas la guerre aux automobilistes, on fait la guerre à la pollution ».

DANIELLE SIMONNET (Parti de gauche)

La candidate du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon veut « assumer le caractère national de ces élections ». Elle espère récupérer les déçus de François Hollande. Alors que le PCF parisien soutien Anne Hidalgo, divisant le Front de gauche, elle appelle à la « cohérence ». « On ne peut pas dénoncer la politique gouvernementale de soumission à l’austérité et se retrouver aux municipales avec la liste gouvernementale ! » Elle ajoute : « Je pense que la situation est surtout très compliquée pour le Parti communiste ».

Elle qui a qualifié NKM de « duchesse de Longjumeau », revendique son « marxisme ». « Je pense que la lutte des classes reste le moteur de l’histoire ». Incitant « les étudiants à lire Marx », elle affirme que « l’UMP défend les intérêts » des classes dirigeantes.

Côté sécurité, Danielle Simonnet veut supprimer les caméras de vidéosurveillance. « Elles ont un coût énorme et n’ont aucun impact pour enrayer les problèmes de sécurité », affirme-t-elle. A la place, elle veut embaucher des policiers – « l’humain d’abord » – et compte sur le travail « d’éducation populaire » des associations.

NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET (UMP)

Last but not least, la candidate UMP est la dernière à répondre aux questions. Un sondage la donne perdante dans le XIVe arrondissement, où elle est tête de liste… Nathalie Kosciusko-Morizet revendique son choix : « J’aurais pu me planquer. (…) Je suis allée dans un des arrondissements qui est essentiel pour l’élection parisienne ».

A-t-elle fait des erreurs de communication depuis le début de la campagne ? On se souvient des « moments de grâce » qu’elle voit dans le métro. « Vous avez des politiques qui passent leur vie à essayer de lécher leur image. C’est une énergie qu’on passe à se dissimuler. Et on finit par avoir des politiques qui se ressemblent tous », pense-t-elle. Elle ne regrette rien ? « Non, rien de rien… »

Au sujet des dissidences à droite, elle explique qu’elle a « voulu faire l’union dès le premier tour. Ça crée des tensions ». Et d’ajouter : « Ce sont des problèmes de personnes qui sont déçues » de ne pas être sur les listes. Elle n’entend pas céder « aux chantages ». Elle dénonce aussi « le rouleau compresseur », « la puissance d’un système » autour d’Anne hidalgo, celui de la gauche au pouvoir, « qui met énormément d’énergie pour se protéger ».

Souhaitant développer le Grand Paris, elle « milite pour qu’on avance sur la couverture du périphérique ». « Paris s’est constitué en débordant progressivement de ses murailles. Aujourd’hui on vient butter sur le périphérique », souligne NKM. En le couvrant, « ça donnera une réalité physique au Grand Paris ». La candidate UMP va même plus loin : elle n’exclut pas à l’avenir « des référendums dans les villes de la petite couronne, par exemple Pantin, pour savoir si Pantin devient Paris-Pantin, comme on l’a fait avec Belleville ». Autrement dit, des fusions avec Paris. NKM se voit maire de Paris... et d’un peu plus.