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Première salve dans la rue contre le projet de loi Travail

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Le 09.03.2016 à 09:24

La fronde contre le projet de réforme du droit du travail se traduit mercredi dans la rue, où plusieurs organisations de jeunesse et syndicats appellent à la mobilisation pour demander le retrait du texte, au cours d'une journée marquée aussi par une grève et des perturbations dans les transports.

Les manifestations et grèves tous azimuts "contre la casse du code du travail", sont présentées comme un premier tour de chauffe. "C'est la première journée de mobilisation", a relevé sur RTL le numéro un de FO, Jean-Claude Mailly, rappelant qu'il y a déjà "une deuxième date fixée, le 31" mars, par sept syndicats.

Une manifestation est prévue place de la République à Paris à 14H00 à l'appel des organisations de jeunesse (Unef, SGL, Unl et Fidl pour les lycéens), avec le soutien d'organisations politiques de la jeunesse (Jeunes communistes, Parti de gauche, Europe Ecologie- Les Verts ...) et syndicales (CGT, FO, FSU...).

D'autres rassemblements sont fixés devant le Medef à Paris à 12H30 et en régions. Au total, 144 appels à la grève ont été lancés par des fédérations syndicales, selon la CGT. "Il va y avoir du monde dans les rues", a prédit son patron, Philippe Martinez, sur France Inter.

Le front syndical est néanmoins fissuré: les syndicats "réformistes" (CFDT, CFE-CGC, CFTC, Unsa) et la Fage (étudiants) préfèrent des rassemblements distincts le 12 mars. Plutôt qu'un retrait du texte ils demandent "de profondes modifications", comme l'a répété le patron de la CFDT Laurent Berger sur RMC.

Hasard du calendrier, la SNCF et la RATP sont aussi en grève pour des motifs internes (conditions de travail, salaires). Mais le numéro un de la CGT cheminots, Gilbert Garrel, appelle à "faire converger toutes les luttes".

"La journée est vraiment compliquée" à la SNCF, avec un train sur trois en moyenne, a déclaré un porte-parole à l'AFP. Il était en revanche quasiment normal à la RATP sauf sur le RER B.

A la station Châtelet à Paris, Sylvie, 48 ans, partie d'Essonne pour aller travailler à Saint-Denis, s'est levée deux heures plus tôt et redoute "la difficulté à monter dans les trains" en fin de journée.

Myriam Beaulieu, Québécoise de 30 ans, est partie "une heure plus tôt" pour ne pas rater son vol pour le Canada. Cette grève, "c'est Français, ça ne me surprend pas", rigole-t-elle.

Les syndicats de cheminots (CGT, Unsa, Sud, CFDT) réclament que les futures règles communes à l'ensemble du secteur ferroviaire soient calquées sur la réglementation SNCF.

La contestation contre la loi Travail se cristallise sur la réforme du licenciement économique et le plafonnement des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif. Deux mesures perçues comme des concessions au patronat, et qui font craindre une hausse des licenciements.

- La jeunesse "trahie" -

Pour les organisations étudiantes, les jeunes, déjà durement confrontés à la précarité dans le monde du travail, en seraient les principales victimes. Le projet "trahit la jeunesse", estime William Martinet, président de l'Unef, premier syndicat étudiant.

Beaucoup évoquent la révolte contre le CPE, il y a dix ans, qui avait fait plier l'exécutif sur ce contrat "première embauche" destiné aux moins de 26 ans assorti d'une période d'essai particulièrement longue.

François Hollande a joué l'apaisement mardi soir et jugé qu'on pouvait "éviter les ruptures", expliquant que sa responsabilité était de "prendre toutes les décisions qui permettront aux jeunes d'avoir plus de stabilité dans l'emploi".

Pour la ministre du Travail Myriam El Khomri, les mesures lèveront la "peur de l'embauche" en CDI chez les employeurs en leur donnant davantage de "prévisibilité", et feront diminuer les contrats précaires.

Face à la bronca, avec notamment une pétition revendiquant plus d'1,2 million de signataires, le gouvernement a reporté au 24 mars la présentation du projet.

Manuel Valls bataille de son côté sur deux fronts pour défendre le texte: le PS d'un côté, car beaucoup de députés socialistes ont menacé de ne pas voter le projet en l'état, les partenaires sociaux de l'autre. Il poursuivra les concertations mercredi avant une réunion plénière de "restitution" lundi prochain.

Le Premier ministre a promis des "améliorations", mais ses marges de manoeuvres semblent étroites entre des syndicats, dont "aucun (n'est) d'accord avec la loi" résume Philippe Martinez, et le patron du Medef, Pierre Gattaz, pour qui un retrait du texte serait "dramatique pour le pays".