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PS : les aubrystes promettent «un débat franc et sans concession» avec El Khomri

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François Vignal
Le 07.03.2016 à 14:47
PS : les aubrystes promettent «un débat franc et sans concession» avec El Khomri
Martine Aubry, maire PS de Lille et Gilles Pargneaux, secrétaire national du PS.
© AFP

Le bureau national du PS, en présence de Myriam El Khomri, s’annonce mouvementé ce soir. Martine Aubry, qui rejette le projet de réforme du code du travail du gouvernement, devrait prendre la parole face à la ministre.

Alerte orange sur la rue de Solférino. Le bureau national (BN) du PS, ce mardi soir, devrait être animé. La ministre du Travail, Myriam El Khomri, vient défendre devant ses camarades la réforme du code du travail qu’elle porte. Elle aura avant cela passé la journée à recevoir les organisations syndicales, aux côté du premier ministre.

Réunis derrière les murs du siège du Parti socialiste à partir de 18 heures, les socialistes devraient se dire les choses. Et les amis de Martine Aubry ne vont pas au BN pour regarder les mouches voler. « Le débat sera le plus franc possible et sans concession » assure à publicsenat.fr Gilles Pargneaux, un proche de la maire de Lille. « Nous l’avons dit dans une tribune. On est, conformément à nos convictions, dans la proposition, pas la critique » assure-t-il. La tribune publiée dans Le Monde et cosignée notamment par Martine Aubry, est pourtant un réquisitoire contre la politique économique et social du gouvernement. « Que restera-t-il des idéaux du socialisme lorsque l’on aura, jour après jour, sapé ses principes et ses fondements ? » demandent les auteurs du texte. L’ancienne ministre du Travail de Lionel Jospin pourra répéter ses critiques ce soir. Elle prendra « vraisemblablement » la parole face à l’actuelle détentrice du poste.

« L’objectif est de développer un projet gagnant pour la gauche et une candidature socialiste à l’élection présidentielle »

Les aubrystes ne veulent officiellement qu’une chose : modifier profondément le texte. « Quand on fait de la politique, on doit faire en sorte qu’un débat puisse permettre de faire évoluer les choses. C’est le sens de la tribune. Faire en sorte de faire gagner la gauche. L’objectif est de développer un projet gagnant pour la gauche et une candidature socialiste à l’élection présidentielle » explique Gilles Pargneaux. Il y a dix jours, Martine Aubry s’est convertie à l’idée d’une primaire à gauche pour désigner le candidat pour 2017…

Depuis plusieurs jours, les opposants au texte font entendre leurs voix. L’ex-ministre PS Benoît Hamon, devenu député frondeur depuis son départ du gouvernement, a appelé lundi matin sur RTL au retrait du texte. « Cette étape serait sans doute la meilleure mesure, même si j'attends de voir les propositions que (la ministre Myriam El Khomri) fera pour améliorer ce texte » a-t-il affirmé.

Membre du bureau national, Gérard Filoche pourra expliquer en face à la ministre tout le mal qu’il pense du texte. Cet ancien inspecteur du travail, figure peut-être la plus à gauche du PS, a encore appelé ce matin sur Twitter au retrait du texte. Il dénonce la « trahison » de François Hollande et souhaite « qu’il échoue » sur cette réforme.

Départ de la direction

Les aubrystes pourraient ce soir officialiser leur départ annoncé de la direction du PS, en lâchant leurs postes de secrétaires nationaux. A moins d’une surprise. Une rencontre est prévue à ce sujet avec Jean-Christophe Cambadélis. Le premier secrétaire, qui avait rassemblé derrière lui les amis de Martine Aubry comme ceux de Valls ou Hollande lors du congrès de Poitiers, souhaite voir la loi travail « rééquilibrée ». Une synthèse est-elle possible ? La tâche du premier secrétaire sera de garder tout le monde dans la famille. Mais celle-ci est de plus en plus décomposée.

Dimanche, le député Malek Boutih, un soutien de Manuel Valls, a tenté de « relativiser » la mobilisation contre le projet de loi. « Je ne pense que ce soit la bataille cruciale du quinquennat » a-t-il dit sur Radio J, « j'ai l'impression que ce sont des batailles d'arrière-garde ». Manuel Valls pourra porter sa bonne parole mardi matin devant les sénateurs PS, lors de leur réunion de groupe, puis devant les députés PS, réunis en séminaire sur la loi travail. Le premier ministre a promis dimanche des « améliorations » sur deux mesures qui concentrent les critiques : l'extension du licenciement économique et la création d'un plafond pour les indemnités prud'homales. Des « améliorations » qui devraient être insuffisantes pour les syndicats – tous demandent le retrait de la mesure sur les indemnités – et de nombreux socialistes.