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Au Raincy, Sarkozy parle sécurité et «pas pour les bobos du boulevard Saint-Germain»

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François Vignal, au Raincy (Seine-Saint-Denis)
Le 26.04.2012 à 15:22
Au Raincy, Sarkozy parle sécurité et «pas pour les bobos du boulevard Saint-Germain»
Nicolas Sarkozy, au Raincy.
© AFP

Lors d’un meeting en Seine-Saint-Denis, Nicolas Sarkozy s’est étonné de la mise en examen d’un policier pour homicide. Il demande «que le droit de la légitime défense évolue dans un sens plus protecteur pour les policiers» et souhaite «une présomption de légitime défense» pour les forces de l’ordre.

Il lui reste 10 jours pour faire mentir les sondages. Nicolas Sarkozy a tenu une réunion publique ce midi en banlieue parisienne, au Raincy (Seine-Saint-Denis), la ville du député-maire UMP Eric Raoult. Fidèle à son franc-parler, il chauffe les 5.000 personnes à sa manière : « Nicolas Sarkozy, c’est un type extra, un type qui en a ».

Comme à chaque meeting, l’arrivée de Nicolas Sarkozy prend des airs de son et lumière. La musique, qui n’est pas sans rappeler le thème de Star Wars, dramatise son entrée en scène. Alors plutôt Dark Vador ou Luke Skywalker Nicolas Sarkozy ? Depuis dimanche, il continue sur sa ligne droitière, qu’il a développée tout au long de la campagne. Objectif : récupérer le vote des 6,5 millions d’électeurs de Marine Le Pen du premier tour.

« Hommage » aux policiers

Il commence son discours sur le thème de la sécurité. Mercredi soir, des policiers ont manifesté sur les Champs Elysée, après la mise en examen d’un de leur collègue pour homicide volontaire d’un homme recherché. Nicolas Sarkozy consacre ainsi ses « premiers mots » pour « rendre hommage » aux policiers et gendarmes et leur exprimer son « soutien » et sa « confiance ». Il s’étonne de la mise en examen du fonctionnaire « avant même que l’enquête ait lieu ». « Je sais que la pensée unique va encore se déchaîner », dit-il. Il rappelle les chiffres : 53 policiers tués dans l’exercice de leur fonction en 5 ans et 1644 policiers blessés en 2 ans en Seine-Saint-Denis. Le candidat fait une « demande » : « Que le droit de la légitime défense évolue dans un sens plus protecteur pour les policiers et les gendarmes ». Il ajoute : « Il doit y avoir une présomption de légitime défense car dans un état de droit, on ne peut pas mettre sur le même plan le policier dans l’exercice de ses fonctions et le délinquant dans l’exercice de ses fonctions à lui ». « Je ne parle pas pour les bobos du boulevard Saint-Germain, mais pour les habitants de la Seine-Saint-Denis », lance-t-il sous les hourras de la foule.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, n’a pas tardé à réagir. Elle a salué une « victoire idéologique » de son parti. « Chaque jour, Nicolas Sarkozy puise dans mon projet », a-t-elle affirmé, tout en disant ne pas croire le candidat UMP.

Si la France doit rester « un pays ouvert », le candidat UMP répète son discours sur l’immigration, qu’il faut diviser par deux. Il refuse les étrangers qui viennent en France « pour les prestations sociales. Et veux les mêmes horaires de piscine pour hommes et femmes, les mêmes menus de cantines ou des médecins qui soignent aussi bien les hommes que les femmes. L’Islam n’est pas cité directement, mais le public comprend. « Nous ne voulons pas changer notre mode de vie », lance le candidat. Il attaque de nouveau le vote des étrangers aux élections locales, que promet Hollande : « Il ne cherche plus le vote populaire, mais le vote communautaire ».

« Etre traité de fasciste par les communistes, c’est un honneur »

Il justifie son adresse aux électeurs du FN. « Je vous respecte, je vous entends et d’une certaine façon je vous comprends », dit-il. « Va-t-on continuer à faire campagne au 2e tour comme si les Français n’avaient rien dit au 1er ? ». « Je serais devenu fasciste », réagit Nicolas Sarkozy, après la Une de L’Humanité le comparant à Pétain. « Etre traité de fasciste par les communistes, c’est un honneur ». Il répète qu’il ne veut pas d’accords avec le FN. « Je déteste le racisme, je déteste les antisémites, je déteste l’homophobie, je déteste ces sentiments stupides », insiste-t-il.

Dissertant sur le thème de la frontière, il en profite pour rappeler son refus de l’euthanasie : « Entre la vie et la mort il y a le mystère de la naissance et de la mort et en un sens, c’est sacré, non pas au sens religieux, mais pour le caractère unique de la vie ». Il parle, comme souvent dans ses discours, de la famille. Et de la sienne au passage : « Je sais qu’il existe des familles recomposées (sourire). Je vois qu’il y en a 3 ou 4 dans la salle. Je leur adresse un salue confraternel ».

« Voter Le Pen au 1er tour, une opinion comme les autres »

Dans le gymnase surchauffé et acquis à la cause de Nicolas Sarkozy, on apprécie le discours. « En tant que fils d’immigré polonais, je ne trouve pas sa position sur l’immigration choquante », dit Thomas, 19 ans, d’Aulnay-sous-Bois. Les militants et sympathisants interrogés ne pensent pas que le candidat UMP va trop loin dans la main tendue aux électeurs de Marine Le Pen. Au contraire. « Sur l’immigration, il a récupéré les bonnes idées qu’il y avait au FN, et laisse les plus extrêmes », selon Brian, 22 ans.

« La France n’est pas un pays raciste », pour Christine, 53 ans, agent RATP à Noizy-le-Sec. « Mais certaines personnes veulent être prises en compte. Ils attendent plus sur la sécurité ». Magalie, mère au foyer de 39 ans : « Je connais des électeurs du FN. Sur l’immigration, certains reprochent à Sarkozy de ne pas avoir fait le nettoyage ». Le nettoyage ? « Il avait dit qu’il allait karcheriser les cités. Il ne l’a pas fait ». Elle ajoute : « Ce n’est pas un défaut de voter Le Pen au premier tour. C’est une opinion comme les autres ».