×En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites.En savoir plus

Police : le gouvernement entérine le départ des fidèles de Sarkozy

+A -A
Le 30.05.2012 à 17:25

Le gouvernement a entériné mercredi en Conseil des ministres le remplacement de trois des plus hauts responsables de la police française, Frédéric Péchenard, Michel Gaudin et Bernard Squarcini, fidèles parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy.

Les deux premiers sont remplacés à la direction générale de la police nationale (DGPN) et à la préfecture de police de Paris (PP) par Claude Baland, 61 ans, jusqu'alors préfet de Languedoc-Roussillon, et Bernard Boucault, 63 ans, patron de l'ENA.

A la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini laisse la place à Patrick Calvar, un professionnel du renseignement, homme discret de 56 ans, devenu en 2009 un des très rares policiers à prendre d'éminentes responsabilités à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), ce qui avait alors été commenté comme une petite révolution à la Piscine.

Si à la DGPN et à la PP, le gouvernement a nommé deux purs produits de la préfectorale déjà passés par l'Intérieur (Bernard Boucault fut notamment directeur de cabinet de Daniel Vaillant), le nouveau ministre Manuel "Valls avait une exigence" pour la DCRI, "c'est d'avoir un policier, un professionnel du renseignement", explique une source gouvernementale.

"Ces changements ne surprennent personne, ils avaient été annoncés", a plaidé Najat Vallaud-Belkacem, répondant aux accusations de l'UMP de "mise en place d'un Etat PS". Contacté par l'AFP sur ces nominations, le ministère de l'Intérieur n'a pas donné suite.

Mardi soir sur France 2, le président François Hollande avait justifié ces changements, jugeant que "trois personnes" remplacées, ce n'était "pas une valse considérable", et promettant que "pour la police, ça va s'arrêter là".

Outre MM. Péchenard, Squarcini et Gaudin, les liens forts tissés entre Nicolas Sarkozy et l'appareil policier sont notamment incarnés par trois hommes qu'il a nommés préfets, Christian Lambert (Seine-Saint-Denis), Eric Le Douaron (Isère) et Alain Gardère (délégué à la sécurité à Marseille).

Selon une source proche du dossier, le groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), a été confié mardi à une femme, Sophie Hatt, en remplacement d'un autre fidèle de M. Sarkozy, Michel Besnard. Le patron du service de protection des hautes personnalités (SPHP) Gilles Furigo, pourrait aussi changer.

Frédéric Péchenard, 55 ans, a été nommé délégué interministériel à la sécurité routière, et Michel Gaudin, 63 ans, rejoint le Conseil d'Etat en "service extraordinaire".

"Honneur piétiné"

Soupçonné par la gauche d'avoir mis en place un "cabinet noir", ce dont il se défend, et mis en examen dans l'affaire des "fadettes" d'espionnage de journalistes du Monde travaillant sur l'affaire Woerth-Bettencourt, Bernard Squarcini, 56 ans, est désormais préfet hors-cadre, en attente d'une affectation.

Durant la campagne, M. Hollande avait évoqué "un vrai système en place au niveau du ministère de l'Intérieur", prévenant que lui élu, "ceux qui sont liés à ce système auront forcément à laisser la place à d'autres".

Le prédécesseur de M. Valls, Claude Guéant, n'a rien trouvé à dire "juridiquement" sur ces remplacements. Mais "ce que je n'accepte pas, c'est le commentaire qui accompagne ces nominations et qui consiste à dire qu'il faut que soient nommés des fonctionnaires loyaux et compétents", a-t-il ajouté.

Aux yeux du secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, l'"honneur" de MM. Péchenard, Squarcini et Gaudin, a été "piétiné" et "la chasse aux sorcières est engagée".

Les syndicats policiers se sont montrés moins tranchés, Patrice Ribeiro (Synergie-Officiers) reconnaissant que "cela fait partie de l'alternance" et évoquant "une transition soft". "Je m'émeus un peu des conditions, même si sur le fond on peut comprendre que les nouveaux dirigeants veuillent placer des hommes à eux", a commenté Jean-Claude Delage (Alliance).