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Primaire à gauche : « Une très bonne initiative » selon le numéro 2 d’EELV David Cormand

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François Vignal
Le 11.01.2016 à 11:49
Primaire à gauche : « Une très bonne initiative » selon le numéro 2 d’EELV David Cormand
© AFP / JEAN-PIERRE MULLER

La primaire « des gauches et des écologistes » pour 2017 défendue dans Libération par des intellectuels est bien reçue par Europe Ecologie-Les Verts. Interrogé par publicsenat.fr, David Cormand, numéro 2 du parti, reçoit l’appel « avec enthousiasme ». Il veut échapper à « la stratégie de Hollande (qui) est entre moi et Mélenchon, il n’y a rien : pas d’écologistes, pas de frondeurs. Mais entre eux, il y a tout ! » Le secrétaire national adjoint d’EELV, chargé des élections et des relations extérieures soutient un positionnement « qui ne se raccroche pas au logiciel traditionnel gauche/droite ». Entretien.

Comment accueillez-vous l’appel publié dans Libération pour une primaire des gauches et des écologistes ?
C’est une très bonne initiative. Elle permet de sortir du piège qui semble nous être promis pour 2017, avec un choix de candidatures qui nous serait  imposé, le trio promis étant Hollande, Sarkozy, Le Pen qui ont en commun d’être les trois personnalités politiques les moins aimées des Français, et avec comme challengers potentiels Juppé, Bayrou et Mélenchon. Ce champ de bataille prévu notamment par François Hollande implique un duel obligatoire à gauche entre lui et Jean-Luc Mélenchon. La stratégie de Hollande c’est entre moi et Mélenchon, il n’y a rien : pas d’écologistes, pas de frondeurs. Mais entre eux, il y a tout ! Cet espace politique est le contrepoids de ce choix souhaité par Hollande et Mélenchon. Donc cet appel est une très bonne initiative. Après, une primaire est bon moyen de régler le problème de leadership mais ça ne répond pas à la question du projet. A coté, il faut un débat puissant associé à cette primaire. Si on arrive à faire tout ça, tout ne sera pas perdu pour 2017.

EELV participera-t-il à cette primaire si elle a lieu ?
Je ne sais pas si en terme de méthode, il est souhaitable que les partis politiques cherchent à préempter cet espace politique nouveau. On voit l’intuition aigüe de Dany Cohn-Bendit dans ces affaires là. Tout le monde se demande comment investir l’espace politique de la transformation. On va voir si ça fonctionne mais il faut le voir avec enthousiasme. Il faut être inventif pour trouver une solution. Si on fait comme d’habitude on va échouer. Faire différemment, c’est mettre de coté les appareils politiques. Se centrer sur le projet et se déstresser sur les questions de personnes.

Mais une primaire des gauches et des écologistes ne serait-elle pas en contradiction avec les propos ce week-end de la secrétaire nationale d’EELV, Emmanuelle Cosse, qui s’écarte d’une alliance avec la gauche radicale ?
Ce qui est intéressant dans cet appel, c’est qu’il réfute l’idée que tout serait Hollande ou radical. Je refuse cette définition des choses. C’est le PS qui veut l’imposer. Ils disent ça pour stériliser le débat à gauche. François Hollande n’a qu’un allié : c’est le coté figé de la Ve République. Il reste accroché comme une moule à son rocher à cela. Si ce projet de primaire se fait, ni Hollande, ni Mélenchon n’y participeront. Leur intérêt est de rester dans l’ancien monde, les anciens clivages. Il nous faut développer une idée qui ne se raccroche pas au logiciel traditionnel gauche/droite.

L’objectif est d’avoir un candidat unique de la gauche de la gauche face à François Hollande ?
L’idée c’est de ne pas se positionner face à Hollande. L’idée est de proposer un projet à la France pour 2017. L’idée est de rassembler ceux qui se retrouvent dans cette plateforme nouvelle qui se place dans un nouveau rapport à l’échiquier politique gauche/droite.

Vous vous placez en dehors de l’échiquier traditionnel gauche/droite ?
Oui, cet échiquier gauche/droite a déjà commencé à exploser. On le voit avec la déchéance de la nationalité. Cet échiquier traditionnel ne correspond plus. Je fais la différence  entre ma gauche et ma droite, mais ce n’est pas la grille d’analyse politique qui permet d’analyser le monde de demain. Il faut réinterroger ce clivage là. Cette initiative est écolo-compatible. La gauche du XXIe siècle ne sera pas la même.