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PS : premiers actes d’indépendance d’Harlem Désir

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François Vignal
Le 16.10.2012 à 13:27
PS : premiers actes d’indépendance d’Harlem Désir
© AFP
Le futur patron du PS, qui cherche sa place entre le gouvernement et les parlementaires, est favorable à l'introduction de la procréation médicale assistée dans le texte sur le mariage pour tous, contrairement à l’avis de l’exécutif. Il veut aussi revoir le mode de désignation du premier secrétaire.

Harlem Désir n’est pas encore officiellement premier secrétaire, mais il cherche déjà à prendre sa place. Il faut dire que le job n’est pas évident : difficile d’exister quand vous dirigez le parti qui est au pouvoir, surtout quand vous devez votre désignation au bon vouloir de quelques ministres et du chef de l’Etat. Le vote des militants, ce jeudi, ne vient qu’entériner ce choix.

Le conseil de Hollande à Désir : « Sois libre »

« Sois libre et redeviens toi-même », l’a pourtant encouragé François Hollande, comme le raconte le JDD. Pour Harlem Désir, c’est l’heure de la mise en application du conseil présidentiel. Interrogé sur i-Télé, il s’est dit favorable à l'introduction de « la procréation médicale assistée » (PMA) dans le texte de loi sur le mariage pour tous, alors que le gouvernement y est opposé. « Il s'agit d'une position du parti » et non d'un point de vue personnel, a précisé son entourage à l'AFP. Reste que les propos de l’ex-président de SOS racisme sonnent comme un premier acte d’indépendance, au risque d’apporter encore un peu de confusion dans la majorité, deux jours après les propos de Vincent Peillon sur le cannabis. « Le parti et les parlementaires peuvent enrichir l'action du gouvernement. (…) Il s'agit d'être une force de soutien, d'appui totalement loyale, mais aussi d'alimenter la réflexion et le travail législatif du gouvernement parce que nous sommes en lien avec la société », justifie-t-il.

« Harlem Désir recentre le PS en tant qu’acteur, et parfois aussi comme arbitre, à la convergence des groupes parlementaires. Il recentre le parti là où il doit être. S’il ne se faisait que le relais du gouvernement, il ne serait pas dans son rôle. Il lui appartient de trouver le bon équilibre », selon la sénatrice PS Laurence Rossignol.

« Cobaye d’une procédure », « mode de désignation qui laisse à désirer »

Deuxième idée lancée par Harlem Désir : « Proposer aux militants PS une modification du mode de désignation » du premier secrétaire du parti, de sorte que cela ne donne pas le « sentiment d'un verrouillage ou de combinaisons internes », dit-il dans une interview au Monde daté de mercredi. « Aujourd'hui, seuls les premiers signataires des motions peuvent se présenter au poste de premier secrétaire. A l'avenir, je souhaite donc qu'il n'y ait pas de limitation des candidatures », déclare-t-il. Il souhaite revenir « à l'esprit » d'une réforme de Lionel Jospin en 1995, « le vote direct ». Une déclaration qui ne manque pas de sel. Pas encore totalement premier secrétaire, Harlem Désir se paie le luxe de remettre en cause un processus encore en court. Il souhaite revoir les règles du parti qui ont pourtant été votées par les militants en 2010. Sa prédécesseur Martine Aubry appréciera. Mais pour Laurence Rossignol, rien d’étonnant : « Il a été le cobaye d’une procédure testée pour la première fois sur lui, il est normal qu’il en tire le bilan ».

Le sénateur PS François Patriat n’est pas non plus surpris de ces prises de parole : « Harlem Désir a assez de tempérament et de personnalité pour s’exprimer à titre personnel. Il n’est pas un premier secrétaire sous tutelle ». « Son mode de désignation laisse à désirer, si je puis dire, mais la fonction va permettre à l’homme de l’assumer », ajoute le sénateur, qui néanmoins « attend Harlem sur le budget, les grandes questions. Là, on verra ce qu’il dit ». Et s’il trouve totalement sa place entre le gouvernement et les parlementaires.

 
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