« La précarité professionnelle est très fortement productrice de solitude »

+A -A
Laurent Berbon
Le 23.12.2010 à 17:53
30% des Français disent souffrir de solitude. Sensibilisé sur cette question par un collectif d’associations, le Premier ministre François Fillon a élevé mercredi la lutte contre la solitude au rang de grande cause nationale 2011. « L’occasion de réfléchir ensemble sur un vrai problème », estime François de Singly, sociologue spécialiste du lien social.

La solitude méritait-elle d’être déclarée grande cause nationale 2011 ?
C’est quand même la conséquence la plus médiatique des sociétés individualistes. C’est bien un vrai problème qui est posé là. La lutte contre l’isolement va être une priorité pour nos sociétés. En faire une grande cause nationale va au moins permettre de réfléchir sur quelque chose qui n’est pas forcément perçu comme évident. Si on ne réfléchit pas ensemble, on peut en arriver à une société clivée entre d’une part, des individus complètement à l’aise dans une logique de réseaux et d’autre part, des individus déconnectés de toute relation notamment après la retraite.

Une nouvelle forme de richesse sociale est en train de se mettre en place. Il y a des individus très dotés en termes de capital social et d’autres qui sont dans une forme de misère relationnelle. Il y a une logique de cumul des handicaps d’un côté et de cumul des adresses et des amis de l’autre. Nous sommes dans une société paradoxale, complètement relationnelle, mais avec des postes d’isolement très importants. Cet écart sera d’autant plus grand à l’avenir que les jeunes générations vont disposer d’encore plus de supports pour gérer la totalité de leurs relations, alors que dans le même temps des individus vont perdre progressivement le goût de nouer les relations.

La solitude serait-elle principalement le fait des nouveaux moyens de communication type Facebook ?
Ce ne sont pas forcément les réseaux sociaux qui créent de l’isolement. C’est l’image d’une société qui donne l’impression de vivre dans un flux permanent. Les réseaux sociaux type Facebook ne sont pas un facteur d’aggravation mais de cumul pour ceux les mieux dotés. Pendant ce temps, les autres voient passer le train, d’autant plus que se répand l’idée qu’avoir un nombre important de relations est devenu la norme.

Sommes-nous plus seuls aujourd’hui que nous l’étions auparavant ?
Je ne suis pas sûr que la solitude augmente véritablement. C’est plutôt le sentiment de solitude. C’est la faute à cette représentation de la société qui veut que pour être un individu normal, il faut être débordé entre ses différentes relations.

Quelles sont les premières victimes de la solitude ?
Il y a tout d’abord très nettement les personnes âgées, avec en toile de fond la question de la retraite. Le travail est pourvoyeur de relations. Lorsqu’on ne se trouve ni dans le travail, ni à l’école et qu’on n’est pas parent d’élève, il n’y a pas d’occasion spontanée de nouer des liens. C’est aussi le problème des gens en inactivité longue qui perdent leurs repères traditionnels ainsi que la question de la précarité. Même jeune, l’individu qui fait 15 jours ici, 15 jours là ne peut avoir de relations de stabilité. La précarité professionnelle est très fortement productrice de solitude. La mobilité tant vantée dans notre société entraîne aussi une certaine solitude. La nouveauté est peut-être là.

Comment venir à bout de ce sentiment de solitude ?
Ça ne peut être des mesures étatiques. Le meilleur moyen passe par un soutien aux associations spécialisées dans l’isolement du type SOS Amitié. Ça passe plus généralement par une politique de soutien à toutes les associations et à toute forme de proposition d’espace de rencontre. Il faut vraiment penser que l’isolement est vaincu par des activités au niveau le plus ordinaire du terme. Il faut aussi faire en sorte que les enfants ne perdent pas l’habitude des jeux de société. C’est le genre de chose qui entraîne une compétence à pouvoir entrer en relation, car le lien se fait toujours avec le support d’une activité.

 
trois
puis quand ont fini des semaines et qu'on veut s'amuser les weken entre colègue a l'age de 12 13 14 15ans... des mois des année a vous refuser les discotheque,les picines et j'en passe apres avoirs fait des semaines de travails diverses.ne pas ce plaindre de ce qui ce produit a tord d'etre. (travail,maisons,besoins travail,maisons,besoins travail,maisons,besoins)et quand le chat n'est pas la!
deux
Quant on parle de solitudes devant le près-texte d'un collectif d’associations sois disant pour des sociétés individualistes.le pires et que de fermer les yeux, entre l'ètat puis l'entreprises puis les bulletins de payes.des jeunes ou vieux qui on auccune experiences et qu'ils veulent travailler. certain veulent etre payes mieux malgrès qu'il tournèé comme une souris sur les chantiers pendant des mois a ouf,d'autres contraire sois disant chef humilie beaucoup de jeunes ou agées.tout le monde veut etre chef, les main dans les poches trouer.Voila la politique de meilleurs voeux.les perssonnes agées ces vos ancien partis qui gouverner.trouvez toujours les memes a faire des contraires de présidenciel.ho l'avion il est beaux.et les actifs apprentif qui ont commencer a l'age de 12 13ans qui ont capitaliser ses entre prises pendant des années et quand vous redemandais des années apres un contrat puis con vous dit tu est trop chers (soit disant).

Réagir

A la une

Plans sociaux : après la trêve, la menace ressurgit

Après le plan de départs volontaires annoncé chez Air France, d’autres plans sociaux pourraient survenir dans les mois à venir et donner du fil à retordre au nouveau gouvernement.

Législatives 2012 : les ministres et personnalités en campagne

D’ici le 10 et 17 juin prochain, parmi les 6541 candidats, de nombreuses personnalités de gauche et de droite vont mener campagne avec plus ou moins de facilité.

Le procès du Mediator reporté pour une question de procédure

Le tribunal correctionnel de Nanterre a décidé lundi de reporter de plusieurs mois le premier procès pénal du Mediator, un médicament accusé d'avoir causé au moins 500 morts, dans lequel comparaissent Jacques Servier et les Laboratoires éponymes.