La passation vue de l’intérieur

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Le 15.05.2012 à 15:21
Par Michaël Szamès

Ils sont venus ils sont tous là. Les amis de la première heure et ceux  de la dernière. 09h00, salle des fêtes de l’Elysée. Tout est prêt. Les premiers invités foulent l’épaisse moquette rouge.  Le journaliste Pierre Lescure, accompagné de son épouse sont dirigés sur l’aile droite de la salle à la place des invités à titre personnel de François Hollande. Vite rejoint par Bruno Masure et Claude Sérillon, tous deux intimes du couple présidentiel.  De larges sourires et franches rigolades en souvenir du bon vieux temps où ils couvraient les investitures d’autres présidents. Un autre temps  dira même Claude Serillon.  Les corréziens sont là eux aussi. Bernard Combes, le maire de Tulle et le nouveau président du Conseil Général de Corrèze Gérard Bonnet, sont aux premières loges.  Pendant que la salle se remplit, Nacer Medah, directeur de cabinet du candidat François Hollande et pressenti pour occuper un haut poste auprès du nouveau président observe  et prend de la hauteur : « Tout le monde veut immortaliser l’instant, ce sera de belles photos pour les livres d’histoires et les souvenirs sur le haut de la cheminée » plaisante- t-il.  Les représentants politiques  arrivent eux aussi en ordre dispersé. Martine Aubry s’installe au premier rang suivi de très près par Pierre Moscovici, Manuel Valls lui, est arrivé plus tôt, toujours  et encore pour aujourd’hui dans son rôle de grand manitou de la communication. Jean-Louis Debré, le président du Conseil Constitutionnel  vient le saluer avec effusion et sourires. Ils discutent de l’organisation.

9h45, arrivent à présent les représentants des syndicats, François Chérèque de la CFDT  salue les nombreuses personnalités politiques tout comme Jean-Claude Mailly qui arbore sa plus belle cravate, ce que ne manque pas de lui signaler l’air amusé Martine Aubry et Pierre Moscovici. Toujours à l’aile droite de la salle, les télévisions ont pris place pour les directs, Bertrand Delanoë, Jean-Louis Debré et Jean-Louis Georgelin, Grand commandeur de la légion d’honneur en charge de présenter le  grand collier au président, font le tour des médias.

De l’autre côté, sur l’aile gauche cette fois, Lionel Jospin Pierre Mauroy Laurent Fabius sont en grande discussion. L’image des anciens premiers ministres fait sourire l’aile droite qui se demande ce qu’ils peuvent bien se raconter.  Après la cérémonie nous finirons par savoir. Pierre Mauroy m’explique « En 1981, j’étais installé au même endroit ce qui est drôle c’est que Fabius et Jospin aussi » Voilà pour les souvenirs.

Pas le temps de penser au passé pour Nacer Medah  qui ne voit que l’avenir et lorsque l’on évoque avec lui le temps de la campagne. «Tout ça c’est fini, François Hollande va se rendre compte des contingences. Un quart d’heure sera un quart d’heure. Tout sera minuté, il va prendre conscience que sa liberté sera moindre, il lui faudra peut-être un peu de temps mais c’est la vie de président. »

10h40, tout le monde attend le nouveau président. Sur un écran de contrôle ils sont nombreux à regarder l’image de Nicolas et Carla Sarkozy qui quittent le palais mais encore plus à déjà scruter l’arrivée de François Hollande. L’arrivée par une porte dérobée de sa compagne annonce le début de la cérémonie, puis «  Mr le président de la République.. » Tout le monde a sorti les appareils photos et autres téléphones portables. Concentré, l’air grave mais avec un regard complice il se dirige tout droit vers le pupitre. Il est suivi pas à pas par le service du protocole.  Il fait face à Jean-Louis Debré. C’est fait il est officiellement Président. Un discours, il s’en va faire le tour de chaque invité suivi de très près par Valérie Trierweiler manteau blanc. Des poignets de mains et des félicitations. Son ancien garde du corps Eric, attend sagement son tour. Il a été  11 ans à son service au PS. Les larmes aux yeux. François Hollande vient lui dire bonjour. Il mesure prés de deux mètres mais  « Aujourd’hui  je me sens tout petit » dit-il les yeux rougis.

11h30. Fin de la cérémonie officielle. Un verre à la main, les invités  déambulent encore salle des fêtes.  Martine Aubry parle avec quelques journalistes. François Hollande lui fini son tour de salle et déjà il a un bon quart d’heure de retard sur son agenda. Son service de communication le presse. Nacer Medah avait raison, « un quart d’heure c’est un quart d’heure »