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« Ce prix Nobel doit être une incitation à être solidaire de la Tunisie », pour Jean-Pierre Sueur

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Simon Barbarit
Le 09.10.2015 à 16:54

Le prix Nobel de paix a été attribué aujourd’hui au quartet d'organisations conduisant le dialogue national Tunisien. « Une incitation à être solidaire de la Tunisie » notamment dans la lutte contre le terrorisme, pour président (PS) du groupe d’amitié France-Tunisie du Sénat, Jean-Pierre Sueur.

Quelle est votre réaction à cette récompense ?
J’ai appris cette décision avec une grande émotion. J’aime beaucoup la Tunisie. Je suis jour après jour ce mouvement magnifique qui pour la première fois dans un pays arabe, musulman, a crée une vraie démocratie. Cette démocratie est due aux acteurs politiques mais aussi aux acteurs de la société civile. L’UGGT (Union générale tunisienne du Travail), l’UTICA (Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat), la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, l’ordre des avocats qui sont aujourd’hui récompensés à juste titre. Ils ont beaucoup travaillé. Je connais la Ligue tunisienne des droits de l’Homme depuis longtemps et leur mérite est grand. C’est vraiment une satisfaction.

La Tunisie a été frappée cette année par deux sanglants attentats (le musée du Bardo le 18 mars et la plage de Sousse le 26 juin). Le processus démocratique reste fragile.
Ces attentats ont eu un effet terrible. Je suis allé en Tunisie il y a quelques jours, pensez qu’aujourd’hui 50% des hôtels sont fermés et 80% pour les hôtels du sud du pays. Les terroristes ne supportent pas la Tunisie. Ils ne supportent pas que ce pays se soit doté d’une Constitution qui proclame l’égalité de l’homme et de la femme. Ces gens là cherchent à porter atteinte à ce mouvement pour la démocratie. C’est pourquoi  que je me réjouis que ce prix Nobel de la paix lui soit décerné. Ca va aider ce pays à tenir bon et à continuer sur cette voie.

Au-delà de l’attribution de ce prix Nobel, que peuvent faire la France et la Communauté internationale pour aider la Tunisie ?
J’ai écrit au président de la République François Hollande pour demander qu’il y ait une aide la plus grande possible de la France et des pays qui se sont engagés dans le processus de Deauville à l’égard de la Tunisie (ndlr, Le partenariat de Deauville lancé en mai 2011 par le G8 réuni les bailleurs internationaux et régionaux pour soutenir les pays arabes en transition). Vous savez que des prêts bancaires avaient été annoncés à des taux très intéressants. Il faut qu’ils soient mis en œuvre. De même, j’ai soutenu les efforts pour intensifier la coopération contre le terrorisme. Elle est en place. Bernard Cazeneuve y a beaucoup contribué en France. Ce prix Nobel doit être une incitation à être solidaire de la Tunisie tant sur le plan du développement économique, touristique, universitaire que sur le plan de la lutte contre le terrorisme.

Que faites-vous au Sénat pour renforcer cette coopération ?
J’en ai parlé en séance publique avant-hier. Lorsque le président de la République Tunisienne, Béji Caïd Essebsi, a été reçu au Sénat, il a parlé des étudiants tunisiens qui éprouvent de grandes difficultés à faire leurs études en France. Il m’a dit : « vous savez les étudiants tunisiens vont là où on les accueille et on les accueille très facilement en Chine ou au Canada ». Il faut que la France fasse tout ce qu’elle peut pour accueillir dans de bonnes conditions qu’ils viennent de Tunisie ou du monde. Parce que les jeunes qui font leurs études chez nous sont après les meilleurs ambassadeurs de la France. C’est très important pour l’avenir.