Racisme anti-blanc : « un débat habituel entre Saint-Germain des-Prés et le reste de la France »

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Par Public Sénat
Le 27.09.2012 à 13:52

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A la traîne dans la course à la présidence de l'UMP, Jean-François Copé organisait les journées parlementaires du parti. Interrogé par Public Sénat et LCP, l’actuel numéro 1 de l'opposition a tenu à assumer « la ligne politique d’une droite qui est décomplexée et qui dit les choses. »

Revenant sur les fortes réactions à ses propos sur le racisme anti-blanc, le secrétaire général de l’UMP a rejeté la polémique. « C’est le débat habituel entre Saint-Germain des-Prés et le reste de la France » a-t-il ironisé. « Saint-Germain des-Prés, avec le politiquement correct habituel qui vous dicte ce que vous devez penser et nous autres, au-delà du périphérique qui vivons, qui voyons » la réalité.

 « Il est temps maintenant que la droite républicaine, que la droite moderne assume de dire ce que l’on voit pour poser des solutions, » a t-il affirmé, balayant les accusations d’accointances avec les idées du Front National. « On ne va pas s’interdire de parler des problèmes qui engagent les Français. »

Valls, l’homme de droite selon Copé

Quelques jours plutôt, Marine Le Pen proposait l’interdiction du voile islamique et de la kippa. « A ceux qui viennent nous demander pourquoi on ne fera jamais d’alliance avec le Front National et bien vous avez la réponse. Parce qu’en réalité, cette vision là est une vision d’exclusion. Depuis quand est-ce que la laïcité en France, c’est l’interdiction des pratiques religieuses ? C’est le contraire même de la laïcité. Que je sache porter un signe ne porte pas atteinte à la République… »

Très critique envers le gouvernement,  Jean-François Copé s’est tout de même retrouvé  chez un opposant politique, Manuel Valls qu’il n’hésite pas à comparer à Nicolas Sarkozy. « Il a un discours de droite. Ce qu’il dit, c’est ce que nous disons aussi. » Sauf que l’ancien président « agissait. Lui pour l’instant, il parle ».

Alors Ayrault II, gouvernement de droite ? « Pas le gouvernement actuel, ce serait merveilleux. [Valls] dit qu’il va faire mais en même temps, dans l’arrière boutique gouvernementale, on a Madame Taubira, la ministre de la Justice, qui supprime la loi sur les peines planchers pour les récidivistes, qui supprime les tribunaux correctionnels pour mineurs délinquants, qui supprime notre programme de construction de places de prison supplémentaires. Je crains qu’il y ait double langage. »

« ni vainqueur ni vaincu » 

Jean-François Copé en a profité pour se différencier clairement de son opposant, François Fillon. « Je crois être plus à droite  que François Fillon, c’est assez clair », affirme t-il. Pour autant, le chef de l’UMP n’oublie pas ses vrais ennemis politiques, quitte parfois à se mélanger les pinceaux entre ses adversaires. « Mais quand je fais un débat avec François Fillon, ce ne sera jamais un débat comme face à Madame Hollande… à Madame Aubry pardon. Ou à Monsieur Hollande. »

Il le promet, en cas de victoire, une main tendue à François Fillon sera « une évidence ». D’ailleurs, s’il gagne, « il n’y aura ni vainqueur ni vaincu ». Une certaine gymnastique d’esprit pour expliquer qu’il ouvrira « grand les bras »  à son rival.

Du soutien scolaire estampillé UMP

Plus surprenant, Jean-François Copé appelle à « une Révolution civique » à l’UMP,  soulignant que « contrairement à François Fillon », il ne souhaite « pas attendre pour exercer des responsabilités », sous une forme visiblement moins politique. « L’UMP doit être aussi un parti de services civiques à l’endroit des Français. Qu’on leur propose concrètement du soutien scolaire, de l’aide aux victimes,  de l’accompagnement à la recherche d’emploi.  Que les permanences de l’UMP soient aussi dédiées pour nos sympathisants, nos militants, nos bénévoles à aider les Français, à un moment où les socialistes abandonnent les Français dans leurs vie quotidienne. »

Actif, Jean-François Copé a des faux airs de Nicolas Sarkozy. « Non, il n’est pas remplaçable » insiste t-il. « Quelle que soit sa décision [pour l’élection de 2017], je serais à ses côtés », explique Jean-François Copé. « Nous avons créé une relation singulière pendant cette campagne.  Ca a été très dur, je me suis donné à 1000% pour lui et on a tous vu, les militants et moi, un certain nombre de nos amis nous regarder de l’extérieur pour ensuite publier des livres le lendemain de la défaite, dans le quel nous expliquait qu’on avait vraiment très mal fait les choses. Bien sûr, je m’inspire de cette campagne mais enfin, les temps changent. »