Quand Alain Lambert fait de l’antisarkozysme sur Twitter

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François Vignal
Le 01.04.2010 à 16:12
alain lambert -
Le sénateur UMP de l’Orne n’arrête plus. Depuis la défaite de son camp aux régionales, il multiplie les attaques contre Nicolas Sarkozy sur Internet. Et milite même pour que le Président ne se représente pas !

En ce moment dans la majorité, les rangs se desserrent, la parole se libère. Conséquence directe de la claque des régionales. Si l’exécutif tente de ramener le calme, un parlementaire n’en a cure et continue l’opération main propre. Il est sénateur, UMP. Particularité : il réserve ses piques à Twitter. Son nom, Alain Lambert. Technophile confirmé et président du conseil général de l’Orne.

Depuis le deuxième tour des régionales, le sénateur suit le maelström hexagonal à distance. Depuis Singapour exactement, où il est parti voir ses petits enfants. Il n’en commente pas moins la vie mouvementée de la majorité. Attention, âmes sensibles, s’abstenir, Alain Lambert est en forme.

Le dernier tweet en date résume peut-être tous les autres. Un internaute s’adresse au sénateur :« @alainlambert fait de l'antisarkozysme primaire, le Mal progresse... Vite, un édito de Mougeotte en suppositoire! » Réponse d’Alain Lambert : « @MartinP_ : pourquoi primaire ? cela fait suffisant. "Tout court" aurait été plus convenable et plus vrai »… Le ton est donné.

Remontons à l’après second tour. Jusqu’ici Alain Lambert bride sa parole. La vague rose passée, les chiens sont lâchés : « Cela fait du bien de dire ce que l'on pense après 2 mois de diète ! », écrit le sénateur. Ça donne quoi ? D’abord le ton reste plutôt courtois : « Sarkozy soigne sa droite après la raclée des régionales L'Express - ‎Il y a 3 heures. C'est peut-être un peu tard, non ? » ; « Juppé n'exclut pas d'être candidat en 2012. Voilà qui mérite attention et ne condamne pas la droite et le centre à une seule solution ».

Puis Alain Lambert met clairement en doute la nécessité d’une candidature Sarkozy en 2012 : « @jb_r : Pourquoi l'accabler de cette obligation à laquelle personne de bonne foi ne l'oblige. Pas même son épouse. » Alors que Xavier Bertrand annonce des primaires à l’UMP, il demande : « N'est-ce-pas une manière distinguée de libérer le PR d'une obligation qu'il est le seul à s'être fixée à lui-même ? » Ou encore : « L'idée de primaires divise la majorité http://tinyurl.com/yaeq5a5 Tout cela parce que personne n’ose dire que c’est le président le problème ». Alain Lambert va jusqu’à écrire « qu'un point de non retour est atteint »…

Décryptant le discours de François Fillon en clôture du séminaire des parlementaires UMP lundi, il lance : « RT : @NeilaLatrous "Gouverner, ce n'est pas tourner au vent comme une girouette". Mais à qui s'adresse Fillon ?// Il parle pour le chef !!! » Entre deux piques, Alain Lambert se prononce « pour un audit des finances publiques 6 mois avant les prochaines élections présidentielles ! »

Les saillies de l’ancien ministre du Budget du gouvernement Raffarin donne même des idées à certains : « @alainlambert ne voudriez-vs pas vs présenter en 2012? Élu, vous live-twitteriez les conseils des ministres. Du LOL en barre assuré. » Ce qui amuse l’intéressé : « @anthonyLEROI : Oui, vous pourriez lancer un comité de soutien à ma candidature. A mon avis vous ferez l'objet d'un internement d'office ».

