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PSA Peugeot Citroën supprime 8.000 emplois et ferme l'usine d'Aulnay

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AFP
Le 12.07.2012 à 09:48
PSA Peugeot Citroën supprime 8.000 emplois et ferme l'usine d'Aulnay
© AFP

PSA Peugeot Citroën a annoncé jeudi l'arrêt de la production dans son usine d'Aulnay (Seine-Saint-Denis) en 2014 et la suppression de 8.000 emplois en France, provoquant de très vives réactions, Bernard Thibault (CGT) parlant de « séisme » et la droite de « côte d'alerte dépassée ».

La veille, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait dit redouter « un choc pour la nation ».

Le premier constructeur automobile français a mis en avant des pertes au premier semestre et une réduction durable des marchés en Europe pour justifier ces décisions radicales en matière d'emploi.

PSA prévoit « l'arrêt en 2014 des activités de production à Aulnay, qui emploie 3.000 salariés, le recentrage de la production en région parisienne sur Poissy et la revitalisation du site d'Aulnay », indique un communiqué.

PSA prévoit de proposer des postes à 1.500 salariés en interne et à 1.500 salariés dans le bassin d'emploi d'Aulnay « grâce aux actions de reclassement externe ».

Le site de Rennes (Bretagne) est aussi fortement touché par ce plan de restructuration avec 1.400 postes supprimés sur un total de 5.600 salariés, selon le communiqué.

Enfin, le groupe va également réduire ses effectifs hors production, « ce qui devrait conduire à la diminution de 3.600 emplois répartis sur l'ensemble des sites en France ».

Les représentants syndicaux de PSA, à qui sont actuellement présentées ces mesures, ont vivement réagi à ces annonces.

« La guerre est déclarée », a estimé Jean-Pierre Mercier, délégué CGT. Franck Don de la CFTC a qualifié de « dramatiques » ces annonces. « Nous sommes convaincus que la stratégie de montée en gamme va amplifier les pertes d'emplois en France », a-t-il déclaré à l'AFP.

La recherche et développement est touchée avec 1.400 suppressions de postes. « La baisse des effectifs en R&D est gravissime », selon Franck Don.

Sur France Inter, Bernard Thibault a évoqué « un séisme ». « Dès lors que Peugeot annonce la suppression de 8 à 10.000 emplois, il faut multiplier par trois, voire quatre, pour mesurer l'impact en terme d'emploi pour l'ensemble du pays », a indiqué M. Thibault, assurant que la CGT allait « réagir ».

Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, a jugé que « la cote d'alerte (était) dépassée ». « Il faut que le gouvernement sache que dans ce domaine, l'opposition au nom (de laquelle) je m'exprime ce matin, sera à ses côtés (du gouvernement) s'il s'agit d'assumer enfin que la priorité absolue pour notre pays, c'est la compétitivité de notre industrie ».

Le secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Pascal Durand, a mis en cause jeudi « les pouvoirs publics (qui) n'ont pas pris la mesure, anticipé, pensé à l'avenir », sur BFMTV/RMC.

Pour le maire PS d'Aulnay-sous-Bois Gérard Ségura la fermeture de l'usine de sa ville est « la chronique d'une mort annoncée, même si les choses ont été cachées pendant l'élection présidentielle », a-t-il dit à l'AFP.

Philippe Varin, le patron de PSA, doit s'exprimer devant la presse dans la matinée.

Cité dans le communiqué de PSA, il dit « mesurer pleinement la gravité des annonces faites aujourd'hui ainsi que le choc et l'émotion qu'elles provoquent dans l'entreprise et dans son  environnement ».

Mais « l'ampleur et le caractère durable de la crise qui affecte notre activité en Europe rendent désormais indispensable ce projet de réorganisation qui nous permet de dimensionner notre capacité de production à l'évolution prévisible des marchés », argumente-t-il.

Le constructeur, qui a déjà vu son bénéfice net divisé par deux en 2011, a enregistré une perte nette au premier semestre 2012, dont l'ampleur n'est pas précisée.

Sa division automobile a connu une perte opérationnelle courante de l'ordre de 700 millions d'euros au premier semestre. Il table à présent sur un recul du marché européen de 8% cette année, contre -5% auparavant, et de -10% en ce qui le concerne.

Avec ces mesures, il espère revenir à « l'équilibre du cash flow opérationnel à fin 2014 » et renforce ses mesures d'économies déjà mises en place.

A la Bourse, le titre PSA gagnait 1,34% après les annonces du groupe.