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Passeport trop cher : l’Intérieur dément et affirme que le coût moyen est de 68 euros
Un rapport de la Cour des comptes sur demande de la sénatrice PS Michèle André, que Public Sénat a révélé mardi avant sa publication, affirme que la différence entre le coût et le prix d’un passeport biométrique est de 34 euros. Soit un prix de 89 euros pour un coût de 55. Ce qu'a démenti aujourd'hui le ministère de l'Intérieur. Il estime que le « coût moyen » d'un passeport biométrique est de 68 euros pour l'usager et qu'il n'y a pas « une grosse marge bénéficiaire » contrairement à ce que laisse entendre l'étude de la Cour des Comptes.
Interrogé par l'AFP, le porte-parole du ministère Gérard Gachet a déclaré que « le coût moyen d'un passeport biométrique pour l'usager est de 68 euros » et qu'il « n'y a donc pas de grosse marge bénéficiaire ».
L'enquête de la Cour des Comptes révèle que les passeports sont facturés plus chers au citoyen qu'ils ne coûtent à l'administration, et l'écart s'est creusé avec la mise en place du passeport biométrique.
Le coût réel, de fabrication, d'un passeport biométrique est de 55 euros quand l'Etat en demande 89 pour renouveler son passeport, soit une différence de 62%, précise cette étude réalisée à la demande de la sénatrice PS Michèle André. Celle-ci a été mise en ligne jeudi, sur son site, par la Cour.
Selon M. Gachet, un majeur doit débourser de 86 à 89 euros pour un passeport biométrique et un mineur 45 euros, ce qui représente un « coût moyen » de 68 euros.
Il fait valoir en outre que cette marge bénéficiaire sert à « financer les nouveaux développements » de la future carte nationale d'identité électronique qui, elle, « restera un titre gratuit ».
Dans un communiqué, les professionnels de la photographie, vent debout depuis des mois contre le dispositif mis en place dans le cadre du passeport biométrique, ont estimé jeudi que le rapport de la Cour devait être « l'occasion d'une remise à plat rapide » du système.
Les mairies ont la possibilité de prendre elles-mêmes les photos d'identité pour ces passeports, ce que les photographes jugent comme « une concurrence déloyale ».
« En imaginant notamment pouvoir offrir la réalisation de la photo d'identité au demandeur grâce à un équipement installé à grand frais dans 2.000 mairies il y a un an, le système montre aujourd'hui toutes ses limites », affirme leur association, l'API (Association pour la promotion de l'image).
« Le système français, quasi unique en Europe, aura réussi à fragiliser gravement la profession photographique, en lui retirant de fait une source majeure de développement de son activité », ajoute-t-elle, en soulignant: « Plus de 8.000 emplois sont directement en jeu et, chaque jour, un magasin photo ferme ses portes en France ».

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