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Niqab/Opéra : « Les choristes sont payés pour chanter pas pour contrôler », s’indigne Esther Benbassa

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Public Sénat
Le 20.10.2014 à 11:40
Niqab/Opéra : « Les choristes sont payés pour chanter pas pour contrôler », s’indigne Esther Benbassa
Esther Benbassa, sénatrice EELV du Val-de-Marne
© AFP

La sénatrice écologiste du Val-de-Marne réagit après l’exclusion d’une femme en niqab d’une représentation à l’opéra de Paris. Le ministère de la Culture a annoncé la rédaction d’une note à destination des opéras et théâtres pour décrire l’attitude à avoir dans pareilles circonstances.

Public Sénat : Comment réagissez-vous à l’exclusion d’une touriste en niqab lors d’une représentation à l’opéra de Paris ?

Esther Benbassa : « C’est un manque de courtoisie qui me choque. C’est vraiment appliquer la loi d’une manière de fonctionnaire. C’est humilier cette personne. En quoi elle gênait les gens qui étaient à l’Opéra ? Je trouve ça assez ridicule. Cette femme en niqab allait écouter La Traviata. Quand on accepte d’aller voir un Opéra pendant 2h30 c’est que l’on a déjà une culture occidentale.  Elle n’est donc pas totalement perdue pour l’Occident… A ce que je sache, l’Opéra n’est pas un service administratif de l’Etat. On paye sa place, on peut y aller en robe longue ».

Public Sénat : Bruno Le Maire (UMP) a salué l’attitude des choristes qui ont menacé d’arrêter le spectacle tant que la femme ne se dévoilait pas. Comment jugez-vous leur attitude ?

« C’est inimaginable. Ca ne peut arriver que dans un pays en crise qui est dans une psychorigidité autour de lois qui empoisonnent l’atmosphère. Les choristes sont payés pour chanter pas pour contrôler. En quoi ça les gênaient de ne pas voir le visage de cette femme ? Nous sommes dans l’absurde. Après on se plaint de la Zemmourisation de la société. Elle est soutenue par des gens qui voudraient appliquer la loi dont ils ne connaissent même pas le contenu. On va se moquer de nous un peu partout dans la presse internationale. C’est incroyable ».

Public Sénat : Le ministère de la Culture a annoncé la rédaction d’une note à destination des théâtres et des opéras pour définir l’attitude que les salariés pourraient avoir à faire face à une situation similaire. Etait-ce la bonne réaction du ministère ?

« C’est une mauvaise attitude. Ce n’est pas soutenir la culture, au contraire. C’est faire de la culture quelque chose d’exclusif pour les Français seulement qui devraient s’habiller en costume-cravate et en robe de soirées. C’est une discrimination qui me parait tout à fait préjudiciable ».