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Patriat veut « mettre entre parenthèse le processus des primaires »

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François Vignal
Le 20.05.2011 à 13:24
Patriat veut « mettre entre parenthèse le processus des primaires »
© AFP

Comme Manuel Valls, le strauss-kahnien François Patriat veut un temps de « réflexion », après l’affaire DSK. « Est-ce qu’il faut garder le processus ou penser à un autre processus plus élargi à toute la gauche ? Ou à un mode de désignation plus consensuel ? Est-ce qu’il ne faut pas se mettre d’accord sur un nom  pour gagner et gérer ? », demande le sénateur. Alors qu’il expliquait lundi à publicsenat.fr que l’affaire DSK pouvait être « un coup monté », il continue aujourd’hui à souligner qu’il y a « tellement d’invraisemblances ». « Je pense qu’il peut y avoir un piège crapuleux ou commandité », ajoute-t-il. Entretien.

Comment accueillez-vous l’annonce de la remise en liberté sous caution de Dominique Strauss-Kahn ?
J’ai beaucoup entendu parler de soulagement. Moi je dirais enfin. Enfin, dans ce processus douloureux, dramatique, une possibilité pour Dominique Strauss-Kahn de pouvoir maintenant organiser sa défense. Parce que dans ce séisme humain et politique, je n’ai pas de raison de ne pas croire Dominique Strauss-Kahn quand il dit être innocent des faits reprochés. Enfin on va pouvoir l’entendre. Il va pouvoir se défendre.

Bien sûr le combat va reprendre. Nous allons préparer l’élection pour la gagner. Mais pourquoi de la précipitation ? Pourquoi ces ralliements hâtifs ou pourquoi ce processus qui aurait même tendance à accélérer les choses ?

Etes-vous d’accord avec Manuel Valls qui propose de mettre « entre parenthèse » la primaire PS ?
Je ne suis pas en désaccord avec Manuel Valls quand il dit qu’on peut mettre entre parenthèse le processus des primaires pendant quelques semaines. Est-ce qu’il faut garder le processus ou penser à un autre processus plus élargi à toute la gauche ? Ou à un mode de désignation plus consensuel ? Est-ce qu’il ne faut pas se mettre d’accord sur un nom  pour gagner et gérer ? Je soutenais Dominique Strauss-Kahn car il était la meilleure chance de la gauche, qui vient de s’évanouir aujourd’hui.

Pensez-vous comme Claude Bartolone que DSK « ne sera pas candidat » ou comme Jean-Paul Huchon qui critique « ceux qui enterrent trop vite » l’ex-patron du FMI ?
Je vais répondre sur le fait que des gens se sont hâtés de dire que la page était tournée. Certains ont dit dès lundi ou même dimanche « Nous continuons ». Comme si on ne pouvait pas avoir une période de réserve, d’unité et de réflexion. C’est ce que nous avons dit quand nous nous sommes réunis entre sénateurs et mercredi avec Pierre Moscovici.

Est-il d’accord avec vous sur ce point ?
Bien sûr il est d’accord. Unité, dignité, réflexion, voilà ce que nous disons. Et pas de ralliements intempestifs et immédiats. Je fais du vélo. Quand le leader ou le champion tombe, le reste du peloton, et même les challengers, attendent.

Mais aujourd’hui, les strauss-kahniens comme vous se retrouvent orphelins. Vous ne vous posez pas la question de savoir qui allez-vous soutenir ?
Le mot orphelin est le vrai mot. Mais aujourd’hui, je ne me pose pas la question de qui je soutiendrai demain. Je ne suis pas dans ce fonctionnement là aujourd’hui. Bien sûr il faudra le faire. Mais aujourd’hui, c’est un peu indigne. On verra plus tard. Je ne sais pas qui va y aller. Les cartes vont être redistribuées. Comment retrouver quelqu’un qui a la dimension de Dominique Strauss-Kahn ?

Certains reprochent aux socialistes de ne souligner uniquement la présomption d’innocence de DSK et d’oublier la présumée victime…
Mais on le dit. Il y a une présumée victime et un présumé innocent. Mais je n’ai vu que des images à charge de Dominique Strauss-Kahn. Je n’ai entendu que des propos à charge. Pas de la part des socialistes, à l’exception de quelques propos un peu légers. Ceux qui disent « on n’aurait pas dû le laisser seul ». Je n’ai pas trop aimé.

Mais avec les images, la mise en scène, la sortie du commissariat, c’est le traitement d’un grand délinquant. Il y a une présumée victime. On doit respecter ce qu’elle a dit. Mais ça ne corrobore pas ce que dit Dominique Strauss-Kahn. Tout est envisageable. Il y a tellement d’invraisemblances, d’affirmations démenties. Souvenez-vous : On disait qu’il était parti précipitamment en laissant ses effets personnels, maintenant on sait qu’il n’en a pas laissé. C’est le temps de la vérité.

Vous évoquiez un coup monté lundi. Claude Bartolone a affirmé que DSK pensait que « Poutine et la France » voulaient « le virer du FMI »…
Je n’ai pas à juger ce que dit Claude. Sur le coup, tous les gens qui m’ont envoyé des SMS, c’était « on ne peut pas y croire ». Parce que le scénario est invraisemblable. A qui profite ce drame ? J’ai dit simplement que Dominique plaide non coupable, qu’il devra montrer son innocence et je pense qu’il peut y avoir un piège crapuleux ou commandité.

Aujourd’hui, DSK ne peut plus être candidat à la primaire…
Je suis lucide. Il y a peu de chance qu’il soit candidat. Peu de chance qu’il en ait envie. N’augurons pas de l’avenir mais n’écartons pas non plus la possibilité qu’il soit totalement innocenté. Imaginons que le jugement tombe au moment du vote sur les primaires, ça va rendre les choses difficiles.