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Le parcours d’obstacles des 500 parrainages
Chaque élection, c’est la même chose. Les « petits » candidats peinent à rassembler les 500 parrainages de maires, sésame républicain indispensable pour se présenter devant les Français. Avec le forfait de Jean-Pierre Chevènement pour manque de « moyens », les prétendants pourront peut-être bénéficier d’un appel d’air salvateur. Le président d’honneur du MRC aurait atteint environ 400 paraphes avant de stopper sa candidature de « pédagogie ».
Nicolas Dupont-Aignan est proche du but. «On est tout prêt. Mais ce n’est pas encore gagné, on redouble d’ardeur », nous explique le président de Debout la République. « On est à 480. Mais il faut une marge de 550. On va y arriver ». Comment fait-il, alors que plusieurs candidats sont encore loin ? « On bosse depuis un an », avoue-t-il. Ses soutiens font un gros travail de terrain. Lui-même met la main à la patte : « Tous les soirs, j’appelle ».
Christine Boutin a pour le moment moins de succès. « On était à 245 avant d’hier. On a être à 250 », assure Mathieu Sassier, son attaché de presse. A ce niveau là, chaque promesse compte. Depuis que la présidente du Parti chrétien démocrate s’est lancée en pèlerinage républicain sur la voie des signatures, ça va mieux. « On sent la différence depuis qu’elle est sur les routes. Avant, on en était à 168. Maintenant nous avons 10 à 15 nouvelles signatures par jour », assure-t-il. Christine Boutin a déjà dénoncé les consignes de l’Elysée et de l’UMP. En cas d’impossibilité à se présenter, elle menace : elle lâchera une bombe ! Qui fera pschitt ?
Marine Le Pen est un cas particulier. Troisième dans les sondages, autour de 20%, c’est une candidate de poids, à la différence des autres. Comme son père l’avait fait avant elle, Marine Le Pen affirme avoir beaucoup de difficultés à rassembler les 500 promesses. Et comme son père, elle les aura ? Beaucoup pensent que la présidente du FN fait un coup de bluff pour mieux jouer les victimes. D’autres la prennent au sérieux. Les dirigeants politiques, de droite ou de gauche, reconnaissent qu’il ne serait pas normal qu’elle soit absente de l’élection.
Le FN en profite pour mener bataille pour l’anonymat des parrainages, qui sont actuellement publics. La semaine dernière, Marine Le Pen et ses soutiens ont manifesté devant le Sénat. Le Front national a aussi décidé de déposer une requête contestant l'obligation de rendre publics ces parrainages. Elle est soutenue dans cette initiative par Christine Boutin, qui a annoncé son intention de s'associer à l'action de Marine Le Pen. Cette requête sera transmise au Conseil constitutionnel, a annoncé ce jeudi le Conseil d'Etat, qui se prononcera avant le 22 février. Ce matin, sur RTL, Marine Le Pen a déclaré en être à 350 promesses de parrainage.
Pour Hervé Morin, président du Nouveau centre, ça s’annonce difficile. Il aurait dépassé les 300 signatures. Mais sans les principaux cadres de son parti (Jean-Christophe Lagarde, Maurice Leroy, François Sauvadet, André Santini) qui l’ont lâché et un score au raz des pâquerettes dans les sondages, la partie n’est pas gagnée. Beaucoup se demandent surtout quand il annoncera son retrait de la course.
A l’extrême gauche, Philppe Poutou, candidat du NPA, n’est pas non plus assuré d’avoir les 500. Olivier Besancenot est venu lui-même à la rescousse. Fin décembre, il a dénoncé les consignes du PS, « un oukase pour priver d'élection présidentielle les candidats de gauche proposés par des partis qui ne vivent pas des institutions », avait affirmé l’ex-candidat. Les militants sont sur le terrain auprès des maires. Philppe Poutou devrait passer la barre fatidique. Quant à la candidate de Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud, elle ne communique pas de chiffres, mais devrait atteindre les 500. Arlette Laguiller, avant elle, n’a jamais manqué une présidentielle depuis 1974.
Corinne Lepage aurait entre 300 et 400 signatures. C’est vague. Interrogée, elle n’a pas voulu répondre à nos questions sur ce sujet… délicat. Comme pour les autres petits candidats, la présidente de cap 21 rame. Dominique de Villepin n’est pas mieux loti. Voire pire. En janvier, il évoquait le chiffre de 200 parrainages. Le chemin est encore long pour l’ex-premier ministre.
Frédéric Nihous, le candidat de Chasse, pêche, nature et tradition serait à la moitié du gué : 223 promesses. Son avancement serait comparable à celui de 2007, où il s’était présenté pour la première fois. Ce qui donne bon espoir au candidat de faire partie de la short list finale.
Et Maxime Verner. Qui ? Maxime Verner, 22 ans, président de l’association des jeunes de France et candidat à l’élection présidentielle ! Quand les Le Pen, les Boutin ou autre Villepin galèrent, ce jeune homme affirme disposer de pas moins de 294 promesses. Son association s’est même payé le luxe (avec quel argent ?) de commander un sondage Ifop sur l’anonymat des parrainages. Résultat : 68% des sondés y sont favorables.
Quant à Jacques Cheminade, qui avait récolté 0.28% des voix en 1995, il affirme avoir recueillis 500 promesses. Il n’y était pas parvenu en 2002, ni en 2007. Coup de bluff pour toucher les médias ? Réponse le 16 mars, date limite du dépôt des 500 signatures au Conseil constitutionnel.

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