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Les premiers pas d’Audrey Azoulay au Sénat : « On a l’impression qu’elle a fait ça toute sa vie »

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Simon Barbarit
Le 12.02.2016 à 17:18

Inattendue au ministère de la Culture, Audrey Azoulay a dû remplacer au pied levé Fleur Pellerin pour défendre le projet de loi« Liberté, création, architecture, patrimoine ». Baptême du feu plus que réussi pour l’ancienne conseillère de François Hollande.

Elle a été la vraie surprise du remaniement, Audrey Azoulay propulsée ministre de la Culture en plein débat au Sénat de la loi « Liberté, création, architecture, patrimoine ». Il fallait donc pour elle se plonger rapidement dans le grand bain de la séance publique. Entourée de plusieurs conseillers du cabinet de sa prédécesseure Fleur Pellerin, la nouvelle ministre de la Culture a, dès le début de la séance, pris une minute pour faire part « de son émotion d’être dans cette Haute assemblée aujourd’hui ». Pas de bizutage pour l’ancienne conseillère culture et communication de François Hollande, qui ce matin a été bien aidée par le regard bienveillant des parlementaires de tous bords confondus.

Si la présidente de la commission de la culture au Sénat, la sénatrice centriste Catherine Morin-Dessailly a bien avoué avoir été « désorientée » par ce changement subi à la tête du ministère de la Culture, elle a préféré mettre l’accent « sur l’état d’esprit constructif » qui est la « tradition » au Sénat.

Audrey Azoulay à la Culture : « un bon choix » même pour la droite

Lors de la suspension de séance à la mi journée, confirmation que le charme de l’ancienne directrice financière et juridique du CNC (Centre National du Cinéma) a opéré. Le sénateur PS de Paris, David Assouline est dithyrambique sur ses compétences et sa personnalité. « Non seulement elle aime la culture, mais elle est cultivée elle-même et puis elle a des valeurs humanistes, ça se sent dans sa façon de parler ». Il confie même qu’en parlant d’elle ses « collègues de droite comme de gauche » lui ont dit « chapeau » !

Et en effet, le rapporteur LR du texte « Liberté, création, architecture, patrimoine », Jean-Pierre Leleux a l’impression, malgré la complexité des procédures parlementaires, « quelle a fait ça toute ça vie ». Il accorde un satisfecit au moins sur ce point à la nouvelle équipe gouvernementale, pourtant tant décrié depuis 24 heures : « C’est une ministre qui a de l’empathie et qui est à l’écoute, ce matin cela c’est passé dans une ambiance très cordiale (…) dans ce contexte politique que je ne partage pas forcement, je trouve que dans ce casting c’est un très bon choix ».

Fleur Pellerin réussit sa sortie

Autre lieu, autre ambiance, après les louanges du palais du Luxembourg, Audrey Azoulay s’est rendu rue de Valois pour la traditionnelle passation de pouvoir où cette fois ci c’est son ancienne camarade de promotion à l’ENA qui a marqué les esprits. Dans un discours très politique, Fleur Pellerin a alterné références culturelles, hommage à son mentor Manuel Valls, et retenue appuyée à l’égard de François Hollande qui l’a évincé cavalièrement hier. « C’est le cœur serré que je quitte ce ministère. Un ministère où l’on sent battre chaque jour à la fois les vibrations de l’Histoire et le pouls de la création (…) c’est un ministère de combat que je quitte aujourd’hui ». Elle s’est dit aussi « convaincue que la culture était une arme d'émancipation massive conte la barbarie et l'obscurantisme ». Un discours sous des applaudissements nourris qui a éclipsé quelque peu Audrey Azoulay moins rompue à l’éloquence ministérielle.

Qu'a cela ne tienne, d’avis de sénateurs, elle semble avoir déjà fait sienne cette phrase d’André Malraux, « la culture ne s’hérite pas, elle se conquiert ».