Back to Top
×En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites.En savoir plus
Mode zen

Quitter le mode zen

Noël Mamère : «Eva Joly s’interroge» sur sa candidature

+A -A
François Vignal
Le 17.11.2011 à 13:45
Noël Mamère : «Eva Joly s’interroge» sur sa candidature
© AFP

L'incertitude qui plane sur l'accord entre PS et Europe Ecologie, après le retrait par le PS d'un point sur le combustible nucléaire MOX, met la candidate Eva Joly « dans une position extrêmement difficile à assumer », selon le député Noël Mamère. « Elle a raison de prendre du champ pour se donner un délai de réflexion ». Entretien.

La cacophonie a régné hier entre PS et écologistes au sujet de la filière MOX, avant que François Hollande affirme ne pas vouloir l’arrêter. Daniel Cohn-Bendit affirme que le PS est au « garde à vous » d’Areva. C’est aussi votre sentiment ?
On est en pleine confusion. Je suis profondément troublé et extrêmement choqué qu’une entreprise comme Areva, entreprise publique, puisse s’immiscer de cette manière dans des discussions politiques, au point de faire capoter l’accord. C’est une première dans l’histoire de la démocratie qu’une entreprise publique se mêle à ce point de discussions politiques. Un des plus grands parti politique français se soumet au diktat d’une entreprise qui est le bras armé d’une caste d’Etat, le corps des ingénieurs des mines, et d’un lobby qui a été imposé à la France et jamais débattu démocratiquement. Et EDF, qui vient de supprimer son budget publicité à La Tribune parce qu’un journaliste a écrit qu’ils allaient abandonner l’EPR…On se croirait dans l’Union soviétique !

Et sur le MOX ?
Moi, j’en reste à ce qui a été validé par la première secrétaire du PS Martine Aubry et la secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts Cécile Duflot. Les Etats-Unis ont abandonné le MOX il y a très longtemps car ils le considèrent comme très dangereux. La centrale de Fukushima fonctionnait au MOX. Et si François Hollande s’obstine à vouloir maintenir la filière MOX, qui n’est pas du tout un point de détail, mais un point essentiel…

Qu’en dit Eva Joly ?
Je comprends qu’Eva Joly, qui s’est tenue à l’écart des négociations, soit troublée et s’interroge. Elle a raison de prendre du champ pour se donner un délai de réflexion. Eva Joly, vous ne l’entendrez pas dans les jours qui viennent. Je lui recommande de ne pas participer au conseil fédéral (ce week-end, ndrl). Elle a toujours eu une position très ferme sur ces questions et les questions éthiques. On est en train de s’en éloigner très sérieusement. Comment faire confiance et construire une majorité durable avec un parti qui se soumet au lobby nucléaire et qui raie dans notre dos une disposition de l’accord ? Tout ceci ressemble à une farce assez sinistre. On est pour l’instant dans une impasse. Ce n’est pas aux écologistes de dire comment en sortir. La balle est dans le camp de François Hollande et du PS. Je veux la fin du sarkozysme mais pas à n’importe quel prix. Et ce sera au conseil fédéral de décider de savoir à quel prix on fait l’accord ou on ne le fait pas. On aurait peut être mieux fait de séparer l’accord électoral de l’accord programmatique.

Cette cacophonie sur l’accord peut-elle remettre en cause la candidature d’Eva Joly ?
Eva Joly s’interroge. Elle est dans une position extrêmement difficile à assumer aujourd’hui. Si elle s’impose un délai de réflexion, c’est pour ne pas gêner Cécile Duflot et les négociateurs qui sont eux-mêmes dans une position très difficile. Ils sont au charbon.

Les négociateurs d’Europe Ecologie sont-ils allés trop loin ?
L’accord était un bon accord sur le fond et le plan électoral, tel qu’il a été signé. Mais il y a une question de principe. Sur l’attitude d’Areva, ça en dit long. Cela montre que le lobby est fragile et puissant à la fois. Plus la transparence avance, plus le lobby se sent en danger.

L’accord entre le PS et Europe Ecologie risque-t-il d’être refusé au conseil fédéral ?
C’est au conseil fédéral d’en décider. Moi je suis troublé et choqué que le PS soit aussi soumis et servile face au lobby nucléaire. C’est la République à l’envers.

 

NDLR 1 : interview réalisée à 12h45, avant la mise au point communiquée par le PS et EELV affirmant que les deux partis s’accordent sur le sort de la filière Mox.

NDLR 2 : en fin d'après-mdi, Noël Mamère, joint à nouveau par publicsenat.fr, n'a plus tenu les mêmes propos: « J’ai dit qu’elle était troublée, qu’elle s’interrogeait qu’un lobby d’Etat puisse dicter sa loi à un parti politique. Pas qu’elle s’interrogeait sur sa candidature. Maintenant, elle doit être soulagée sur le retour au texte original » sur le MOX. Il ajoute : « Jamais la candidature d’Eva Joly n’a été aussi nécessaire, puisqu’il y a accord ».