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Pollution de l’air : « Un scandale du même type que l’amiante » alertent les écologistes

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Public Sénat
Le 21.01.2016 à 17:59

Un temps froid, un vent nul et du soleil : le cocktail parfait pour un nouveau pic de pollution sur Paris. Ce jeudi, l’Association de surveillance de la qualité de l'air en Île-de-France (Airparif) a lancé une nouvelle alerte à la pollution dans le ciel de la capitale, avec une qualité de l’air jugée « mauvaise » en raison de la concentration des particules fines (PM10). Tandis que les chauffages et les voitures tournent à plein régime, l’air sec empêche la dispersion des particules, ce que le vent et la pluie parviennent traditionnellement à faire. Le stationnement résidentiel gratuit a été mis en place par la ville de Paris pour tenter d’endiguer le phénomène. Une bien pâle mesure qui fait bondir les sénateurs d’Europe Ecologie Les Verts. « On ne va pas continuer comme ça pendant des mois à enregistrer des pics de pollution » peste Aline Archimbaud, sénatrice de la Seine-Saint-Denis, sur le plateau de Sénat 360. Il faut dire que le gouvernement peine à trouver la réponse juste malgré les bonnes intentions affichées par la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal. En théorie, la circulation alternée peut être mise en place dès l’annonce d’un épisode de pollution. En pratique, il n’a pas été enclenché pour ce jour, tandis que la maire de Paris Anne Hidalgo réclamait sa mise en place systématique. « La ministre avait promis de prendre des mesures fortes qui allaient dans le sens pour une amélioration de la qualité de l’air » rappelle, de son côté Leïla Aïchi. « Force est de constater que c’est loin d’être le cas. » La sénatrice EELV avait participé, courant 2015, à une commission d'enquête sur le coût économique et financier de la pollution de l'air, en tant que rapporteure. « Nous avons fait 61 propositions et notamment une qui consistait à lisser le prix du diesel sur celui de l’essence » affirme-t-elle.

Le diesel, c’est le point de crispation entre les écologistes et le gouvernement. Historiquement favorisé par les autorités, il reste moins cher que l’essence, malgré son impact environnemental. « On veut faire converger diesel et essence, on nous balaye d’un revers de main. Il est temps de se reprendre,» grogne à  son tour le sénateur Républicain Jean-François Husson, président de la commission d’enquête. Présente au Sénat cette semaine, pour le projet de loi sur la biodiversité, Ségolène Royal évite de revenir sur ce sujet épineux concédant seulement, au détour d’un couloir, que « des mesures ont été prises par la région (Ile-de-France) et par la ville sur ce sujet. »


 

« Une aberration sanitaire et économique »

« L’Etat est un acteur majeur si on veut lutter pour la qualité de l’air » critique Leïla Aïchi. « Il faut une volonté politique de faire, il faut que l’Etat impulse ! » Façon de dire que la ministre est loin d’être rassurante sur cette thématique même si le secrétaire d’Etat aux transports Alain Vidalies annonçait la semaine dernière un arrêté interministériel pour accélérer le déclenchement de la circulation alternée. Dans un nouveau rapport, publié ce jeudi, la Cour des comptes pointe, elle-aussi, « l'absence parfois constatée de cohérence entre les actions entreprises au niveau local et les mesures prises nationalement » soulignant ainsi que la lutte contre la pollution atmosphérique n’est « pas encore une priorité nationale. » Pire, Airparif voit ses financements se réduire comme peau de chagrin, après le désengagement de la Seine-et-Marne en 2015 et celui des Yvelines en 2016.


Leïla Aïchi

« On est dans une aberration sanitaire et économique » prévient Leïla Aïchi qui rappelle que la commission d’enquête avait évalué à 100 milliards d’euros par an, le coût de la pollution en France. Pour les écologistes, le temps où on opposait emploi et santé est dépassé et l’urgence est de mise pour trouver une solution.

Pour le moment, Ségolène Royal s’attaque à la pollution cachée, celle délivrée par les véhicules qui dépassent les normes prévues, comme le montre l’affaire Renault. Quant à la disparation du diesel, la ministre avait donné un avis tranché sur la question en septembre dernier. « Interdire le diesel ? Ce n'est pas sérieux » expliquait-elle sur Europe 1. « Il ne faut plus avantager le diesel, c'est évident, et investir dans l'électrique. » Une marotte, loin d’être technologiquement au point, qui entraine de facto un statu quo sur le diesel. «  On va être dans un scandale du même type que l’amiante » prévient Aline Archimbaud. « Ceux qui sont informés de ces études sont devant une responsabilité, on ne pouvait pas dire qu’on ne savait pas. »