Pas mal de rouge et un peu de vert : le PS prépare son projet

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François Vignal
Le 20.04.2010 à 18:35
Depuis plusieurs semaines, le PS prépare ses propositions pour « un nouveau modèle économique, social et écologique ». Objectif : le programme socialiste de 2012.

En 2007, le programme du PS était arrivé un peu tard : en juin 2006. Et la candidate - Ségolène Royal - s’en était largement émancipée. Pour 2012, le PS prend les devants. L’UMP avait le bureau des études piloté par Emmanuelle Mignon. Le PS a aujourd'hui ses conventions thématiques. Le premier (gros) étage de la fusée est quasi prêt, avec la commission sur le « nouveau modèle économique, social et écologique ». Pierre Moscovici, qui dirige les travaux, doit présenter ce mercredi une première synthèse au bureau national du PS, pour un vote des militants le 29 mai.

Qu’en est-il ? Selon le document de travail que le journal Les Echos s’est procuré, le PS met un coup de barre à gauche. Avec des voiles vertes. Entre la crise, la montée des questions climatiques et aussi (surtout ?) d’Europe Ecologie, difficile de faire autrement. Le document part d’un constat : « Nous assistons à la fin d’un modèle ». Le PS propose en réponse ses « clefs » : « La priorité au long terme plutôt que la tyrannie du court terme », « la justice plutôt que la captation des richesses par une minorité », « le bien-être plutôt que le tout avoir », ou encore « les biens publics et la solidarité plutôt que l’individualisme ».

Pôle public s’investissement industriel

Plus concrètement, le PS pense à la création d’un Pôle public d’investissement industriel, car il n’y a « pas d’économie forte sans industrie forte », rappelle le document. Si l’industrie est mise en avant, « la réflexion sur un modèle de production plus sobre en ressources est indissociable de celle sur un nouveau modèle énergétique », peut-on lire.

Salaires compris dans une échelle de de 1 à 20 

Côté échelle des salaires, le PS souligne que « les dirigeants des groupes du CAC40 ont vu leurs salaires augmenter de 400% en 8 ans, quand les salaires des travailleurs du secteur privé ont timidement augmenté en moyenne de 3,5% ». Les socialistes proposent donc « qu’au sein des entreprises qui ont une participation publique dans leur capital, les salaires soient compris dans une échelle de l’ordre de 1 à 20 ». Quant aux entreprises privées, le PS laisse le soin à « l’assemblée générale des actionnaires  (de) fixer le ratio »…

Un bouclier logement fixé à 25% du revenu des ménages
Pour « desserrer l’étau des dépenses contraintes », le PS lance une idée : « Un bouclier logement qui se fixe pour objectif de limiter les dépenses consacrées au logement à 25% du revenu des ménages ». Le dispositif prévoit que « dès que les dépenses de logement dans un bassin de vie dépasserait 25% du revenu, l’encadrement des loyers serait mis en œuvre sur le secteur et un programme de construction massif lancé ».
Contribution climat-énergie…

Un peu de rouge, mais aussi du vert : Le PS entend désormais « préserver l’environnement ». Et donne ainsi toutes ses chances à un accord avec les écologistes. « Une contribution climat-énergie ambitieuse et redistributive » est évoquée. Alors que la majorité semble faire machine-arrière sur l’écologie, le PS entend jouer sa carte sur ce créneau.

…mais énergie nucléaire et rien sur les OGM

En revanche rien sur les OGM. Et si le texte propose de revoir le « mix énergétique pour donner une nouvelle priorité  aux énergies renouvelables », le PS rappelle que « le choix du nucléaire » reste « inévitable à ce stade ». Le PCF ou le MRC apprécieront. Europe Ecologie et ses électeurs moins.

Suppression du bouclier fiscal et fusion CSG-impôt sur le revenu

Enfin le PS entend lancer « une révolution fiscale », soulignant que « le capital l’a massivement emporté sur le travail ». Exit le bouclier fiscal, mesure symbolique du sarkozysme ; fusion de l’impôt sur le revenu et la CSG « pour constituer un seul impôt progressif, prélevé à la source » ; « Remise à plat de l’imposition des successions » pour taxer davantage « les successions les plus importantes ; « refondation » de l’ISF.

Parlant de « nécessaire redressement des comptes publics », le document de travail affirme que la politique économique du PS sera financé par la suppression du bouclier fiscal et « d’une partie des niches fiscales et sociales », ainsi que « l’élévation de la fiscalité sur le patrimoine ».

 
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