Révolution verte pour l’automobile française
En sortant du Conseil des ministres, le gouvernement a détaillé son plan de soutien à la filière automobile. En assurant vouloir faire de la voiture propre « un objet de la vie quotidienne des Français, y compris les classes populaires et moyennes », le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg a annoncé un approfondissement du bonus écologique. Il souhaite une « renaissance de l’automobile française », et assure pour cela un soutien à l’innovation technologique dans le secteur, notamment au niveau des PME (sous-traitants).
Révolutionner la production automobile française
Les acheteurs de voitures électriques bénéficieront donc d’un bonus écologique de 7000€ – au lieu de 5000€ actuellement – les véhicules hybrides verront leur bonus passer de 2000€ à 4000€. En tout, cette mesure « à effet immédiat » devrait coûter 490 millions d’euros l’an prochain. Une somme « presque totalement compensée » par le malus affligeant l’achat de véhicules polluants, qui devrait être mis en place en 2013.
Afin d’accompagner cette « mutation technologique », le ministre a également assuré que seraient débloqués 60 millions d’euros pour équiper 12 villes de France en bornes de rechargement électrique d’ici 6 mois. Ces deux mesures ont vocation à rendre plus pratiques et plus accessibles les véhicules propres, y compris pour les foyers modestes, tout en réorientant la production automobile. Afin d’éviter un « effet d’aubaine », le ministre du redressement productif a également averti que les prix des véhicules devraient être maintenus, hors inflation.
Le changement de cap de la filière voulu par le gouvernement a été salué par la majorité, mais il reste « insuffisant » pour nombre d’observateurs. Le sénateur UMP Philippe Dallier a expliqué que concernant PSA, le nombre de véhicules propres actuellement produits n’atteint pas le chiffre de 6000. « C’est bien, mais ce n’est vraiment pas grand-chose et cela ne règlera pas le problème de l’urgence » regrette-t-il. Pour le jeune sénateur, la réponse du gouvernement « n’est pas à la hauteur » soulignant que le problème n°1 « était et reste la compétitivité ».
Le plan de soutien en chiffres :
Bonus écologique : 7000 € pour les véhicules électriques, 4000€ pour les véhicules hybrides. En tout, 490 millions d’euros en 2013, compensés « presque totalement » par le malus sur les véhicules polluants.
Les fonds « réorientés » :
350 millions d’euros de crédits « d’investissements d’avenir » pour soutenir les constructeurs.
450 millions d’euros pour des financements de « modernisation » des sous-traitants.
150 millions de la banque OSEO pour « soutenir » la trésorerie des PME sous-traitantes.
Les dépenses en plus pour l’Etat :
120 millions d’euros d’aides pour les PME qui créent ou maintiennent l’emploi.
50 millions pour la mutualisation de certaines actions de la filière.
50% des véhicules de l’Etat seront électriques : 5 millions par an de surcoût.
La compétitivité par l’innovation « à la française »
Effectivement, la révolution ne se décrète pas. Le gouvernement entend relever le pari de la compétitivité en misant sur l’innovation technologique. Il souhaite donc rendre mobilisables près de 600 millions d’euros pour les PME du secteur, via notamment la banque de financement OSEO. Cet apport de trésorerie s’adresse aux sous-traitants, et cible les investissements de « modernisation ».
Arnaud Montebourg a ainsi décrit sa « stratégie de musculation de la filière » en indiquant qu’une partie des fonds du « programme d’investissements d’avenir », 350 millions d’euros, serait réorientée vers les constructeurs pour le financement de laboratoires de recherche et développement, qui « devront être maintenus sur le territoire national ». Le gouvernement a également annoncé de la « pérennisation du crédit d’impôt Recherche ». Une posture saluée par Philippe Varin, le président du directoire de PSA Peugeot Citroën.
Au final, le gouvernement assure procéder à des « réorientations » de fonds plus qu’à de véritables dépenses. Arnaud Montebourg a souligné que ces dernières ne devraient pas excéder 175 millions d’euros. 120 millions sous forme d’aide à la réindustrialisation des PME qui créent ou maintiennent de l’emploi, 50 millions pour la mutualisation de certaines actions de la filière et 5 millions de surcoût de la dépense publique lié à la volonté d’accroître le parc automobile électrique de l’Etat. En effet, le ministre a assuré que l’Etat serait exemplaire, avec plus de 50% de l’acquisition de véhicules qui seront désormais électriques.
Du côté de l’opposition, ce plan de soutien peine malgré tout à convaincre. Jean-Marie Vanlerenberghe, sénateur centriste du Nord, exprime ses « doutes » sur la capacité des propositions du gouvernement à « combler la faiblesse de PSA en matière de compétitivité et de stratégie ». Il fustige notamment le coût du travail qui reste trop élevé. Une critique largement partagée à droite.





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