Alors Alain Lambert, nouveau super héros de l’antisarkosysme de droite ? « @jb_r : Je ne suis pas fâché avec le PR mais simplement je dis ce que je pense et il parait que cela ne se fait pas. S'écrit encore moins ». Pas fâché. Mais sacrément culotté.

 
qMEWUHMBdKFDka
Www publicsenat.. Bang-up :)
jean
cet élu ump dit tout haut ce que les autres hypocritement pensent tout bas attention à la punition l'extrème droite monte grâce a sarko réagissez a tote cette hypocrisie
Alexis
Voila de l'information qui fait réfléchir, car elle émane d'un élu important de l'UMP, qui n'a pas la langue de bois ni le souci de plaire au pésident.Il est bon que des parlementaires, à droite comme à gauche, nourrissent par leurs libres propos le débat démocratique.
Politics
Il n'est pas étonnant de voir qu'à l'heure actuelle tout le monde flingue Sarkozy,résultats des régionales obligent.... Renaissance manifeste du FN,l'UMP et ses partisans qui ne savent plus quelle direction suivre comme des naufragés.... Les socialos exultent et croient que Sarko va mordre la poussière,il lui reste deux ans de présidence il me semble et la plupart des Français l'ont élu en 2007,NON? La société française s'illustre encore une fois par sa mauvaise foi. Vous l'avez élu Sarko...A bon entendeur..
J-Marc du 94
Comme Max GALLO, je devine dans cet antisarkozisme des raisons qui n'ont rien à voir avec le débat d'idées ou même avec un quelconque antagonisme lié au modus opérandi du président de la république. Non, les périphrases sont ici trop révélatrices d'une rancœur exacerbée par des raisons probablement moins nobles. Le "milieu du gué" a par ailleurs toujours été très mal vécu par les partisans d'une démocratie à l'applaudimètre. Les "laissé-pour-compte" de l'ouverture peuvent aussi nourrir à droite des rancunes tenaces, surtout paradoxalement en bas de classement. Entre les lignes, nous aurons bien compris que Monsieur Alain LAMBERT, juge le président méprisant, désinvolte, irrespectueux, déloyal, naïf et looser. Pas un mot sur le bien ou mal fondé de ses réformes. Ca s'appelle de l'invective.
Ben ALY
cher J-Marc il y a deux façon d'aborder une lecture,le fond ou la forme en ce qui me concerne je me preocupe du fond du texte de Mr Alain Lanbert, trouvez lui les etats d'ame,les rancoeurs, que vous voulez mais il a raison, peut etre pas sur tous les points.Aujourd'hui si le candidat c'est N.Sarkozy autant rendre le tablier tout de suite à la gauche,aucun des reformes engagées n'a aboutie alors Mr A.Lambert a RAISON et ça s'appele courage un mot banni en politique.merci Mr LAMBERT
J-Marc du 94
Cher Ben ALY. Contre toute attente, il n'y a pas eu d'alternance à gauche en 2007 et nous avons eu le président le mieux élu de la 5eme république. Le programme était ambitieux et la crise est venue avec ses surenchères sociales. Le président fusible a permis à François Fillon, Christine Lagarde et quelques autres de maintenir un cap difficile à tenir. J'aimerai débattre avec vous des réformes passionnantes et indispensables que ce gouvernement est en train d'accomplir aussi insignifiantes qu'elles puissent paraître. Sachez par exemple qu'il aura fallu en Belgique l'odieux scandale de l'affaire DUTROUX et des centaines de milliers de gens dans les rues pour que la Police et la Gendarmerie soient enfin rassemblés dans un même corps comme ce qui est en train d'être fait en France douloureusement certes, mais courageusement. Mais je vous comprend, moi aussi je doute, même si je sais que démocratiquement j'ai élu un président pour cinq ans. Sauf que moi, à mi mandat, comme dirait M. Alain LAMBERT, j'ai choisi "de me taire, considérant qu'il ne fallait pas pénaliser un président et un gouvernement déjà à l'épreuve sur le front". En tout cas, je trouve paradoxal ou suspect que M. Alain LAMBERT songe à faire appel à des premiers ministres qui par le passé ont soit abdiqué ou battu eux aussi des records d'impopularité. Somme toute Nicolas SARKOZY n'est plus ni moins qu'en train de finir le sale boulot qu'ils avaient commencé avant lui. Sinon, j'avoue qu'il faut effectivement un certain courage pour tirer sur un président qui n'est soutenu que par 27 pour cent de la population.
