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Les pigeons, «ce n’est pas un mouvement politique, c’est un cri du cœur»

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Zied Ounissi
Le 05.10.2012 à 16:57

Ingénieur de formation, Eric Careel est président de Withings – une société spécialisée dans la conception d’objets connectés haut de gamme. Il est également vice président de France Digitale, une association dédiée au soutien de l’économie numérique, très active au sein du mouvement des pigeons. Entretien.

Eric Carreel, êtes-vous satisfait des annonces qui ont été faites par le ministre de l’économie au sortir de la réunion ?
On est satisfait que le dialogue soit renoué. D’autant qu’il semble ouvert. Cela dit, en dehors des annonces qui ont été faites,  nous n’avons pas reçu d’engagement écrit pour le moment. Nous préférons donc attendre avant de nous prononcer.

Sur l’abandon de l’alourdissement de la taxation des plus-values lors de la vente des parts d’une entreprise, vous avez quand même reçu un certain nombre d’engagements ?
Bien que nous nous félicitions qu’un dialogue ait été renoué, les annonces qui ont été faites ne sont pas vraiment interprétables. En tout cas, en ce qui me concerne, je ne sais pas bien les interpréter. D’après certaines déclarations le projet serait abandonné. Dans d’autres, il sera simplement amendé. C’est pourquoi, nous préférons attendre d’en savoir plus.

Est-ce-que vous attendez que le gouvernement aille plus loin ?
Nous attendons encore des réponses au sujet des investisseurs : quel va être leur statut social ? Quel va être leur statut fiscal ? Plus largement, il était quand même choquant de voir que les œuvres d’art ou certaines catégories de sportifs soient plus protégées que les entrepreneurs qui créent de l’emploi et qui sont pénalisés plus lourdement au moment de la revente des parts de leur entreprise. Ça nous a vraiment blessé.

Sur la campagne à proprement dite, à un moment donné, il y a quand même eu une sorte de contre-feux qui a été ouvert sur les réseaux sociaux et on pouvait avoir l’impression d’avoir à faire à une sorte de duel entre twitter de gauche et libéraux ?
Je n’ai pas d’avis particulier là-dessus. Il ne faut pas voir notre mouvement come un moyen de pression. On a reçu des centaines de messages d’entrepreneurs qui étaient outrés d’être assimilés à des vaches à lait, alors qu’ils sont la solution de demain. On a eu des témoignages de gens révoltés. En tant qu’entrepreneur, on donne tout son temps pour des résultats incertains. La force de notre mouvement, c’est justement de ne pas avoir été un mouvement politique. Il y eu des gens de tous bords politiques. Ce n’était pas un mouvement proprement politique, c’était un cri du cœur et c’est ce qui a fait que notre mouvement a fonctionné. Les entrepreneurs sont l’énergie qui va transformer le pays de demain. On ne peut pas s’accrocher au passé. Ce sont les entreprises qui construisent le monde de demain.

Il n’est malgré tout pas illégitime qu’ils participent à l’effort national ?
Nous contribuons au rôle de l’Etat en créant de l’emploi. Nous contribuons au rôle de l’Etat en créant de l’activité. Nous participons au financement de la retraite et à la TVA. Il n’y a rien de plus efficace que de créer de l’emploi pour participer à l’effort national. Le point positif de tout ça est que ça a montré le rôle des entreprises nouvelles. C’est d’elles que viendra la croissance et non pas des vieilles industries.