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Pierre Assouline : « Michel Houellebecq n'est pas un romancier »

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Vincent Marcel
Le 23.09.2016 à 17:09

Dans ce nouveau numéro dédié à l’actualité littéraire, Bibliothèque Médicis reçoit l’écrivain Pierre Assouline. Corrosif, le Dictionnaire amoureux des écrivains et de la Littérature de l’académicien et juré du Goncourt n’épargne personne.

« Je hais les livres » : c’est par cette « boutade » que Pierre Assouline commence son nouveau livre. Il les déteste à tel point qu’il sort cette semaine son Dictionnaire amoureux des écrivains et de la Littérature (Plon, 900 pages) : une sélection personnelle de son Panthéon littéraire. 
 

Un dictionnaire « amoureux » : vraiment ?

 
Le membre de l’Académie Goncourt livre dans ce nouveau numéro de Bibliothèque Médicis le fond de sa pensée littéraire à Jean-Pierre Elkabbach. Lucide, il concède que l’exercice est tout à la fois « arbitraire », « subjectif » et « injuste ». Son anthologie personnelle, il la veut néanmoins conforme aux règles de l’art de la critique littéraire. Il rappelle ainsi à Jean-Pierre Elkabbach que « ce qui ne se fait pas en principe, c’est d’égratigner un premier roman ». Volontiers provocateur, il préfère déboulonner les idoles de la littérature.
 
Belle du Seigneur d’Albert Cohen ? « Trop de guimauve, j’ai l’impression que je vais attraper du cholestérol rien qu’en le lisant ». Umberto Eco ? « Surestimé ». Et quand il entend le mot littérature associé à Michel Houellebecq, Pierre Assouline tire sur « le faux misanthrope, le vrai misogyne et l’irresponsable ». Il ne considère pas l’auteur controversé de Soumission comme un romancier et ne lui prédit aucune postérité : « les bulles médiatiques sont faites pour éclater un jour » lâche-t-il, un brin persifleur. Pierre Assouline est catégorique, il faut « séparer les livres du bruit qu’ils font ». À l’appui de sa démonstration, il cite deux chefs d’œuvre du XVIIsiècle, Don Quichotte de Cervantès et La princesse de Clèves de La Fayette, qui résonnent encore aujourd’hui ... loin de toute polémique.