Non-cumul : Rebsamen met les pieds dans le plat

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François Vignal
Le 28.08.2012 à 16:28
Non-cumul : Rebsamen met les pieds dans le plat
© AFP

C’est Martine Aubry qui devrait apprécier. François Rebsamen, président du groupe PS du Sénat, a plaidé sur RMC pour que les sénateurs puissent continuer à cumuler leur mandat de parlementaire avec un poste dans un exécutif local. Une loi sur le non-cumul est pourtant un engagement de François Hollande, à l’origine défendu par la première secrétaire du PS Martine Aubry.

On savait le sénateur-maire de Dijon plus que réservé sur le sujet. Ce mardi, interrogé à la radio sur la fin du cumul, François Rebsamen s’est montré très clair : « Pas pour moi ». « J'ai pris un engagement devant les électeurs, j'ai été élu pour six ans, jusqu'en 2014 je serai sénateur et maire ». Il « plaide pour que les sénateurs qui représentent les collectivités locales puissent garder leur mandat local », fait-il valoir, tout en précisant que le non-cumul « va être fait ». Mais pas pour tous, estime-t-il. Le principe est en effet loin d’être populaire chez les élus de la Haute assemblée, où nombre d’entre eux cumulent plusieurs mandats.

A La Rochelle, le principe du non-cumul était en revanche très populaire. Lors du discours de Jean-Marc Ayrault samedi, la salle a largement applaudi dès que les mots furent prononcés. Le lendemain, même topo lors du discours de Martine Aubry. La maire de Lille, n’a pas gâché son plaisir ni freiné les ardeurs de la salle, bien au contraire. « Je vous laisse applaudir. Allez-y ! Allez-y ! », a-t-elle exhorté. Standing ovation des militants. La patronne du PS a demandé aux élus de se conformer à la règle de non-cumul, leur rappelant qu'il leur restait « un mois » pour le faire. Elle s’appuie sur le vote des militants, datant de 2010, sur le principe. Déjà, les sénateurs s’étaient battus contre, appuyé à l’époque par… François Hollande. Ils avaient obtenu un sursis jusqu'à l'automne 2012.

Mardi soir, au bureau national du PS, le principe a été réaffirmé, en présence de François Rebsamen. Martine Aubry a appelé à nouveau chaque parlementaire socialiste à « démissionner au plus tard en septembre de son mandat exécutif local », dans une lettre envoyée aux députés et sénateurs. « Le bureau national a souhaité inviter chaque parlementaire concerné à respecter l'engagement qu'il a pris lors de son investiture (pour les élections sénatoriales ou législatives, ndlr) et à démissionner au plus tard en septembre 2012 de son mandat exécutif local (municipal, départemental ou régional) », écrit Martine Aubry dans cette lettre. Réaction de François Rebsamen à la sortie : « Je ne me sens pas personnellement concerné »…