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Quelle stratégie pour Nicolas Sarkozy ?

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Julien Chabrout
Le 23.04.2012 à 18:17
Quelle stratégie pour Nicolas Sarkozy ?
© AFP
En 2007, Nicolas Sarkozy avait siphonné l’électorat du FN. Cinq ans après, le Président sortant a perdu une grande partie de ces électeurs. Pour l’UMP, il s’agit aussi de courtiser les 9,13% d’électeurs centristes qui ont voté Bayrou. Une équation difficile que doit résoudre le chef de l’Etat d’ici le 6 mai.

Pour une fois, l’UMP et le PS auraient presque les mêmes éléments de langage. Depuis la publication des résultats du premier tour, les deux principaux partis expriment le même objectif : convaincre, à leur manière, les 17,9% d’électeurs frontistes de voter pour leur candidat le 6 mai.

« Il faut entendre l’électorat du FN » a ainsi déclaré Manuel Valls ce lundi matin sur France Inter. Laurent Wauquiez ne dit pas autre chose: « C’est un devoir d’écouter le message des classes moyennes et populaires, un électorat qui souffre ». « Nicolas Sarkozy doit parler aux électeurs du FN » a renchéri Thierry Mariani, membre de la Droite populaire, sur le site de France Soir.

Nicolas Sarkozy avait fixé le cap dimanche soir. « Les Français ont exprimé un vote de crise. Ces souffrances et ces angoisses, je les connais et je les comprends. Elles portent sur le respect des frontières, la lutte contre la délocalisation, contre l’immigration, la revalorisation du travail, la sécurité pour eux et pour leur famille ».

« Nous allons organiser la fête du vrai travail »

Pour reconquérir l’électorat populaire, le chef de l’Etat a ressorti son thème de prédilection, le travail, qu'il considère comme une « valeur cardinale de la République », et qu'il oppose à « l'assistanat ».

Clin d’œil au FN – qui organise chaque année un défilé dans les rues de Paris à la même date – le président a annoncé lundi matin un « vaste rassemblement » le 1er mai. « Nous allons organiser la fête du travail, mais la fête du vrai travail, de ceux qui travaillent dur, de ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que, quand on ne travaille pas, on puisse gagner plus que quand on travaille » a-t-il déclaré.

Si tous les regards se portent vers le second tour, le 6 mai, l’UMP n’oublie pas les élections législatives qui auront lieu dans la foulée, les 10 et 17 juin. La « vague bleue Marine », pourrait à nouveau perturber l’UMP, contraignant des candidats UMP à des périlleuses triangulaires.

 « Le rêve de Marine Le Pen, c'est de faire perdre Nicolas Sarkozy et de faire exploser l'UMP » n’a d’ailleurs pas hésité à déclarer Thierry Mariani à Francesoir.fr. Un rêve que ne dément pas le secrétaire général du FN Steeve Briois, qui prédit « une recomposition politique autour du Front national », avec d'un côté le PS et de l'autre « sa vraie opposition. »

Pour la Droite populaire, la stratégie de Nicolas Sarkozy va dans le bon sens. « Les électeurs frontistes ont évidemment la clef » déclarent ainsi à Public Sénat Elie Aboud, député UMP de l’Hérault et membre du collectif. Et d’ajouter. « Les Français sont excédés du politiquement correct. On peut rester généreux et humanistes et contre des choses qui agacent les Français, comme l’assistanat ».

Ne pas oublier les électeurs centristes

Pour le président-candidat l’opération reconquête des électeurs frontistes tout en récupérant les électeurs de François Bayrou – qui pourrait ne pas prendre position – s’annonce délicate.

Dans cette optique, Jean-Pierre Raffarin, qui souhaite « faire entendre le message humaniste » a été envoyé en éclaireur. « Il y a, dans le projet de Nicolas Sarkozy, de quoi parler avec les électeurs de François Bayrou » a-t-il affirmé. « Nous pensons que les électeurs de Bayrou sont sensibles à ce qu'on peut proposer en ce qui concerne la discipline budgétaire et la protection du pouvoir d'achat par l'équilibre budgétaire en 2016 » a ajouté le vice-président UMP du Sénat, issu de la famille libérale, qui évoque aussi la question européenne. « Les électeurs de Bayrou ne seront pas naturellement tentés par la déconstruction européenne que proposent les amis de Mélenchon et de Hollande » a déclaré l’ancien Premier ministre, représentant des « Humanistes de l’UMP » qui souhaite « rassembler » la Droite populaire et les humanistes.

Le député-maire de Vitré Pierre Méhaignerie est sur la même ligne. Il lance lui aussi un appel du pied au candidat du MoDem et à ses électeurs. « Sur le fond, François Bayrou et son électorat sont plus proches de Nicolas Sarkozy et du centre-droit que de François Hollande » a déclaré l’ancien ministre de la Justice qui ne voit aucune impossibilité de concilier les deux électorats.

Un avis que partage Marie Anne Montchamp. « Il n’y a pas deux peuples de France. Le discours de Nicolas Sarkozy traite de l’ensemble des sujets et s’adresse à tous les Français » a affirmé la Secrétaire d'Etat aux Solidarités et à la Cohésion Sociale. S’adresser à tous les Français et convaincre deux électorats différents. C’est la difficile équation que devra résoudre Nicolas Sarkozy pour être réélu le 6 mai.