Non-cumul : vers un compromis en forme de recul pour Aubry ?

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François Vignal
Le 08.06.2010 à 12:02

Les sénateurs seraient-ils en passe d’obtenir gain de cause sur le non-cumul ? Rien n’est encore fait, mais hier soir, en commission des résolutions, proposition a été faite par Christophe Borgel, secrétaire national aux élections, « sous l’œil approbateur de François Lamy », de repousser l’application du non-cumul des mandats à septembre 2012. Soit après la présidentielle et surtout les élections sénatoriales de 2011, ce que demandent avec vigueur les sénateurs PS depuis des semaines. En cas de victoire en 2012, les socialistes proposeraient alors une loi organique sur le non-cumul.

Mais les sénateurs veulent plus. Ce matin, le groupe PS du Sénat a voté à l'unanimité pour l’instauration du non-cumul « en 2014 », a indiqué Jean-Pierre Bel, président du groupe. Soit un vote en 2012, pour une première application en 2014, lors de l’élection du nouveau conseiller territorial.

Tractations de couloir

Les discussions, « sur les modalités d’application », comme dit pudiquement le sénateur François Rebsamen, ont duré jusqu’à plus de 3 heures du matin la nuit dernière. « Les choses sont en train de bouger », se réjouit le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, fer de lance de la contestation. « La cheftaine n’était pas là, donc il faut qu’elle confirme », tempère encore ce matin un autre membre du groupe.

Au Sénat, les discussions allaient bon train en début d'après-midi entre Christophe Borgel, présent dans les murs, et le sénateur David Assouline, qui a pesé dans les tractations en faveur d'un report en septembre 2012.

Les dernières discussions se font sur le calendrier : 2012 ou 2014 ? Rue de Solférino, au siège du PS, on confirmait que la direction était prête à appliquer le non-cumul en 2012, et non plus dès les sénatoriales de 2011, comme le voulait Arnaud Montebourg et Martine Aubry.

Garder la face

Pour la première secrétaire, accepter ce report de l'application du non-cumul serait un sérieux recul. Elle en avait fait un symbole de « l’exemplarité du PS » face à la droite.

Selon un autre sénateur PS, il s'agit maintenant pour Martine Aubry de reculer tout en présentant cette marche arrière à son avantage. Cela s'appelle garder la face. La demande d’application du principe en 2014 par les sénateurs, que Martine Aubry devrait refuser, pourrait l’y aider.

 
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