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PSA : Jean-Marc Ayrault reçoit Philippe Varin, en ouverture d'une semaine cruciale

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Pierre GLACHANT (AFP)
Le 23.07.2012 à 12:24
PSA : Jean-Marc Ayrault reçoit Philippe Varin, en ouverture d'une semaine  cruciale
© AFP
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault reçoit lundi après-midi à Matignon le président du directoire de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, deux jours avant la présentation, en conseil des ministres, d'un plan de soutien à la filière automobile.

La semaine qui s'ouvre est cruciale pour Peugeot, dont l'annonce du plan de restructuration a bouleversé le calendrier social du gouvernement et continue de susciter de nombreux commentaires et interrogations dans la classe politique sur l'avenir de la filière automobile en France et en Europe.

La rencontre entre MM. Ayrault et Varin, prévue à 15H00, aura lieu peu après que le constructeur automobile français et le groupe japonais Toyota ont annoncé un accord de coopération.

Cet accord, dévoilé lundi matin, prévoit que PSA construira des véhicules utilitaires légers pour Toyota, ce qui pourrait être un signe favorable pour l'avenir du site de Sevelnord, à Hordain (Nord).

C'est d'ailleurs ainsi que Jean-Louis Borloo, député du Nord et président du groupe Union des Démocrates et Indépendants (UDI) à l'Assemblée nationale, l'a analysé, en se félicitant aussitôt de cet accord, dont l'importance est, dit-il, « considérable pour la région ».

Ces développements interviennent alors que le ministre du Redressement productif doit présenter mercredi en conseil des ministres un plan de soutien à la filière automobile.

Arnaud Montebourg avait dévoilé dès le 18 juillet les grandes lignes de ce plan. L'idée d'une nouvelle prime à la casse a été écartée. Le plan passera par un « soutien massif » aux véhicules « innovants et propres », en échange de « contreparties ».

Renault a fait des véhicules électriques un axe majeur de son développement, tandis que PSA privilégie l'hybride.

Juste avant le conseil des ministres, M. Ayrault recevra mercredi à 8H00 Carlos Ghosn, patron de Renault-Nissan, puis, le même jour à 18H30, Louis Schweitzer, président d'honneur de Renault.

De son côté, M. Montebourg recevra jeudi le président du conseil de surveillance de PSA Peugeot Citroën, Thierry Peugeot.

Peu après l'annonce, le 12 juillet, du plan de restructuration de PSA, qui prévoit la suppression de 8.000 emplois et la fermeture en 2014 du site d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), M. Montebourg s'était montré très sévère à l'égard de la famille Peugeot et avait remis en cause la stratégie du groupe.

Cette critique a suscité moult commentaires de l'opposition qui s'en est inquiétée. « Le comportement de M. Montebourg peut décourager des investisseurs », a répété lundi l'eurodéputée UMP Rachida Dati, sur Europe 1.

« PSA est une entreprise cotée et quand on est une entreprise cotée, on rend des comptes (...) Et s'il y a des dysfonctionnements, la justice doit être  saisie. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui », a-t-elle ajouté.

Le président des députés socialistes, Bruno Le Roux, a souligné sur RTL que « s'il y avait demain de l'argent public, cela ne peut pas être de la prime à la casse et cela ne peut pas être des primes ou des dispositifs qui n'ont pas rempli leur devoir d'efficacité ».

M. Le Roux a souhaité qu'un texte de loi, déposé par les socialistes en février dernier, sur la reprise des sites industriels, puisse revenir « le plus vite possible » devant l'Assemblée.

Ce texte, a-t-il rappelé, oblige les groupes à « regarder les propositions de reprise » lorsqu'ils veulent « se séparer d'un site industriel pourtant rentable ».

« On a financé (la filière auto) exactement comme la sidérurgie. On a mis des milliards sans se préoccuper de ce que les groupes industriels en faisaient », a déploré sur France 2 le secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Pascal Durand.

L'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino (UMP), a dénoncé sur BFM TV et RMC la politique d'un euro fort qui « a mis l'industrie à genoux ». « Si l'Europe veut défendre son industrie, a-t-il dit, elle ne s'ouvre pas sans contreparties (et) elle fait une politique monétaire raisonnable. »