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La presse anglaise accueille froidement «Hollande le novice»

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François Vignal
Le 29.02.2012 à 17:25
La presse anglaise accueille froidement «Hollande le novice»
François Hollande à Londres, ce mercredi. Il devait rencontrer Ed Miliband, chef du Parti travailliste, et donner une conférence au King's College.
© AFP

London calling, ou Hollande à la conquête de l’Angleterre. Si le candidat socialiste jouit toujours de bons sondages en France, sa popularité est loin d’être la même Outre Manche. « I’m not dangerous », a assuré avec le sourire à la presse anglaise François Hollande. Accompagné de Pierre Moscovici et Elisabeth Guigou, tous deux anciens ministres des Affaires européennes, le candidat est à Londres pour la journée, où il a plaidé pour une « régulation » financière. Après Madrid, Rome, Bruxelles et Berlin, le socialiste cherche à parfaire son image à l’international. Ou plutôt en Europe. D’ici le 22 avril, le Hollande tour fera aussi halte à Varsovie.

Du candidat Hollande, les Britanniques, surtout ceux de la City, ont retenu que son « ennemi, c’est la finance ». Le socialiste a bien cherché ensuite à rassurer ses interlocuteurs, mais la presse anglaise reçoit fraîchement le Français. « Personne ne peut être sûr de savoir comment la France se comporterait avec M. Hollande, le novice », note The Economist. La proposition du candidat de taxer à 75% les revenus supérieurs à un million d’euros par an est qualifiée d’« extrême » par le Wall Street Journal. Le quotidien souligne « l’impact limité de la mesure », qualifiée dans l’article de « populiste » par Emiliano Grossman, professeur à Science Po Paris. Le journal interroge même… Ernest-Antoine Seillière, ex-président du Medef, qui taxe la proposition d’un « ridicule ».

« Il sera une catastrophe pour l’économie européenne »

Les mots les plus durs sont toujours dans le Wall Street Journal, mais sous la plume de Matthew Lynn : « Avoir été chargé quelques années des parkings de Tulle ne me semble pas être la meilleure qualification pour gérer ce qui est potentiellement la plus grave crise qu’ait connu l’Europe depuis la fin de la seconde guerre mondiale »… Il ajoute quelques lignes plus loin : « Comme Président, il sera une catastrophe pour l’économie européenne ».

Sans citer François Hollande, le tabloïd The Daily Mail titre ainsi : « David Cameron boude le principal rival de Nicolas Sarkozy quand il vient à Londres ». Le premier ministre Anglais, qui ne cache pas son soutien au président de la République, n’a en effet pas souhaité rencontrer le candidat socialiste. François Hollande devait en revanche déjeuner avec Ed Miliband, chef du Parti travailliste. « Ed le rouge », comme l’appelait la presse britannique. Les travaillistes voient d’un bon œil la possible élection du député corrézien. Denis MacShanek, ancien ministre des Affaires européennes de Tony Blair, souligne dans le Guardian qu’avec François Hollande Président, « la Grande Bretagne n’aura pas à faire face au projet monolitique franco-allemand (sur l’Europe). Comme en 1981, un Président français socialiste serait une bonne chose pour la Grande-Bretagne ».

Londres, 6e ville française

The Guardian toujours souligne que la visite d’un candidat à Londres est devenue une étape importante dans la campagne présidentielle. Avec ses 300.000 ressortissants, la communauté française de la capitale anglaise représente l’essentiel des 400.000 Français vivant en Grande-Bretagne. « Une population assez importante pour être politiquement considérée comme la 6e ville française ».

Toute la presse ne rejette pas celui qui pointe du doigt la finance. L’éditorialiste des pages international du Financial Times, Gideon Rachman, regarde le frenchy et sa mesure des 75% avec curiosité :« Si Hollande gagne et édicte sa proposition, ce sera un geste audacieux. Peut-être qu'il sera un pionnier, en déplaçant le débat sur ​​l'impôt sur le revenu, revenant à l’aire pré-Thatcher. A moins que la France reste une anomalie – et les riches Français s’installeront à Londres ou Genève. Quoi qu’il en soit, ce serait une expérience intéressante ».