Le PS travaille à sa « mutation » en vue de 2012

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François Vignal
Le 13.04.2010 à 13:20
Le PS travaille à sa « mutation » en vue de 2012
Benoît Hamon, Martine Aubry, Arnaud Montebourg et Jean-Louis Bianco, en septembre dernier.
© AFP
Arnaud Montebourg affirme que le candidat du PS à la présidentielle devrait être connu « à la mi-octobre 2011 » au terme de primaires ouvertes. La rénovation du parti ne se fait pas sans tensions, notamment sur la question du non-cumul.

Au Parti socialiste, la rénovation est en marche. Arnaud Montebourg, qui a la charge de conduire les travaux, présente aujourd’hui lors du bureau national les premières propositions, avant de rendre son rapport le 1er juin. « La gauche est en train de se transformer à vitesse accélérée » a assuré Arnaud Montebourg ce mardi matin au micro de France Inter. Une « mutation », selon le député, « qui va nous amener à créer un nouveau parti socialiste ».

Morceau de choix, les primaires. Montebourg les veut « ouverte et populaire ». Via une « participation », tout membre du « corps électoral » français aura son mot à dire dans la désignation du candidat. Du PS ou de la gauche ? Tout dépend des autres formations. Mais la porte reste ouverture « aux partis politiques de gauche », assure Arnaud Montebourg. Reste le choix de la date.

Le projet, Aubry et la société du « care »…

Martine Aubry l’a dit, 2010 doit être pour le PS l’année du projet. Autre grand chantier des socialistes avec la rénovation du parti. Quatre conventions thématiques et des forums sont prévus. Pierre Moscovici mène déjà les travaux de la commission sur le  nouveau modèle de développement. Non sans raviver les antagonismes classiques entre droite et gauche du parti. Martine Aubry, elle, plante le début d’une vision de la société, à défaut d’un programme. Pour se forger un corps de doctrine, elle consulte et écoute intellectuels et universitaires. Dans un entretien à Mediapart, la première secrétaire dessine une piste : à la place « d’une société individualiste », la société du « care », pour « soin mutuel ». « La société prend soin de vous, mais vous devez aussi prendre soin des autres et de la société », explique-elle. Et de souhaiter « le passage du matérialisme et du “tout-avoir” à une société du bien-être ».

« Une chose est à peu près sûre, c’est durant l’été 2011 que la campagne s’épanouira. (…) Nous pensons conclure à la mi-octobre 2011 », lance le socialiste, tout en n’excluant pas à des primaires avant l’été, qui ont la faveur de François Hollande ou Ségolène Royal : « C’est une discussion qu’on aura. (…) Ce n’est pas tranché ».

Le non-cumul : un handicap pour empocher le Sénat ?

A trancher également : le non-cumul. Théoriquement, il l’est. Les militant ont voté pour en octobre 2009. Mais son application risque d’être plus périlleuse. Certains y voient un risque qui empêcherait le PS de remporter le Sénat. Décider dès 2011 du non-cumul entre un mandat de parlementaire et un autre au sein d’un exécutif d’une mairie, d’un département ou d’une région, serait se tirer une balle dans le pied. A leurs yeux, la perte d’un mandat local rend plus difficile le gain d’un siège à la Haute assemblée, les sénateurs étant élus par les grands électeurs composés des élus locaux, principalement les maires.

La solution ? Décider d’appliquer le principe, mais après 2012… Arnaud Montebourg n’en veut pas. Il l’a dit ce matin : « Si on ne le fait ni en 2011, ni en 2012, pour le Sénat et l’Assemblée nationale, ça veut dire qu’on reporte tout ça à 2014 et 2017. Faire un référendum (auprès des militants, ndlr) en 2009 pour dire que nous allons appliquer une réforme en 2014 et 2017, ça parait quand même un peu curieux ».

Avec aussi au programme la création d’une autorité éthique, la diversité et la parité, la « mutation » du PS n’évitera pas les tensions. Le parti compte pourtant en passer par là dans sa perspective de reconquête.