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Nouveau scandale dans un abattoir : « c’est l’omerta » dénonce Sylvie Goy-Chavent

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Thomas Leroy
Le 23.02.2016 à 15:23
Nouveau scandale dans un abattoir : « c’est l’omerta » dénonce Sylvie Goy-Chavent

En octobre 2015, les images violentes capturées dans l’abattoir d’Alès avaient créé une onde de choc sur le traitement réservé aux animaux. Animaux entassés, mal étourdis ou égorgés vivants, la vidéo publiée par l’association de défense des animaux L214 avait entraîné la fermeture du lieu, pourtant réputé comme étant un établissement modèle. « Quelles sont les avancées depuis cet épisode ? » questionne la sénatrice Sylvie Goy-Chavent, très engagée pour le bien-être animal. Un début de réponse a été diffusé ce mardi, toujours par l’association L214. Dans un abattoir certifié bio du Vigan, les images rappellent immanquablement les précédentes : animaux mal étourdis, coups répétés à la matraque électrique, agneaux balancés contre les barrières…

« Pas des cas isolés »

Parmi les réactions les plus virulentes, celle de Brigitte bardot qui s’est fendue d’une lettre ouverte acerbe au ministre. « Par votre inaction, vous êtes complice, coupable, méprisable... C'est vous qui devriez être déchu de votre nationalité, vous qui tuez la France et le monde rural » écrit-elle. « Vous n'avez pas le droit de vous taire, pas le droit d'être lâche et de mépriser toutes ces bêtes sur le dos desquelles vous vous bâfrez. »


Un employé s'esclaffe en électrocutant un mouton

 « Je pense que ce ne sont pas des cas isolés » se désole, de son côté, Sylvie Goy-Chavent. « Mais comment savoir ? Comment savoir ce qu’il se passe si on ne fait pas un état des lieux ? » Car ce qui met en colère la sénatrice, c’est surtout le manque de transparence de cette filière. « Chez l’éleveur, comme chez le boucher, tout est transparent » affirme-t-elle. « Entre les deux, c’est l’omerta. C’est un maillon de la chaîne où on ne sait pas trop ce qu’il se passe. »

Le 17 novembre dernier, elle propose une résolution au Sénat pour faire un état des lieux de la situation dans les abattoirs français, « signée par plus de 75 sénateurs, tous bords confondus. » Pourtant rien ne bouge et aucune enquête parlementaire n’a lieu. « C’est un vrai déni de démocratie » lâche-t-elle. « Personne ne m’a donné d’explications. »

Stéphane Le Foll condamne

Difficile dans de telles conditions de connaître les méthodes à suivre. Renforcer la règlementation ou renforcer les contrôles pour que celle-ci soit mieux appliquée ? « Il faudrait former les employés qui y travaillent » avance la sénatrice. « Et pourquoi pas un suivi psychologique ? » Selon elle, le matériel devrait aussi être contrôlé par une instance extérieure et non par l’abattoir lui-même.

Les animaux sont violement jeté au-dessus de la barrière

Après ce nouveau scandale, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll est rapidement monté au créneau. Dans un communiqué, il « condamne avec la plus grande fermeté ces pratiques intolérables et a immédiatement diligenté une enquête de la Brigade nationale d'enquête vétérinaire et phytosanitaire. » Déjà en novembre dernier, il assurait que « 104 avertissements et 60 mises en demeure ont été adressés aux abattoirs au cours de l’année 2014 et que deux agréments ont été retirés. » Celui de Vigan est donc passé entre les mailles du filet.

D’autant plus que cet abattoir était certifié bio. « On attend de ces filières de qualité qu’elles soient respectueuses » juge Sylvie Goy-Chavent. « Si on ne rassure pas le consommateur, on aura une baisse de la consommation de la viande. »