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Notre-Dame-des-Landes : « La décision se prendra vraisemblablement à l’Elysée »

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François Vignal
Le 14.01.2016 à 18:37

Manuel Valls a rappelé son soutien au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes en recevant ce matin Bruno Retailleau, président de la région Pays-de-la-Loire. Mais François Hollande pourrait prendre la décision finale. Un bon signe, selon l’opposant Ronan Dantec.

Quel sera l’épilogue de l’interminable dossier de Notre-Dame-des-Landes ? La fin n’est pas encore écrite. Pour le moment, le rapport de force continue. Ce matin, le nouveau président de la région Pays-de-la-Loire, Bruno Retailleau, par ailleurs président du groupe Les Républicains du Sénat, a été reçu par Manuel Valls. Les deux s’entendent bien sur le sujet.

« La ZAD est une zone d’ultra violence » selon Bruno Retailleau

« Manuel Valls m’a indiqué qu’il restait absolument favorable à cet aéroport. (…) Il sait parfaitement qu’on ne pourra pas commencer les travaux sans une évacuation » affirme Bruno Retailleau (voir la vidéo). Mais c’est François Hollande qui prendra la décision. « Je sais très bien que la décision se prendra au dessus, vraisemblablement à l’Elysée » soutient le sénateur. « Je constate que la ZAD, c’est une zone d’ultra violence » selon Bruno Retailleau, qui a reçu les associations de riverains. Il affirme qu’un « commerçant est régulièrement racketté » que « des artisans » voient « leurs véhicules utilitaires volés ». « J’aimerais que Ségolène Royal les reçoivent aussi ». La ministre de l'Ecologie a affirmé mercredi que « ce n'est pas par la force que l'on réglera le dossier Notre-Dame-des-Landes ». « Le dialogue doit être renoué » pour Ségolène Royal.

Les opposants se mobilisent

Hier à Nantes, les opposants se sont de nouveau mobilisés contre l'expulsion des habitants historiques de la zone où doit être construit l'aéroport. La décision de justice a été mise en délibéré au 25 janvier. Ils étaient 2.000 à 3.000 opposants, selon les estimations de la police et des organisateurs. Samedi, une autre manifestation avait rassemblé selon les organisateurs 20.000 personnes sur le périphérique de Nantes, 7.200 selon la police.

Hier, devant le tribunal, la secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse, avait fait le déplacement pour apporter son soutien aux manifestants. Elle était aux côtés du sénateur EELV de Loire-Atlantique, Ronan Dantec, opposant de longue date du projet. Ils se sont même lancés dans une dance traditionnelle, comme un militant l’a immortalisé sur Twitter :

« Quand on a 400 tracteurs qui se mobilisent, l’Etat réfléchit »

Ronan Dantec voit d’un bon œil le fait que la décision finale pourrait se prendre à l’Elysée. « C’est intéressant. Ce sera une décision du Président. Ça veut dire que la décision n’est pas prise. Ce qui est totalement en recul par rapport aux déclarations précédentes » souligne le sénateur interrogé par publicsenat.fr. « J’ai l’impression que tout cela évolue dans le bon sens. (…) Les opposants sont plus mobilisés que jamais. L’épine dorsale de la mobilisation, ce ne sont pas des zadistes, qu’on présente comme des fauteurs de trouble, mais bien les paysans. Quand on a 400 tracteurs qui se mobilisent, l’Etat réfléchit et mesure bien mieux aujourd’hui que c’est extraordinairement difficile d’imposer ce projet » pense Ronan Dantec.

Le sénateur de Loire-Atlantique appelle « maintenant à se mettre autour de la table et à trouver une solution politique », synonyme pour lui de consultation de la population locale par un référendum. « Je le dis depuis des années. Ça peut être une solution à condition que ce soit précédé de contre-expertises ». Une piste qu’évoque aussi Didier Guillaume, président du groupe PS du Sénat. « A un moment, il faudra peut-être interroger les gens pour en sortir et que chacun ne perde pas la face » a-t-il dit lors de ses vœux.

Nicolas Hulot, qui avait été le Monsieur COP21 à l’Elysée auprès de François Hollande, a appelé samedi dans Le Monde à ne pas faire l’aéroport. « Il y a des projets auxquels il va falloir renoncer. Nous allons rentrer, de gré ou de force, dans ce que l’on appelle une croissance et une décroissance sélective. Il va falloir (…) se désinvestir de tout ce qui encourage l’utilisation des énergies fossiles, tout ce qui consomme des terres nourricières » a soutenu Nicolas Hulot. Les prochains mois diront si la COP21 influencera François Hollande dans ses décisions à venir. Les rapports que le chef de l’Etat souhaite entretenir avec les écologistes en vue de 2017 seront aussi un élément de l’équation.