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Le projet des Républicains, voulu par Nicolas Sarkozy, n’engagera pas Alain Juppé

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François Vignal
Le 13.02.2016 à 14:34

Les Républicains sont rassemblés en Conseil national pour débattre de la ligne du parti. Nicolas Sarkozy va proposer un projet aux militants. Mais chez les soutiens d’Alain Juppé, on prévient qu’il ne l’engagera pas s’il remporte la primaire…

« C’est un mini programme. Il est édulcoré pour l’instant » explique une femme à l’entrée du hall du parc des expositions, porte de Versailles, à Paris. Il ne s’agit pas du programme des Républicains, mais le déroulé du Conseil national du parti, qui se réunit ce samedi et dimanche. Objectif : débattre de la  ligne du mouvement et élire le nouveau président du CN, Luc Chatel ou Michèle Alliot-Marie. Le premier a remporté le scrutin (voir notre article sur le sujet).

« Il est venu le temps de dire qui sommes nous et ce que nous voulons pour la France » a expliqué Nicolas Sarkozy (voir la vidéo), qui a lancé un appel au rassemblement (voir notre article). « Le but est de clarifier notre philosophie politique et de préciser nos orientations stratégiques sur le fond comme sur la forme ». C’est Nicolas Sarkozy qui présentera un texte sur lequel les adhérents auront à se prononcer au mois d’avril.

Saint-Valentin pour Juppé

Mais pour les soutiens d’Alain Juppé, autant dire que Nicolas Sarkozy parle dans le vide.  La demande de débat de fond avait  pourtant été formulée par François Fillon et Alain Juppé, après les élections régionales. Nicolas Sarkozy avait  pris aux mots ses concurrents de la future primaire, proposant de débattre en février.

Mais sur la liste des intervenants donnée à l’entrée, le  maire de Bordeaux ne figure pourtant pas. Présent ce samedi, il ne sera même pas là dimanche. Explication : « C’est la Saint-Valentin demain et il un engagement privé de très longue date » explique-t-on sérieusement dans l’entourage d’Alain Juppé. Les juppéistes sont décidément très occupés. Un autre : « Il y a France-Irlande cet après-midi à 15h30 alors… » Alors cause toujours, tu m’intéresses. Voilà, simplifié et résumé, le message envoyé à Nicolas Sarkozy.

« Le texte qui sortira n’engagera pas les candidats » (un proche d’Alain Juppé)

Pour l’équipe du candidat favori de la primaire des Républicains, ce Conseil national n’est pas le lieu pour définir le programme du futur candidat des Républicains à la présidentielle. « Ça ne se passe plus dans le parti, ça se passe aux primaires, qui est l’espace principal pour définir la ligne. Ce n’est pas là que ça se passe » affirme le député Benoît Apparu, soutien d’Alain Juppé. Un autre proche, sous couvert d’anonymat, est plus direct : « Le texte qui sortira n’engagera pas les candidats. Il y a un socle, mais ce n’est pas Nicolas Sarkozy qui décide ce qu’il y a dans le socle et ce qui n’y est pas ». « Il n’y a pas de débat. Il y a une succession de discours de chapeaux à plumes. Ce n’est pas là que se décide la présidentielle » explique un autre juppéiste, qui fait remarquer que « Nicolas Sarkozy, en 2012, a jeté aux oubliettes le projet que Bruno Le Maire avait fait pour le parti. Et selon les statuts, si Juppé gagne la primaire, il devient président du parti ». Et il fera alors ce qu’il veut. Bruno Le Maire justement, ne dit pas vraiment autre chose : le parti donnera « un cadre général, mais le projet précis » viendra « du vainqueur de la primaire. La démocratie, c’est le peuple, qui décide ».

Dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, on minimise cette divergence de point de vue : « Chacun sa stratégie. Ça fait partie du jeu de la primaire ». On souligne que « c’est un peu paradoxal » de demander un débat sur la ligne, sans vouloir y participer le jour où ce débat est organisé. Autre sujet de discorde entre sarkozystes et juppéistes : les investitures pour les législatives. Les premiers veulent tout régler avant l’été, les seconds veulent voir ça après la primaire.

La primaire change en réalité le rôle des partis politiques, qui « perdent leur monopole pour forger les corpus idéologique et la désignation des candidats » analyse un proche d’Alain Juppé. La présidentialisation de la Ve République encourage cette évolution. Les Républicains se retrouvent en réalité dans la même problématique que celle qu’avait connue le PS, en 2007 et 2012 : le programme du parti engage-t-il le candidat désigné ? « Nous ne voulons pas ressembler au PS » a dit ce matin Nicolas Sarkozy. De toute évidence, pas sur ce point.