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PS : tous derrière Désir… ou presque

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François Vignal
Le 12.09.2012 à 20:25
PS : tous derrière Désir… ou presque
© AFP
Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault ont choisi Harlem Désir pour prendre la tête du PS. Les tractations sont allées bon train pour représenter chaque écurie et courant. La gauche du parti s’est divisée. Les militants voteront sur six motions, mais le résultat ne fait aucun doute.

Martine Aubry a de l’humour. Quand elle arrive pour le Conseil national du PS en compagnie de Jean-Marc Ayrault, d’Harlem Désir, son futur successeur, de Guillaume Bachelay, futur numéro 2 et d’Olivier Faure, futur porte-parole, la maire de Lille lance à la presse : « Il y a rarement eu autant de démocratie au PS. D’habitude, ça se règle à 4 ou 5 dans l’ombre. Là, tout le monde a pu donner son avis ». Tout le monde, c’est Martine Aubry, Jean-Marc Ayrault, François Hollande et les quelques poids lourds du parti : Le Foll, Peillon, Moscovici, Valls. Or le sentiment dominant avant le congrès de Toulouse d’octobre est bien le manque de démocratie interne.

Ce matin, la premier secrétaire et le premier ministre ont officiellement dévoilé le nom du prochain patron du PS : Harlem Désir, actuel numéro 2. Il a remporté la mise face à Jean-Christophe Cambadélis, qui avait la préférence de Martine Aubry. Par leurs votes, les militants n’auront qu’à valider ce choix. Face à l’écrasante motion majoritaire, menée par Harlem Désir, cinq motions, qui n’ont aucune chance de l’emporter, ont été déposées au final : à la gauche du parti, la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, opposée au traité budgétaire européen, dépose son texte avec Emmanuel Maurel. Le conseiller régional d’Ile-de-France explique que face aux « choix stratégiques pour le reste du quinquennat, il faut poser le débat maintenant ». Surprise, Gérard Filoche, qui n’a pu s’entendre avec Marie-Noëlle Lienemann, a aussi déposé sa motion. Tout comme le sénateur de la Nièvre Gaëtan Gorce, afin de « ne pas laisser les apparatchiks du parti reprendre le pouvoir ». Autres motions, celle de Stéphane Hessel et celle de Constance Blanchard (jeune conseillère nationale du PS et ex-présidente du syndicat lycéen UNL).

« Jeu de construction »

« Nous souhaitons un rassemblement très large », a expliqué Jean-Marc Ayrault, avec « une motion qui va j’espère rassembler une large majorité du PS ». Il s’agissait « d’éviter les querelles de personnes ». Evidemment, il donne « toute (sa) confiance » à Harlem Désir. L’ex-président de SOS racisme se dit « très honoré ». Il entend « poursuivre la rénovation sur la parité, le non-cumul, le renouvellement », soit l’œuvre d’Aubry. Voilà pour les échanges d’amabilité.

Reste que le « dispositif humain », comme on l’appelle au PS, n’a pas été trouvé sans difficultés et coups de fil à répétition… Les porte-paroles devraient être au nombre de trois : David Assouline, Olivier Faure (proche de François Hollande et ancien conseiller de Jean-Marc Ayrault) et Karine Berger. Pour le conseil national, Parlement du parti, la représentation de chaque courant ou écurie a été l’objet de nombreuses tractations. « C’est comme un jeu de construction. On met un morceau mais quelque chose ne va pas, alors on change », illustre un proche de Martine Aubry. Quant aux secrétariats nationaux thématiques, si Martine Aubry aimerait en garder l’armature actuelle, un ministre pense « qu’Harlem voudra imprimer sa marque ». Et les femmes dans tout ça ? Marie-Pierre de la Gontrie, proche de la maire de Lille, s’inquiète déjà « d’une parité de façade »…

Hamon : « Si j’allais à la motion, on ouvrait une crise politique »

La gauche du parti s’est divisée : deux motions et des amis de Benoît Hamon qui, pour l’essentiel, soutiennent la motion majoritaire. « Un congrès, c’est tous les 3 ans. L’occasion de faire réussir la gauche, tous les 15 ans et une crise comme celle là, il y a en deux par siècle », justifie Benoît Hamon. Le ministre de l’Economie sociale et solidaire, qui a un temps hésité à soutenir la motion Aubry-Ayrault, ajoute : « Si j’allais à la motion, on ouvrait une crise politique dans la majorité au bout de quatre mois. C’était irresponsable ». Benoît Hamon insiste pour expliquer que son courant Un monde d’avance ne s’est pas divisé : 27 des 30 parlementaires et ses « 12 premiers fédéraux » le suivent. A l’Assemblée, ils seront en revanche libres de voter contre le traité budgétaire européen. Un soutien d’Hamon explique : « Ce sera déjà un symbole fort. On ne va pas en plus claquer les portes dans la maison. On n’en est pas à faire pipi pour marquer notre territoire »…

Comme pour rassurer ceux qui grincent devant le manque de démocratie, Harlem Désir n’a qu’un mot à la sortie du conseil national : débat. « Nous allons débattre », « le PS est un parti de débat », « je vais aller dans les fédérations pour débattre avec les militants ». « Tout le monde a rendu hommage à tout le monde », se réjouit Martine Aubry. Lundi soir, un hollandais un peu lassé était moins dans le ton Bisounours : « Tout ça commence à devenir ridicule »...