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Réforme de l'école : le premier ministre recadre Vincent Peillon

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Florian Bourdier
Le 14.06.2012 à 18:11
Réforme de l'école : le premier ministre recadre Vincent Peillon
© AFP
Vincent Peillon, ministre de l'éducation, a annoncé dans la journée envisager de rallonger les vacances de la Toussaint dès la rentrée prochaine. "Une piste" selon Jean-Marc Ayrault, le chef du gouvernement, qui désavoue l'annonce de son ministre de l'éducation.

Nouveau couac pour Vincent Peillon. Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a déclaré que le rallongement des vacances de la Toussaint était "une piste". Un recadrage du ministre de l'éducation nationale qui annonçait ce matin deux jours supplémentaires pour les congés scolaires dès l'automne 2012.

Si le gouvernement décide toutefois de mettre en place cette réforme, les vacances scolaires, initialement prévues du samedi 27 octobre au jeudi 8 novembre, devraient être étirées jusqu’au lundi 12. Une décision qui a déjà suscité des réactions du côté des associations des parents d'élèves.

Kays Idriss, responsable à la FCPE, principal syndicat de parents d’élèves l’assurait ce matin au sujet de la réforme annoncée : « nous sommes satisfait, car c’est une demande ancienne des parents d’élèves. Ils pourront mieux s’organiser tout en répondant à une nécessité pour le bien être des enfants ».

Pourtant Valérie Marty, présidente de la fédération des Parents d’Elèves de l’Enseignement Public, semble plus mitigée. « Cette annonce nous a beaucoup surpris, car elle a été prise sans concertation aucune. » Tout en étant d’accord avec le principe des deux semaines pour la Toussaint, elle s’interroge : « Il va falloir rattraper ces jours et raccourcir les vacances d’été en allongeant le troisième trimestre n’est pas une solution préférable ».

Les vacances favorisent l’apprentissage

François Testu, chrono-psychologue reconnu et professeur émérite à l’université de Tours, salue l’initiative du gouvernement. « C’est une mesure courageuse, que nous réclamons depuis plus de 20 ans ». Le spécialiste estime qu’il faut néanmoins rester vigilant : « ce qui compte, c’est que l’enfant en tire un bénéfice. Il ne faut pas qu’il se retrouve seul. Il y a des relais à prendre, comme des centres aérés ». Des recommandations que partage Valérie Marty : « cette décision unilatérale va désorganiser certains parents et les mairies devront proposer des solutions pour accueillir les enfants ».

Le premier trimestre, qui concentre 40% du temps scolaire est « beaucoup trop lourd et beaucoup trop long », selon le chrono-psychologue.  « La semaine et demi qui est la règle actuellement ne permet pas à l’enfant de se ressourcer ». Il ajoute, non sans malice, que « pour une fois, ce sont les enfants les maîtres du jeu et non plus les parents ».

Plus sérieusement, cet expert des rythmes de l’apprentissage chez l’enfant nous explique que le profit des vacances sera alors réellement accentué, même avec deux ou trois jours de plus.  « Il faut bien une semaine à l’enfant pour sortir du rythme scolaire, ce n’est qu’ensuite que les vacances et le repos commencent. Ce temps est indispensable, car il facilite l’apprentissage et l’adaptation à l’école, tout en donnant régularité et repères à l’enfant »

Premier pas vers une refonte de l’école

Bien qu’une majorité de la communauté éducative salue une mesure depuis longtemps demandée, certaines questions restent en suspend : l’organisation de la journée, de la semaine, la question des zones.

Le ministre de l’éducation Vincent Peillon a cependant assuré qu’il ne s’agissait que d’une première étape. Le gouvernement attend la fin des législatives pour proposer une révision générale du calendrier scolaire. L’objectif vise à mieux équilibrer la rythmicité de l’école, suivant un modèle de 7 semaines de travail, suivi de 2 semaines de congés. Le nouveau calendrier devrait être intégré, après concertation, à la loi de refondation de l’école, que le « ministre des élèves » souhaite faire adopter au plus vite. Peut-être un peu trop vite au regard de l'atténuation apportée en fin de journée par le chef du gouvernement.