Ne pas promulguer la loi sur les retraites: entre improbable et impossible

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Emmanuel Kessler
Le 28.10.2010 à 19:29

C’est politiquement impensable, et juridiquement presque impossible. La constitution est sans ambiguïté : quand une loi est votée, le président de la République est obligé de la promulguer dans les 15 jours. Cela fait vraiment partie des devoirs de sa charge. S’il ne le fait pas, il pourrait même – même si ce point peut être discuté – faire l’objet d’une procédure de destitution.

Ce délai est suspendu par le recours au Conseil constitutionnel, mais il va courir à nouveau dès que les sages auront rendu leur avis, au plus tard dans un mois.

Alors la seule marge de manœuvre dont dispose le Président, c’est, avant l’expiration de ce délai, de demander une seconde délibération de tout ou partie du texte. Ça ne s’est fait que trois fois sous la Ve République. Le cas le plus célèbre : en 1983, François Mitterrand l’avait utilisé pour annuler la candidature de la France à l’organisation d’une exposition universelle. C’était trop cher. Et le texte n’a finalement jamais été rediscuté. Mais là Nicolas Sarkozy n’a aucune raison de demander une nouvelle délibération d’un texte qu’il assume de bout en bout dans tout son contenu.

L’autre possibilité, c’est la voie très originale choisie par Jacques Chirac en 2006 sur le CPE. Il a promulgué la loi, mais souvenez-vous, dans une allocution télévisée, il a annoncé qu’en même temps un nouveau texte serait déposé pour supprimer le CPE. Une méthode jugée à l’époque pour le moins acrobatique. Donc peu d’échappatoire, une fois la loi votée.

L’application des lois repose en revanche très souvent sur la publication de décrets qui donnent les modalités pratiques. C’est souvent parce que les décrets ne paraissent pas que les lois ne sont pas appliquées.  Là il y a une ouverture possible. On l’entend dans la majorité. Non pas pour ne pas publier les décrets. Mais pour retrouver de quoi négocier avec les syndicats.

 
Johnny
"nos amis socialistes vont voter une loi qui va revenir à 60 ans et 37,5 annuités.... " Cela ne sera qu'une promesse électorale, une fois au pouvoir ils s'apercevront que cette réforme est nécessaire et la confirmeront. Ils l'adapteront tout au plus ... Faut pas se leurer, notre système actuel n'a pas d'avenir, il doit être réformer. C'est l'aubaine pour les socialistes que cela soit Nicolas Sarkosy qui ose le faire envers et contre tous ! Ils sortiront gagnant des élections, et se froteront les mains sans annuler cette loi ...
Madla Rogaland
Merci de clarifier car c'est un peu confus...
Robin CIPOLLA
Ne vous inquiétez pas inutilement... dans deux ans et dans les cinq jours qui vont suivre l'élection législative qui va suivre la présidentielle, nos amis socialistes (car ils vont gagner, le capital la veut cette alternance sans alternative) vont voter une loi qui va revenir à 60 ans et 37,5 annuités.... vous verrez. Ils étaient dans la rue (sans perte de salaire, eux). Et Parisot peux dormir tranquille...

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