Alain Lambert
Une petite remarque d'abord, les titres connotent fortement les articles. Or celui choisi, en la circonstance, est issu d’un tweet émanant d’un compte à la gloire de … Lionel Jospin ! Il va de soi que l’auteur du tweet originel n’est pas le mieux placé pour commenter ma relation avec le Président de la République. Président que j’ai soutenu, dès 1992 et surtout en 1995 lorsqu’il était très isolé, en tous cas bien avant l’immense majorité de la Cour qui le flatte aujourd’hui et l’entretient dans une perception de la France qui n’est pas celle qui est la mienne. Pendant toute la campagne régionale, je me suis tût, considérant qu’il ne fallait pas pénaliser nos candidats méritants déjà à l’épreuve sur le front. Me réservant d’attendre afin d’observer les résultats pour les analyser lucidement. Le temps est venu de le faire. Qu’avant-nous entendu pendant la campagne : des électeurs déboussolés, se sentant méprisés, tenus pour quantité négligeable, et priés d’applaudir à des décisions aussi discutables que des taxes nouvelles, l’ouverture à gauche débridée, des paroles aussi surprenantes que « le parlement, je m’en fous, j’ai décidé ». Bref un comportement désinvolte, irrespectueux de ceux qui avaient porté à la présidence de la France un homme dont le premier geste fût de se rendre au … Fouquet’s ! Quel symbole ! Pour ma part, j’ai toujours considéré qu’il était plus loyal de dire ce que l’on pense. Même si ce n’est pas la pratique courante dans ce milieu. Si le Président de la République n’est pas seul en cause dans l’échec des régionales, il l’est pour une partie non négligeable. Et quel ne fût pas mon émoi quand j’ai entendu le concert d’hypocrites se déclencher, dès le lendemain, pour dire qu’il était notre sauveur à tous et qu’il fallait surtout tous nous rassembler derrière lui comme irremplaçable candidat pour 2012. Mon avis est qu’aujourd’hui il n’est pas en situation de faire gagner nos idées en 2012. Alors à quoi sert de le lui faire croire ? Sauf à le faire persister dans ses méthodes qu’il croit bonnes depuis 3 ans et qui nous entrainent tout droit dans l’abîme. Je pense au contraire nécessaire que ceux qui sont capables d’assumer cette fonction se préparent à prendre la relève, s’il vient à dévisser complètement, ce qui n’est pas totalement à exclure. Faisons simple, pourquoi les premiers ministres : Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, Dominique de Villepin, et François Fillon ne se rencontreraient pas pour envisager toutes les éventualités. Il n’est pas impossible qu’ils aient une vision différente des choses, mais au moins la réflexion se mènerait sans tabous et surtout dans l’exclusif intérêt supérieur du Pays. Sans doute suis-je naïf. Mais je ne pense pas que dire sa propre vérité à soi soit coupable dans la politique. Sans vouloir imposer sa vérité aux autres !
phil ozof
La perversion en politique Cette page est destinée à susciter la réflexion autour d'un phénomène psychologique encore mal connu, la perversion narcissique et identifié notamment par Racamier. Nous avons cité ici des passages de deux ouvrages de Hurni et Stoll qui lui ont succédé dans l'étude des caractéristiques de cette pathologie : Saccages psychiques au quotidien = SPQ (l'Harmattan 2002) , la Haine de l'Amour = H A (l'Harmattan 2006). La lecture entre autres de ces ouvrages est indispensable pour mieux cerner la personnalité perverse. Certains passages de ces deux ouvrages dont le plus récent a 14 ans me semblent à certains égards prémonitoires de ce qui se passe dans la société française. La sélection des extraits cités est guidée par le critère suivant : en quoi la pathologie perverse pourrait avoir un impact sur certains comportements ou décisions politiques et par voie de conséquence sur la société dans son ensemble. L'objectif est de fournir une grille de lecture que chacun pourra ensuite utiliser pour se faire sa propre idée. Le phénomène pervers produisant à l'échelon du macrocosme de la société les mêmes effets que ceux constatés dans le microcosme d'une famille par exemple, où les victimes peuvent sombrer dans un isolement, une