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Primaire de droite : l’UDI fait pression sur les Républicains

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Simon Barbarit
Le 11.03.2016 à 17:13
Primaire de droite : l’UDI fait pression sur les Républicains
© AFP

L’UDI veut faire pression sur les Républicains. Faute d’accord sur un projet commun, Jean-Christophe Lagarde appelle ses militants à boycotter la primaire. Chez les centristes, Jean Arthuis n’a pas entendu l’appel.

Déjà une dizaine de candidats à la primaire, mais ne comptez pas sur les centristes pour faire le nombre, c’est en tout cas la volonté du président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde. Après avoir déploré l’absence « d’un pacte de gouvernance » avec le parti des Républicains la semaine dernière dans le journal Le Monde, le député de Seine-Saint-Denis a appelé ce vendredi les 23 000 adhérents de son parti à « refuser de participer à la primaire » de la droite pour la présidentielle de 2017. « C’est une décision prise à l’unanimité au sein de notre instance exécutive mardi soir » précise le sénateur Jean-Marie Bockel, membre du Parti radical, formation composante de l’UDI avec le Nouveau centre, l’Alliance centriste, la Force Européenne démocrate sans oublier les adhérents directs. Le sénateur UDI, Yves Pozzo di Borgo abonde et en profite pour regretter la participation du président du Sénat Gérard Larcher au comité d’organisation de la primaire de droite. « J’ai beaucoup de respect pour Gérard Larcher mais je suis surpris que le deuxième personnage de l’Etat participe à un processus partisan. En tant que président de la Haute-assemblée, il ne devrait pas se mêler des affaires d’un parti. Tout comme j’ai déploré que Claude Bartolone ne démissionne pas de son poste de président de l’Assemblée nationale lorsqu’il s’est présenté aux régionales ».

La compétition de la primaire empêche le projet commun

Si les centristes font pression sur la droite, c’est parce que pour l’instant Nicolas Sarkozy n’a toujours pas répondu au pacte de gouvernance proposé par l’UDI en cas d’alternance en 2017. « Les candidats déclarés à la primaire des Républicains sont dans un esprit de compétition interne. Cela explique peut-être l’absence de réponse à notre proposition d’accord. C’est un manière pour nous de marquer le coup » résume Jean-Marie Bockel.

Si les adhérents centristes ont jusqu’au 20 mars pour se prononcer sur la participation de l’UDI à la primaire, difficile d’imaginer d’ici là un accord entre les deux formations. La faute à… cet esprit « de compétition » indu au processus de la primaire. Lors du dernier conseil national des Républicains, Alain Juppé et Bruno le Maire n’ont d’ailleurs pas caché qu’ils ne se sentaient pas concernés par le projet collectif du parti que Nicolas Sarkozy soumettra aux votes des adhérents Républicains en avril. « C’est bien que le parti travaille et propose, mais ça n’engage en rien les candidats à la primaire » avait déclaré l’ancien ministre de l’Agriculture. « Il y aura de toute façon, à un moment ou à un autre, un accord avec les Républicains. Ils savent qu’ils ne peuvent pas gagner les législatives sans le centre » assure Jean-Marie Bockel.

Les investitures aux législatives dans la balance

Le sénateur du Haut-Rhin pointe en effet un autre problème lié à ce « contrat d’alternance » immédiat souhaité par l’UDI. Il devait également définir un accord pour les prochaines législatives. Difficile, là encore, d’avoir l’oreille attentive de la droite lorsqu’on sait qu’il s’agit déjà d’un des principaux points de discordes entre les candidats Républicains. Si Nicolas Sarkozy désire régler le problème avant l’été, Alain Juppé, Bruno Le Maire ou François Fillon souhaitent traiter cette question après la primaire. Une solution qui présenterait le double intérêt pour le candidat désigné de pouvoir composer avec sa majorité parlementaire et d’empêcher Nicolas Sarkozy de trop peser sur les parlementaires dont le parrainage de 20 d’entre eux est nécessaire pour pouvoir concourir.

Jean Arthuis fait de la résistance

Est-ce à dire que la primaire de droite se résumera à une primaire des Républicains ? Non, au moins un centriste pourrait  bien participer au scrutin. Jean-Arthuis député européen et président de l’Alliance centriste s’oppose à cet appel à une non participation de l’UDI à la primaire de droite. « La primaire est un moment de débat. Il faut y être présent pour faire entendre notre voix. Je ne suis pas partisan de cette décision de Jean-Christophe Lagarde. On n’est pas candidat pour être candidat mais pour faire valoir des idées, notamment sur l’avenir de l’Europe » estime  Jean Arthuis  avant d’ajouter : « l’UDI c’est une addition de chapelles, je ne vois pas pourquoi des candidats de partis fondateurs ne pourraient pas y participer ». D’autant plus qu’en ce qui concerne le nombre de parrainages, les règles pour un candidat issu d’une autre formation que celle des Républicains sont encore à définir.

Une non participation de l’UDI à la primaire des Républicains aurait pour mérite de régler dans l’immédiat un différent entre Jean-Christophe Lagarde et Hervé Morin président du Nouveau centre. Ce dernier avait prévenu la semaine dernière : « certainement pas un candidat (unique) représentant l’UDI au sein de ces primaires (…) s’il fallait que nous allions vers ce chemin là, le Nouveau Centre reprendra sa liberté ». Au moins d’accord sur ce désaccord, Jean Arthuis approuve : « la primaire, ce n’est pas simplement pousse toi de là que je m’y mette ». En tout cas, c’est chacun pour soi…