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Nicolas Sarkozy « le dit gentiment mais le dit quand même » : les entrepreneurs doivent « s’engager »

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Julie Torterolo
Le 24.03.2016 à 15:15

A l’occasion du « grand oral » à la Fondation concorde, Nicolas Sarkozy a annoncé que deux grandes lois de réduction des impôts et des dépenses publiques seraient au programme en 2017 sans recourir aux ordonnances. Ferme et déterminé, l’ancien président en a profité pour rappeler à l’ordre les entrepreneurs.

Il n’a toujours pas officialisé sa candidature à la primaire, mais c’est un Nicolas Sarkozy ferme et déterminé qui est venu présenter ses grandes idées pour 2017 devant un grand panel de dirigeants d’entreprises, à la Fondation Concorde. Avec pour credo « sauver la France », l’ancien chef d’Etat a distribué les piques. Et son auditoire est devenu un instant sa cible avec pour faute ne pas l’avoir suffisamment soutenu pendant son mandat, notamment sur le bouclier fiscal. « J’aurais tellement aimé, à l’époque de l’autonomie des Universités, du service minimum dans les transports en commun, de la retraite à 62 ans, du bouclier fiscal, de la suppression des droits de succession, sentir cette pression positive pour m’amener plus loin. J’ai rien senti du tout. Je le dis gentiment mais je le dis quand même », commente-t-il avec sarcasme. Et de poursuivre : « C’est l’inverse du Cid […] Nous partîmes 500 millions et, à la fin, il n’en reste qu’un seul ».

Le président des Républicains se dit tout de même prêt à aider les entrepreneurs : baisse « sans précédent » des charges, suppression de l’ISF, alignement de la fiscalité des entreprises sur la moyenne des partenaires européens ou encore allégement des normes du droit du travail. Mais pour Nicolas Sarkozy, cela demande un investissement de leur part. « La France, on la change tous ensemble. Il n’y a pas d’un côté une personne qui va le faire, et les autres qui restent. Ça veut dire un engagement citoyen, politique, de votre part pour prendre la parole, pour expliquer, et non pas simplement pour investir dans des journaux qui défendent les idées contraires à ces propriétaires des journaux », martèle-t-il.

Nicolas Sarkozy : « Les ordonnances, c'est la fausse bonne idée »

L’ancien chef de l’Etat explique ensuite vouloir réformer le pays dès juillet 2017 en cas d’une réélection potentielle. Après avoir rappelé sa volonté de réduire les dépenses dans la fonction publique « territoriale et nationale » -  exempts les hôpitaux pour qui il réclame l’autonomie -, Nicolas Sarkozy veut aller plus loin. Il faut « simultanément, sur les deux bureaux du Parlement, un projet de loi de réduction des charges et des impôts et un projet de loi de réduction des dépenses », explique-t-il. Les deux ne pouvant pas aller l’un sans l’autre. Ces deux lois s’ajouteront à d’autres réformes sur lesquelles celui, qui se félicite d’avoir été le seul exécutif «  de droite au pouvoir qui n’a jamais reculé face à la rue », ne cédera pas : la retraite à 63 ans puis 64 ans ou encore revoir le système de l’assurance maladie.

Et sur le sujet, pas question d’utiliser les ordonnances prônées par la plupart des candidats à la primaire pour faire passer leurs grandes réformes. Nicolas Sarkozy qualifie ce procédé de « fausse bonne idée, une très mauvaise idée. La dernière fois (qu'on les a utilisées), c'était en 1995/96. Ca s'est mal terminé », a affirmé l'ex-chef de l'Etat. « On fait autoriser les ordonnances en juillet (suivant l'élection à la présidence de la République), mais on les fait ratifier en décembre [...] C'est une grande erreur. Il faut faire les choses en juillet et non pas attendre de revenir en décembre en seconde session où on vous attend avec l'arquebuse », continue-t-il.  

Les ordonnances seraient également un mauvais message démocratique. « Il est quand même curieux de dire en juin aux Français (lors des législatives), après avoir été élu en mai, donnez-moi une majorité pour réformer le pays, et immédiatement après dire aux parlementaires vous ne servez à rien, on va faire ce que vous n'êtes pas capables de faire », commente-t-il.

Nicolas Sarkozy n’a pas non plus manqué de taper sur les sondeurs, sans se soucier de l’affaire des sondages de l’Elysée assombrissant son quinquennat. Celui qui est jugé dynamique et autoritaire mais peu honnête selon un sondage Ifop Fiducial pour Public Sénat et la Fondation concorde estime « que si l’on devrait gouverner un pays avec les sondages, on ne gouvernerait rien du tout. » Et l’ancien chef de l’Etat l’affirme : « La seule question que l’on doit se poser désormais, c’est dans quel état on va laisser la France ».