PSA : un « séisme économique »

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Florian Bourdier (avec AFP)
Le 12.07.2012 à 13:07
PSA : un « séisme économique »
© AFP
Tsunami dans l’industrie automobile française : ce matin, la direction de PSA Peugeot Citroën a annoncé un vaste plan de restructurations. Douloureux. 8 000 postes vont être supprimés en France, l’usine d’Aulnay va fermer ses portes d’ici 2014.

Parmi les 8000 postes supprimés, il y aura 6 500 départs nets. Un « véritable choc » pour Jean-Marc Ayrault qui a immédiatement demandé à la direction de l’industriel d’engager « sans délai » une « concertation loyale ».  Le premier ministre a également indiqué qu’Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, présenterait mercredi 25 juillet un « plan de soutien à l’industrie automobile » lors du Conseil des ministres.

Du côté de la direction de PSA, on estime que le groupe n’a pas besoin d’être renfloué. Malgré un premier trimestre affichant une perte nette, le président du directoire Philippe Varin a assuré que le groupe disposait «  d’une sécurité financière importante ». Il a fait valoir que « mettre de l’argent dans le groupe n’est pas ce qui remplira nos usines ».

Ce matin, Bertrand Delanoë estimait que « l’Etat devait protéger les employés » tout en mettant en garde les pouvoirs publics : « il ne faut pas soutenir à perte une production qu’on ne peut pas vendre ».

Fermeture à Aulnay, saignée à Rennes, dégraissage en Recherche et Développement

Le site PSA d’Aulnay compte actuellement 3100 postes et 300 intérimaires. Tous seront supprimés. Philippe Varin a cependant assuré que le groupe était « conscient de (ses) responsabilités au cœur du tissu industriel français » et que « cela (leur) donne des devoirs ». Il a ainsi promis que « personne ne serait laissé au bord du chemin ».

La moitié des employés de l’usine d’Aulnay sera reclassée en interne à Poissy, en remplacement progressif des intérimaires dont les contrats ne seront pas renouvelés. Ces derniers devraient rester au bord du chemin. Le reste des employés du site sera reclassé en externe, sans plus de précision. L’usine de Rennes-La Janais n’est pas en reste : 1400 emplois seront détruits.

Par ailleurs, les dirigeants de l’industriel automobile ont expliqué que l’essentiel des 3600 destructions de postes « hors production » toucheront les effectifs de structure : Recherche et Développement (1400 postes supprimés), direction des marques…

Un « séisme économique » en Seine St Denis.

L’usine d’Aulnay représente 3100 emplois directs qui sont ainsi condamnés, et 300 contrats d’intérimaires. Encore faut-il ajouter à ce chiffre les répercussions au niveau des sous-traitants et des bénéficiaires indirects d’une telle activité. C’est tout le bassin qui est menacé d’assèchement.

Bernard Thibault de la CGT l’expliquait ce matin : « dès lors que Peugeot annonce la suppression de 8 à 10 000 emplois, il faut multiplier par trois voire quatre, pour mesurer l’impact ». Pour Stéphane Troussel, le premier vice-président du conseil général de Seine St Denis, cette fermeture à Aulnay constitue « un séisme économique et social ».

Ceci étant, Philippe Varin a assuré que le groupe « construit un avenir pour Rennes ». La ville bretonne est également très touchée par la restructuration annoncée. 1 400 postes devraient être supprimés sur les 5 600 actuels. Le directeur industriel de PSA Denis Martin a ce matin « pris l’engagement d’un nouveau véhicule en 2016 » sur le site Rennes-La Janais. Selon des sources syndicales, il pourrait s’agir « d’un véhicule moyenne gamme, équivalent C4 Picasso ».

Après ces annonces, le titre de PSA a d'abord enregistré une progression de 1,37% à la mi-journée à la Bourse de Paris. Mais le cours de l'action a plongé dans l'après-midi pour atteindre son plus bas historique en fin de séance. Une descente amorcée alors que le ministre Arnaud Montebourg indiquait devant les sénateurs "ne pas accepter le plan en l'état".