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Primaire : au Sénat la perspective Valls commence à faire son chemin

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Simon Barbarit (sujet Sandra Cerqueira)
Le 29.11.2016 à 18:54

En plein psychodrame ce week-end, le couple exécutif est finalement parvenu à sauver les apparences. Néanmoins, chez les sénateurs socialistes, entre Manuel Valls et François Hollande la balance commence à pencher du côté de Matignon.

« On a l’impression d’être dans une cour de récrée et que chacun se dispute ses billes », le désarroi d’une ancienne ministre socialiste illustre l’ambiance des mauvais jours  qui règne aujourd’hui au groupe socialiste du Sénat. Le bras de fer entre François Hollande et Manuel Valls laisse des traces et le moral est au plus bas même chez les plus légitimistes. Certains, qui à l’automne, étaient prêts à signer l’appel en faveur de la candidature de François Hollande, portent désormais leur regard sur Manuel Valls, « le seul à pouvoir maintenant représenter l’autorité de l’Etat » pour les uns, « le seul qui peut reconstruire la gauche en parfaite déliquescence » pour les autres…. Pourquoi ce revirement ? Les révélations du livre de Davet et Lhomme ne sont toujours pas digérées.

La primaire : ce sera l’un ou l’autre

Le déjeuner « cordial » entre les deux hommes aura, certes, permis d’éviter, pour un temps, la démission de Manuel Valls et la perspective de voir un chef de l’Etat et son ancien Premier ministre s’opposer frontalement dans une primaire. Mais le couvercle est simplement reposé sur un exécutif en ébullition. La crise politique, elle, couve toujours. « Il n'y a pas de crise institutionnelle », a martelé  à plusieurs reprises Manuel Valls lors des questions d’actualité de l’Assemblée nationale. « Parce que de toutes façons ma conception des institutions, c'est l'engagement et la loyauté », a-t-il répondu au chef de file des députés Les Républicains Christian Jacob, qui lui demandait s'il était candidat à la présidentielle.


Sans clairement renoncer à ses ambitions pour 2017, le Premier ministre semble donc changer de braquet et espère un renoncement surprise du chef de l’Etat. Maitre du temps, François Hollande n’en finit pas de ménager le suspense sur sa décision finale fixée au plus tard au 15 décembre. Autre interrogation, François Hollande peut-il se passer de la primaire pour être candidat ? L’hypothèse avait été évoquée ce week-end par ses proches, au premier rang desquels Stéphane Le Foll. « La primaire ne sert à rien si c'est pour refaire l'histoire du quinquennat » affirmait le porte-parole du gouvernement dans les colonnes des Echos hier. Une référence aux propos d’Arnaud Montebourg  qui appelait récemment les électeurs de droite à participer à la primaire afin de « battre le président de la République ». Cette fois-ci, c’est Jean-Christophe Cambadélis qui sonne la fin de partie. Lors d’un point presse, le Premier secrétaire du PS a « exclu » que le président soit candidat à la présidentielle sans passer par la case  primaire, et précise que François Hollande, s'il ne l'a pas dit « publiquement », lui a « dit oui » pour y participer. Quant à celle de Manuel Valls, Jean-Christophe Cambadélis a tâché de ne pas prendre parti pour l’une ou l’autre tête de l’exécutif. « J’ai dit que le débat était possible, nécessaire, utile sur qui doit aller à la présidentielle mais que la crise ne l’était pas ».

« Un président ne devrait pas dire ça » déprime encore les sénateurs PS

Si « un président ne devrait pas dire ça », au groupe socialiste certains sénateurs n’osent pas dire non plus que la perspective de soutenir François Hollande les désole. « Je vois bien que François Hollande meurt d’envie d’y aller. Mais ce livre, quelle maladresse, quel amateurisme » soupire une sénatrice pourtant loin d’être une frondeuse. « Le livre aurait pu être intéressant s’il était sorti après son mandat. Mais quand même, comment a-t-il pu laisser des journalistes écouter ses échanges téléphoniques avec des chefs d’Etats étrangers ? » s’interroge un autre élu. Un autre, qui début octobre, annonçait avoir, sans hésiter, donné son accord pour signer un texte de soutien en faveur du président sortant, milite aujourd’hui carrément pour que les électeurs tranchent entre Manuel Valls et François Hollande à la primaire. Une ancienne ministre dépitée ne comprend pas comment François Hollande a pu accepter la publication de ce livre sans avoir un droit de relecture et confesse que l’hypothèse Manuel Valls fait son chemin chez ses collègues.

Pour Marie-Noëlle Lienemann Valls ou Hollande c’est la même chose

La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, candidate à la primaire de la Belle Alliance estime que ni Manuel Valls, ni François Hollande, ne sont l’homme de la situation. « Si ce sont les tenants de cette ligne politique qui nous ont amené dans l’échec et dans cette division qui triomphaient à l’issue des primaires, il est à redouter que la gauche soit éliminée du second tour de l’élection présidentielle » prophétise-t-elle. Mais qui pour porter cette ligne alternative ? C’est tout le problème qui se pose pour la sénatrice qui déplore la multiplication des candidatures sur la gauche du gouvernement dispersée entre Benoit Hamon, Arnaud Montebourg ou encore Gérard Filoche. Sur le plateau de Sénat360, le sénateur frondeur, Gaëtan Gorce appelle François Hollande à renoncer, « sinon nous aurons un débat sur le bilan, nous ne pourrons pas y couper. Et la primaire sera totalement phagocytée » par le débat sur le bilan ».

« Il y a beaucoup de désordres dans la gauche, il y a beaucoup de fragmentation, il y a beaucoup d’oppositions, il y a beaucoup de personnalités » a constaté Jean-Christophe Cambadélis appelant les électeurs de gauche à venir à la primaire pour « mettre un peu d’ordre ». Une primaire pas encore sur les rails alors que le premier et le second tours sont prévus pour le 22 et le 29 janvier.