« La politique menée par Luc Chatel est inacceptable», selon le SNES-FSU

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Laurent Berbon
Le 30.08.2010 à 16:05

Pour Daniel Robin, co-secrétaire général du SNES-FSU, principal syndicat des enseignants du secondaire, la grève prévue le 6 septembre est une réponse à la politique « inacceptable » menée par le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel.

Entretien

Pourquoi appeler à la grève dans le second degré le 6 septembre prochain ?
Les mesures budgétaires de suppressions massives de postes, la réforme des lycées, la formation des enseignants largués dans les classes sans aucune formation, et la situation des collèges où le fonctionnement devient de plus en plus difficile. Toutes ces choses rendent  la politique menée par le ministre de l’Education nationale inacceptable.

Les conditions dans lesquelles les nouveaux enseignants rentrent dans le métier sont inacceptables. Nous avions obtenu un engagement écrit de Xavier Darcos, prédécesseur de Luc Chatel à ce poste, qui prévoyait  2/3 de service et le reste consacré à la formation. De même, les suppressions massives d’emploi au moment où l’on observe une augmentation des effectifs dans le second degré ne sont pas justifiées. Par le passé, le ministre a expliqué les suppressions de postes par une baisse des effectifs. Maintenant que les conditions sont inversées, il doit suivre la même logique et renoncer à supprimer des emplois.

Le ministre semble minimiser le mouvement de grève. Que lui répondez-vous ?
C’est la méthode Coué. Nous sommes le syndicat majoritaire dans le second degré. Je ne sais pas s’il manque de temps, mais ça fait de longs mois que nous ne l’avons pas rencontré. C’est vrai qu’il est aussi porte-parole du gouvernement. Comme si ministre de l’Education nationale n’était pas déjà un boulot à plein-temps. On ne peut pas dire qu’il soit dans l’ère de la discussion. Même s’il n’est pas dans l’agressivité, son discours sur le fond est dur. Avec Luc Chatel, c’est le dialogue social si vous êtes d’accord avec ce qu’il avance. Mais le dialogue social ne peut se limiter à dire oui.

Nous demandons l’ouverture d’une véritable négociation. S’il refuse à nouveau ces discussions, le conflit continuera. Nous n’abandonnerons pas ce combat car il est juste.

En même temps, je dois être honnête. Je ne sais pas si cette grève sera un succès. On  saura vraiment ce qu’il en sera, mercredi et jeudi, au moment de la rentrée.

A ce propos, décider de faire grève aussi peu de temps après la rentrée des élèves n’est-il pas risqué ?
On a pris une précaution. Ce n’est pas le jour de la rentrée des élèves. C’est le premier jour du fonctionnement normal des établissements. Face à une situation exceptionnelle, nous étions obligés de donner une réponse exceptionnelle. C’est quelque chose d’inédit et d’original que nous proposons là. La grève interprofessionnelle du 7 septembre peut en revanche rendre les choses compliquées, mais il paraissait plus dommageable de la remettre en cause que d’avoir deux jours de grèves consécutifs.

 

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