dépression qui peut aller jusqu'au suicide. Les déclarations récentes du médiateur de la république Jean-Paul Delevoye au Monde ne font que confirmer la thèse d'une société régie par des pervers narcissiques. « Racamier a perçu, en 1991, que les pervers étaient passés maîtres dans l'art du décervelage, non seulement au sein de leur famille, mais aussi à l'extérieur, "dans les institutions, des groupes et même des sociétés" » (SPQ p.328 ) Nous sommes pour notre part persuadés que ces mécanismes jouent un rôle non négligeable dans des phénomènes actuels touchant à la vie politico-sociale. Ils méritent en tout cas d'être étudiés, étayés et , le cas échéant, contestés. Ce serait là le jeu d'une pensée démocratique, libre et créatrice, donc non perverse. (SPQ p.330) Une première thèse rejoindrait celle d'un nombre croissant d'auteurs qui croient discerner dans notre société moderne l'avènement alarmant d'une nouvelle forme de totalitarisme, différent du nazisme ou du communisme, un totalitarisme soft ayant élevé la séduction au rang de modèle relationnel imposé, un totalitarisme sans chef, sans despote, et même, pourquoi pas, et ce serait là le plus terrible, sans buts.[…] Les dirigeants pervers, loin de s'efforcer d'aplanir ou de résoudre les conflits inhérents à tout groupement humain, vont au contraire s'employer à les amplifier, eux-mêmes se posant […] toujours à l'extérieur du désastre relationnel qu'ils déclenchent […]335ha Les dirigeants pervers disent toujours le contraire de ce qu'ils font : ils prétendent vouloir le bien des pauvres, répartir mieux les richesses, gérer plus efficacement les affaires, punir les escrocs, faire des économies. En réalité, ils n'énoncent ces slogans que pour leur vertu séductrice, voire comme incantation socialement hypnotique, et surtout pour la légitimité qu'ils s'accordent à eux-mêmes. (HA p.335) […] Le pervers défigure les problèmes qu'il prétend résoudre. Cette forme de séduction et de démagogie escamote et court-circuite le travail parfois ardu de la pensée et l'élaboration réaliste des difficultés; elle engage l'interlocuteur à son insu dans une forme d'idéologie. Ainsi le dirigeant pervers prétendra-t-il "réorganiser" alors qu'il veut désorganiser, « réunir » alors qu'il aspire à disloquer, « moderniser » alors qu'il ne souhaite que dévaster, « prévenir » alors qu'il ne songe qu'à précipiter, « apaiser » lorsqu'en réalité il excite. (SPQ p.329) Tous les dirigeants pervers ont régulièrement fait exactement le contraire de ce qu'ils prétendaient faire (l'ordre, rétablir la morale, faire des économies etc.) (HA p.348) Quelles sont les conséquences fonctionnelles de la perversion d'un grand groupe? L'auteur nous en livre un premier aperçu : « Les décisions les plus infimes sont renvoyées vers le haut. […] Cette propension du système à ignorer la délégation, à se soustraire à la décision en la renvoyant plus haut, en s'en remettant à la volonté d'un seul homme, lui coûtera finalement la vie. » (cette dernière citation mentionnée par Hurni et Stoll émane du livre de F. Thom : les fins du communisme , elle concerne... Lénine)
La rédaction de Public Sénat
Merci de votre réponse et de venir prolonger le débat et la conversation sur le site de Public Sénat.
Richard
Mr Lambert, je comprends votre position, mais pensez-vous vraiment que Nicolas Sarkozy peut dévisser ? Il est certes dans une mauvaise phase politique. Mais qui (de sérieux) pour le remplacer ? Villepin a de quoi séduire, mais je ne le vois pas passer devant Sarkozy en 2012. A moins...que le Président ne se représente pas. Vous y croyez ? Vous avez des infos ? Il y a les propos de Carla, ok, mais bon...Je n'y crois pas.
EMMA
(pardon mais on ne dit pas les "saillis" de l'ancien ministre ... mais les "saillies") Article intéressant Mais que se passe-t-il vraiment à droite ? Est-on encore en démocratie quand la parole semble tant bridée : les élus du peuples ont peur de s'exprimer librement ... brrr, ça fait froid dans le dos !
Michel
Et il va garder l'investiture UMP aux prochaines élections avec tout ça ? En tout cas je trouve ça courageux.

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